Dans VŒdipe-Roi de Sophocle
4. Les Eumémdes d'Eschyle ; Electre, Oreste, d'Euripide. Dans VÉleC' tre de Sophocle, Oreste égorge sa mère sans frémir. Le parricide qui lui est commandé par les dieux, ne lui coûte ni darmes ni remords.
passe de bouche ea bouche, et s'accrott ea marchant, La libert6 Irançoisa eu ses vers sa liéplûio ; CCI enfant du plaisir veut BuUre dnua la jois, TauteCais, n'ullex pas fjiagueaani dangei'eui, Faire Dieu le sujet d'un badliiage aRreux : A la lin tous ces jeux, que l'aihâïsme élève, Conduisent tristement le plaisant àla Grève '. Il faut, même en clmnsona, du bon sens etde l'art. Mais pourtant on a vu le vin et le hasard Inspirer quelquefois une muse grossière.
Et fournir, sans gtnie, un couplet \ Linière. Maïs pour un vain bonheur, qui vousï fait rimer, Gardez qu'un sot orgueil ne ■vous vienne enfumer. Souvent l'auteur altîer de quelque chansonnette Au mSme instant prend droit de se croire poËle : Il ne dormira plus qu'il ik'alt fait un sonnet ; I! met tous les matins six impromptus au net ; Encore est-ce un miracle, en ses vagues furies, Il bientSl. Imprimant ses soltes rêveries, 1 ne se fait graver au-devant du recueil, 1 Coiiranné de b-'iers par la main de Nanieuil'.
, d'Euripide. Dans l'Élte- l M trèmir. Le parncide qui ■ :i coAte ni klarmes ni rr
Où tout Paris en foule apporte ses suffrages. Et qui, toujours plus beaux plus ils sont regardés. Soient au bout de vingt ans encor redemandés? Que dans tous vos discours la passion émue Aille chercher le cœur, l'échauffé et le remue. Si d'un beau mouvement l'agréable fureur Souvent ne nous remplit d'une douce terreur, Ou n'excite en notre âme une pitié charmante, En vain vous étalez une scène savante : Vos froids raisonnements * ne feront qu'attiédir Un spectateur toujours paresseux d'applaudir. Et qui, des vains efforts de votre rhétorique Justement fatigué, s'endort, ou vous critique. Le secret est d'abord de plaire et de toucher : Inventez des ressorts qui puissent m*attacher.
Qi^e dès les premiers vers l'action préparée^ Sans peine du sujet m'aplanisse l'entrée. Je me ris d'un auteur qui, lent à s'exprimer, De ce qu'il veut, d'abord ne sait pas m'informer ; Et qui, débrouillant mal une pénible intrigue, D'un divertissement me fait une fatigue *. J'aimerai mieux encor qu'il déclinât son nom, Et dit : Je suis Oreste, ou bien Agamemnon', Que d'aller, par un tas de confuses merveille^s. Sans rien dire & l'esprit, étourdir les oreilles : Le sujet n'est jamais assez tôt expliqué.
Que le lieu de la scène y soit fixe et marqué. Un rimeur, sans péril, delà les Pyrénées, Sur la scène en un jour renferme des années : Là souvent le héros d'un spectacle grossier, Enfant au premier acte, est barl)on au dernier. Mais nous, que la raison à ses règles engage. Nous voulons qu'avec art l'action se ménage ; Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.
Jamais au spectateur n'offrez rien d'incroyable : Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable. Un merveilleux absurde est pour moi sans appas ;
1. De l'aveu de Boileau, cette critique est à l'adresse partioullèra de Corneille, qui s'est trop souvent complu aux longues dissertations. Dans ses dernières tragédies, dans Othon, par exemple, le vide de l'action est comblé par des hors-d'œuvre oratoires, quelquefois éloquents^ mais très-peu dramatiques.
3. L'intrigue de VÛtiracliut de Ck)meille, 4 laquelle pense sans doute Boileau, est à peine intelligible.
3» Il y a de pareils exemples dans Euripide, (^ot^au.)
L'esprit n'est point ému diB ce qu'il ne ciroit pan. Ce qu'on ne doit point voir, qu'un réeit qoug l'expose ; Les yeux en le voyant saisiroient mieux la clU)S6; Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à Toreille et reculer des yeux.
Que le trouble, toujours croissant de scène en scônti A son comble arrivé se débrouille sans peine. L'esprit ne se sent point plus vivement frappé, Que lorsqu'en un sujet d'intrigue enveloppé, D'un secret tout à coup la vérité connue Change tout, donne à tout une face imprévue.
La tragédie, informe et grossière en naissant, N'étoit qu'un simple chœur, où chacun en dansant, Et du dieu des raisins entonnant les louanges, S'efforçoit d'attirer de fertiles vendanges. Là, le vin et la joie éveillant les esprits. Du plus habile chantre un bouc étoit le prix *•
Thespis' fut le premier qui, barbouillé de lie. Promena par les bourgs cette heureuse folie ; Et, d'acteurs mal ornés chargeant un tombereau» Amusa les passants d'un spectacle nouveau.
Eschyle* dans le chœur jeta les personnages » D'un masque plus honnête habilla les visages, Sur les ais d'un théfttre en public exhaussé. Fit paroltre l'acteur d'un brodequin chaussé.
Sophocle enfin, donnant l'essor à son génie', Accrut encor la pompe, augmenta rharmonie, Intéressa le chœur dans toute l'action^ Des vers trop raboteux polit l'expression, Lui donna chez les Grecs cette hauteur divine Où jamais n'atteignit la foiblesse latine.
Chez nos dévots aïeux le théâtre abhorré Fut longtemps dans la France un plaùir igncréS De pèlerins, dit-on, i^e troupe grossière, En public à Paris y monta la première*;
1. On trouvera Thistoire complète de la tragédie dans les Éiudes de M. Patin, sur les Tragiques grec».
2. Thespis vécut vers le milieu du sixième siècle avant Jésus- Christ. On a conservé les titres de quelques-unes de ses tragédies : Àkêst9y Penthée, etc.
3. Eschyle, né à Eleusis, l'an 625 avant l'ère chrétienne, mort en 477 en Sicile.
4. Sophocle, né vers 495 av. J.-Ch. au bourg de Colone, près d'Athènes, mort vers 405.