‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 183 sur 347 · Libraire du Palais · texte numérisé non relu

Libraire du Palais

4. Avant que Concini appelât le cavalier Marin, l'illustre représentant du mauvais goût italien, à la cour de Marie de Médicis^ Antonio Ferez avait initié les contemporains d'Henri IV aux beautés mysté* térieuses du cultorisme espagnol , et de Veuphutsme anglais, jargons élégants, oaractérisés, comme le marinisme^r l'abus de la métaphore, de Ta comparaison, et de l'hyperbole, par la recherche des rapproche-

BOILEAtî- a^*^

Le vulgaire ) ébloui de leur faui agrément,

A ce nouvel appât courut avidement.

La faveur du public excitant leur audace,

Leur nombre impétueux inonda le Parnasse t

Le madrigal d'abord en fut enveloppé;

Le sonnet orgueilleux lui-même en fut frappé ;

La tragédie > en fit ses plus chères délices;

L'élégie en orna ses douloureux caprices;

Un héros sur la scène eut soin de s'en parer,

Et sans pointe un amant n'osa plus soupirer ;

On vit tous les bergers, dans leurs plaintes nouvellos,

Fidèles à la pointe, encor plus qu'à leurs belles ;

Chaque mot eut toujours deux visages divers :

La prose la reçut aussi bien que les vers :

L'avocat au palais en hérissa son style,

Et le docteur en chaire en sema rËvangile.

La raison outragée enfin ouvrit les yeux, La chassa pour jamais des discours sérieux, Et, dans tous ses écrits la déclarant infâme, Par grâce lui laissa l'entrée en l'épigramme, Pourvu que sa finesse éclatant à propos, Boulât sur la pensée et non pas sur les mots. Ainsi de toutes parts les désordres cessèrent. Toutefois à la cour les turlupins restèrent'. Insipides plaisants, bouffons infortunés, D'un jeu de mots grossier partisans surannés. Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un peu fine Sur un mot, en passant, ne joue et ne badine^ Et d'un sens détourné n'abuse avec succès : Mais fuyez sur ce point un ridicule excès; Et n'allez pas toujours d'une pointe frivole Aiguiser par la queue une épigramme folle.

Tout poëme est brillant de sa propre beauté. Le rondeau, né gaulois, a la naïveté.

La ballade, asservie à ses vieilles maximes, Souvent doit tout son lustre au caprice des rimes. Le madrigal, plus simple et plus noble en son tour. Respire la douceur, la tendresse et l'amour.

ments imprévus, des jeux de mots et des pointes. (Voir VHtstoire de la Littérature française, pages 353 et suivantes.)

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