‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 241 sur 347 · La concession · texte numérisé non relu

La concession

Rapportons-nous, dit-elle, à Rarainag^bis. » C'étoit un chat vivant comme un dévot ermite,

Un chat faisant la chattemite, Un saint homme de chat, bien fourré | gros et grai^

Arbitre expert sur tous les oas.

Jean Lapin pour juge l'agrée.

Les voilà tous deux arrivés

Devant sa majesté fourrée.

Grippeminaud leur dit : « Mes enfants, approchez, Approchez; je suis sourd, les ans en sont la oause. » L'un et l'autre approcha, ne craignant nulle chose. Aussitôt qu'à portée il vit les contestants,

Grippeminaud, le bon apôtre, Jetant des deux côtés I9 griffe en même temps, Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et Tautre.

Ceci ressemble fort aux débats qu'ont parfois Les petits souverains se rapportant aux rois.

XVnt. tm AKIMAL DAM8 LA LUNB.

Pendant qu'un philosophe assure Que toujours par leurs sens les hommes sont dupés. Un autre philosophe jure Qu'ils ne nous ont jamais trompés.

Tous les deux ont raison ; et la philosophie Dit vrai quand elle dit que les sens tromperont Tant que sur leur rapport les hommes jug«ronb:

Mais aussi, si Ton rectifie L'image de l'objet sur son éloignement, Sur le milieu qui l'environne.

Sur l'organe et sur l'instrument, Les sens ne tromperont personne.

La nature ordonna* ces choses sagement:

J'en dirai quelque jour les raisons amplement '« J'aperçois le soleil : quelle en est la figure ? Ici-bas oe grand corps n'a que trois pieds de tour; Mais si je te voyois là-haut dans son séjour, Que seroit-ce à mes yeux que l'œil de la nature? Sa distance me fait juger de sa grandeur; Sur l'angle et les côtés ma main la ' détermine. L'ignorant le croit plat; j'épaissis sa rondeur : ^e le rends immobile; et la terre chemine.

1. Régla. — 9 La Fimtaioe n'a pas tenu cette promesse. 3. La distanc du soleil ; on la mesure par un calcul trique.

Bref, je démens mes yeux en toute sa machine : Ce sens ne me nuit point par son illusion.

Mon âme, en toute occasion^ Développe le vrai caché sous Tapparence ;

Je ne suis point d'intelligence Avecque mes regards peut-être un peu trop prompts» Ni mon oreille \ lente à m'apporter les sons. Quand Teau courbe un bâton, ma raison le redresse *

La raison décide en maîtresse.

Mes yeux, moyennant ce secours, Ne me trompent jamais en me mentant toujours. Si je crois leur rapport, erreur asses eommune, Une tête de femme est au corps de la. lune. Y peut-elle être? non. D'où vient donc cet objett Quelques lieux inégaux font de loin cet eflfet. La lune nulle part n'a sa surface unie : Montueuse en des lieux, en d'autres aplanie, L'ombre avec la lumière y peut tracer souvent

Un homme, un bœuf, un éléphant* Naguère l'Angleterre y vit chose pareille. La lunette placée, un animal nouveau

Parut dans cet astre si beau;

£t chacun de crier merveille.

Il étoit arrivé là-haut im changement Qui présageoit sans doute un grand événement Savoit-on si la guerre entre tant de puissances N'en étoit point TefTett Le monarque accourut : 11 favorise en roi ces hautes connoissances. Le monstre dans la lune à son tour lui parut. C'étoit une souris cachée entre les verres : Dans la lunette étoit la source de ces guerres. On en rit. Peuple heureux ! quand pourront les François Se donner, comme vous, entiers à ces emplois 1 Mars nous fait recueillir d'amples moissons de gloire i C'est à nos ennemis de craindre les combats , A nouà de les chercher, certains que la Victoire, Amante de Louis, suivra partout ses pas. Ses lauriers nous rendront célèbres dans l'histoire.

Même les filles de Mémoire Ne nous ont point quittés ; nous goûtons des plaisirs : La paix ftiit nos souhaits, et non point nos soupirs. Charles' en sait jouir : il s&uroit dans la guerre*

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