VI. LE COMBAT DES RATB ET DES BELETTES
La nation des belettes, Non plus que celle des chats, Ne veut aucun bien aux rats; Et, sans les portes étroites De leurs habitations) L'animal à longue échine En feroit, je m'imagine, De grandes d^ structions* Or, une certaine année Qu'il en étoit à foison,
] . Vont à la découverte.
•;.. Hlitist en latin, douXj tioucereux,
Leur roi, nommé Ratapon, Mit en campagne une armée.
Les belettes^ de leur part, Déployèrent Tétendard.
Si Ton croit la renommée, La victoire balança :
Plus d'un guéret s'engraissa Du sang de plus d'une bande.
Mais la perte la ^lus grande Toml)a presque en tous endroits Sur le peuple souriquois.
Sa déroute fut entière, Quoi que pût faire Artarpax, Psicarpax, Méridarpaz', Qui, tout couverts de poussière, Soutinrent assez longtemps Les efforts des combattants.
Leur résistance fut vaine; Il fallut céder au sort :
Chacun s'enfuit au plus fort Tant soldat que capitaine.
Les princes périrent tous.
La racaille , dans des trous Trouvant sa retraite prête, Se sauva sâns grand travail; Mais les seigneurs sur leur tête Ayant chacun un plumai! , Des cornes ou des aigrettes, Soit comme marques d'honneur, Soit afin que les belettes En conçussent plus de peur, Gela causa leur malheur.
Trou, ni fente, ni crevasse, Né fut large assez pour eux; Au lieu que la populace Ëntroit dans les moindres creux.
La principale jonchée Fut donc des principaux rats.
Une tête empanachée N'est pas petit embarras.
Le trop superbe équipage Peut souvent en un passage
1. En grec : Artarpax y voleur de pain; Pstearpax, Toleui d« miettes ; MeridarpaXf voleur de morceaux.
LA FONTAtNB. 373
Causer du retardement.
Les petits, en toute affaire, Esquivent fort aisément :
Les grands ne le peuvent faire.