‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 27 sur 347 · BATAILLE DE MANSOURAH · texte numérisé non relu

BATAILLE DE MANSOURAH

(Le mardi gras, 8 février 12à0.)

LBS FRANÇAIS PASSBNT LE FLEUVE A OUé. MORT DU COMTE D'aRTOIS.

Aussi comme Taube du jour aparait nous nous atirames ' de touz poins; et quant nous feusmes atirés^ nous en alames au flum *, et furent nos chevaus à nou^. Quant nous feusmes aies jusques en mi le flum, si trouvâmes terre, là où nos chevaus pristrent pié; et sur la rive du flum trouvâmes bien trois cens Sarrazins touz montés sur leur chevaus. Lorr diz-je à ma gent : « Seigneurs, ne regardez qu'à main senestre; pour ce que chascun y tire, les rives sont moillées, et les chevaus leur chéent * sur les cors et les noient. » Et il estoit bien voir' que il y en ot de noies au passer, et entre les autres fut noie monseigneur Jehan d'Orliens , qui portoit banière à la voivre * . Nous acordames en tel manière que nous tournâmes en contremont l'yeaue et trouvâmes la voie essuyée, et passâmes en tel manière, la merci Dieu*, que oncques nul de nous n'y cheij.et maintenant que nous feusmes passez, les Turs s'enfouirent.

L'on avoit ordonné que le Temple '* feroit Pavant-garde, et le conte d'Artois auroit la seconde bataille <* après le Temple. Or avint ainsi que sitost comme le conte d'Artois ot passé le ilum, il et toute sa gent ferirent *' aus Turs qui s'enfuioient devant eulz . Le Temple li manda que il leur fesoit grant vileinnie ^^, quant il devoit aler après eulz et il aloit devant ; et li pri oient qui il les lessast aler devant, aussi comme* il avoit été acordé '* par le Roy. Or avint ainsi que le conte d'Artois ne leur osa respondre , pour ^^- monseigneur Fourcaut du Merle qui le tenoit par le frain; et ce Fourcaut du Merle qui moult estoit bon chevalier, n'oioit chose que les Templiers deissent au conte,

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