‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 229 sur 347 · Le |irix. la récompense · texte numérisé non relu

Le |irix. la récompense

388 DIX-SEPTJÈME SIÈCLE.

D'une action de ce mérite,

Il retend le long du foyer,

Le réchaufle, le ressuscite.

L'animal engourdi sent à peine le chaud, Que rame lui revient avecque la colère. Il lève un peu la tête, et puis siffle aussitôt; Puis fait un long repli, puis t&che à faire un saut Contre son bienfaiteur, son sauveur et son père. « Ingrat, dit le manant, voilà donc mon salaire ! Tu mourras 1 » A ces mots, plein d'un juste courroux, n vous prend sa cognée, il vous tranche la bote; Il fait trois serpents de deux coups, Un tronçon, la queue, et la tête.

L'insecte, sautillant, cherche à se réunir; Mais il ne peut y parvenir.

Il est bon d^être charitable.

Mais envers qui? c'est là le point Quant aux ingrats, il n'en est point Qui ne meure enfin misérable.

Le Phaéton d'une voiture à foin ' Vit son char embourbé. Le pauvre homme étoit loin De tout humain secours : c'étoit à la campagne^ Près d'un certain canton de la Basse-Bretagne,

Appelé Quimper-Gorentin.

On sait assez que le Destin Adresse là les gens quand il veut qu'on enrage.

Dieu nous préserve du voyage I Pour venir au chartier, embourbé dans ces lieux. Le voilà qui déteste * et jure de son mieux,

Pestant, en sa fureur extrême.

Tantôt contre les trous, puis contre ses chevaux,

Contre son char, contre lui-même.

11 invoque à la fin le dieu dont les travaux

Sont si célèbres dans le monde :

« Hercule, lui dit-il, aide-moi; si ton dos

A porté la machine ronde *,

1. Phaéton, fils du Soleil, sollicita et obtint la faveur dangereuse de conduire pendant une journée le char de son père. 11 faillit incendier la terre; un coup de foudre le punit de sa présomption et de sa maladresse.

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