‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 16 sur 347 · Histoire de la Littérature française, page · texte numérisé non relu

Histoire de la Littérature française, page

2. La chanson det Roland j édUioa 46 M. Francisque Michel, 1837^ page 42. — Édition de L. Génin, 1850, page 92.

8 MOYEN Age.

Au moment où l'ennemi va les attaquer, voici la fière réponse que Roland fait à Olivier qui lui rappelait avec reproche son refus de sonner du cor :

Quant RoUant veit que bataille serat, Plus se fait fiers que léun ni leupart, Franceis escriet, Oliver apelat :

«c Sire compains, amis, ne Tdire jal li emperere ki Franceis nous laissât^ Itels zz milie en mict a une part^ Son escientre, n'en i out un cuard !

Par son seignur deit bom susfrir granz mais, Et endurer e forz freiz e grauz cbalz ; S'en deit bom perdre del sanc e de la ebair. Fier de ta lance, e jo de Durandal, Ma bone espee que li reis me dunat 1 Si jo i moere, dire poet ki Pavera :

Tceste espee fut à noble vassal ' ! '

Quand Roland voit qu'il y aura bataille, — Plus fier il se fait que lion et léopard, — Il crie aux Français, il s'adresse à Olivier : — « Seigneur compagnon, ami, «ne parle pas ainsi I — L'empereur, qui nous a laissé des Français, — Les a mis tels au nombre de vingt mille en un corps; — A son escient, il n'y a pas entre eux un seul couard! — Pour son seigneur doit-on souffrir grands maux — Et endurer grands froids et fortes cbaleurs ; — Tout bomme doit en perdre du sang et de la cbair. — Frappe de ta lance, et moi de Durandal, — Ma bonne épée que le roi m'a donnée! — Si je meurs, celui qui l'aura pourra dire : —Cette épée était celle d'un noble soldat!

Et lorsque, fatigués de carnage, les deux chrétiens succombent à la fin sous le nombre, le poète (car Thurold mérite déjà ce nom) voit la nature entière partager son émotion et sa douleur. Le ciel se voile, la terre tremble, les vents grondent et gémissent :

C'est li granz doel por la mort de RoIIant.

En France en est moult merveilleux tourment ; grands tourbillons de tonnerre et de vent; pluiei et grésil à démesure; foudres qui tombent; et la terre, en vérité, tremble de Saint-Micbel de Paris jusqu'à Sens, de Besançon jusqu'au nort de V^issant! il n'est logis dont les

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