‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 199 sur 347 · Reliefs, rastes (reliquiœ), — 2. Sij puisqua · texte numérisé non relu

Reliefs, rastes (reliquiœ), — 2. Sij puisqua

360 DIX-SEPTIÈME SJÈCLE.

— Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.

— Je n'en ai point. — C'est donc quelqu'un des tiens : Car vous ne m'épargnez guère,

Vous, vos bergers, et vos chiens.

On me l'a dit : il faut que je me venge. » Là-dessus , au fond des forêts Le loup l'emporte, et puis le mange, Sans autre forme de procès.

XXn. LE CHÊNE ET LE ROSEAU.

Le chêne un jour dit au roseau :

« Vous avez bien sujet d'accuser la nature ; Un roitelet pour vous est un pesant fardeau :

Le moindre vent qui d'aventure

Fait rider la face de l'eau

Vous oblige à baisser la tête; Cependant que mon front, au Caucase pareil. Non content d'arrêter les rayons du soleil,

Brave l'effort de la tempête.

Tout vous est aquilon , tout me semble zéphyr. ^ , Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage

Dont je couvre le voisinage.

Vous n'auriez pas tant à souffrir,

Je vous défendrois de l'orage :

Mais vous naissez le plus souvent Sur les humides bords des royaumes du yent. La nature envers vous me semble bien injuste. — Votre compassion, lui répondit l'arbuste, Part d'un bon naturel : mais quittez ce souci.

Les vents me sont moins qu'à tous redoutables ; Je plie , et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici

Contre leurs coups épouvantables

Résisté sans courber le dos; Mais attendons la fin. » Comme il disoit ces mots« Du bout de l'horizon accourt avec furie

Le plus terrible des enfants Que le nord eût portés jusq le-là dans ses flancs.

L'arbre tient bon; le roseau plie.

Le vent redouble ses efforts,

Et fait si bien qu'il déracine Celui de qui la tête au ciel étoit Toisine, Et dont les pieds touchoient à l'empire des morts.

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