Juvénal, Satire X.— 3r Satire IV. —4. Satire YI
5. Olivier Basselin ^ né dans le Val-de-Vire en Normandie, an commencement du quinzième siècle, passe pour l'inventeur du Vaudeville. et le nom de FaudetnT/e semble une altération de celui de Vavx^de-Yiret par lequel on désigna les chansons satiriques de Basselin.
Passe de bouche en bouche, et s'accroît en marchant. La liberté françoise en ses vers so déploie : Cet enfant du plaisir veut naître dans la joie. Toutefois, n'allez pas goguenard dangereux, Faire Dieu le sujet d'un badinage affreux : A la fin tous ces jeux, que l'athéisme élève, Conduisent tristement le plaisant à la Grève *. Il faut, même en chansons, du bon sens et de l'art. Mais pourtant on a vu le vin et le hasard Inspirer quelquefois une muse grossière , Et fournir, sans génie, un couplet à Linière. Mais pour un vain bonheur, qui vous a fait rimer, Gardez qu'un sot orgueil ne vous vienne enfumer. Souvent l'auteur altier de quelque chansonnette Au même instant prend droit de se croire poète : II ne dormira plus qu'il n'ait fait un sonnet ; Il met tous les matins six impromptus au net ; Encore est-ce un miracle, en ses vagues furies, Si bientôt , imprimant ses sottes rêveries, Il ne se fait graver au-devant du recueil, Couronné de lauriers par la main de Nanteuil*.
CHANT m.
Il n'est point de serpent ni de monstre odieux, Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux : D'un -pinceau délicat l'arti^ce agréable Du plus affreux objet fait un objet aimable. Ainsi, pour nous charmer, la tragédie en pleurs D'Œdipe tout sanglant fit parler les douleurs', D'Oreste parricide exprima les alarmes^, Et, pour nous divertir, nous arracha des larmes.
Vous donc qui, d'un beau feu pour le théâtre épris. Venez en vers pompeux y disputer le prix. Voulez-vous sur la scène étaler des ouvrages
1. Allusion au supplice récent du poète Petit, pendu et brûlé pour avoir écrit des chansons impies. Les exécutions judiciaires se faisaient alors sur la place de Grève, ou de l'Hôtel-de- Ville.
2. Robert Nanteuil, fameux graveur, né à Reims en 1630. Boileau n'a pas dit un mot de l'apologue, et n'a pas nomme la
Fontaine.