LIVRÉ VIU I. LES ANIMAX7X MALADES DE LA PESTE
Un mal qui répand la terreur.
Mal que le ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre, La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom), Capable d'enrichir en un jour l'Achéron *,
Faisoit aux animaux la guerre.
Ils ne mouroient pas tous, mais tous étoient frappés :
On n'en voyoit point d'occupés A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitoit leur envie ;
Ni loups ni renards n'épioient
La douce et l'innocente proie :
Les tourterelles se fuyoient;
Plus d'amour, partant'plus de Joie.
Le lion tint conseil, et dit : a Mes chers amis.
Je crois que le ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune.
Que le plus coupable de nous Se sacrifie aux traits du céleste courroux ; i
Peut-être il obtiendra la guérison commune. ' >
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements. i
Ne nous flattons donc point; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.