Plante que les anciens croyaient bonne contre la folii
LA FONTAINE. d87
— Sage ou non^ je parie encoiv.
Ainsi fut fait; et de tous deux
On mit près du but les enjeux.
Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire.
Ni de quel juge l'on convint.
2^otre lièvre n'avoit que quatre pas à ftiire; J'entends de ceux qu'il fait lorsque, prêt d'être atteint, Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux calendes %
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter D'où vient le vent, il laisse la tortue
Aller son train de sénateur.
Elle part, elle s'évertue;
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu'il y va de son honneur De partir tard. Il broute, il se repose;
Il s'amuse à toute autre chose Qu'à la gageure. A la fin , quand il vit Que l'autre touchoit presque au bout de la carrière, Il partit comme un trait; mais les élans qu'il fit Furent vains : la tortue arriva la première. « Eh bienl lui cria-t-elle, avois-je pas raison?
De quoi vous sert votre vitesse T
Moi l'emporter! et que seroit-ce
Si vous portiez une maison? m
Xm. LE -WLLAO^OJB ET LB SERPiafT.
Ésope conte qu'un manant ^
Charitable autant que peu sage,
Un jour d'hiver se promenant
A l'entour de son héritage, Aperçut un serpent sur la neige étendu, Transi, gelé, perclus, immobile rendu,
N'ayant pas à vivre un quart d'heure.
Le villageois le prend, l'emporte en sa demeure; Et, sans considérer quel sera le loyer*
i. Pour : Us renvot« atm calendes greeques. Le premier jour du mois s'appelait les Calendits chez les Romains. Les Grecs n'usaient pas de cette dénomination. Renvoyer aux calendes grecques^ c'est donc renvoyer à une époque qui n'arrivera jamais.