‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 224 sur 347 · Le vent du nord · texte numérisé non relu

Le vent du nord

4. L'arc-en-ciel était, selon les poètes anciens, l'écharpé aux mille couleurs d'Iris, la messagère des dieux.

Bon manteau bien doublé , bonne étoffe bien forte, a Celui-ci, dit le Vent, prétend avoir pourvu  tous les accidents ; mais il n'a pas prévu

Que je saurai souffler de sorte Qu'il n'est bouton qui tienne : il faudra, si je veux,

Que le manteau s'en aille au diable. . L'ébattement pourroit nous en être agréable : Vous plaît-il de Tavoir ? — Eh bien! gageons nous de«>

Dit Phébus, sans tant de paroles, Â qui plus tôt aura dégarni les épaules

Du cavalier que nous voyons.

Commencez : je vous laisse obscurcir mes rayons. » Il n'en fallut pas plus. Notre souffleur à gage ^ Se gorge de vapeurs, s'enfle comme un ballon,

Fait un vacarme de démon, Siffle, souffle, tempête, et brise en son passage Maint toit qui n'en peut mais, fait périr maint bateau;

Le tout au sujet d'un manteau.

Le cavalier eut soin d'empêcher que l'orage

Ne se pût engouffrer dedans.

Cela le préserva. Le Vent perdit son temps; Plus il se tourmentoit, plus l'autre tenoit ferme : Il eut beau faire agir le collet et les plis.

Sitôt qu'il fut au bout du terme

Qu'à la gageure on avoit mis,

Le Soleil dissipe la nue, Récrée et puis pénètre enfin le cavalier.

Sous son balandras ^ fait qu'il sue,

Le contraint de s'en dépouiller :

Encor n'usa-t-il pas de toute sa puissance.

Plus fait douceur due violence.

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