Ancienne forme du subjonctif du verbe dire
Veux-tu que je te die ? Une atteinte secrète. Ne laisse pas mon âme en une bonne assiette.
(Molière. Le dépit amoureuXf act. T, se. l.)
426 DlX-SEPTlÈMÈ SIÈCLE.
Celle que vos préteurs ont sur nous exercée
N'entre qu'à peine en la pensée.
La majesté de vos autels
Elle-même en est offensée ;
Car sachez que les immortels Ont les regards sur nous. Grâces à vos exemples, Ils n'ont devant les yeux que des objets d'horreur,
De mépris d'eux et de leurs temples, D'avarice qui va jusques à la fureur.
Rien ne suf6t aux gens qui nous viennent de Rome :
La terre et le travail de l'homme Font pour les assouvir des efforts superflus.
Retirez-les : on ne veut plus
Cultiver pour eux les campagnes.
Nous quittons les cités, nous fuyons aux montagnes ;
Nous laissons nos chères compagnes; Nous ne conversons ' plus qu'avec des ours affreux, Découragés de mettre au jour des malheureux, Et de peupler pour Rome un pays qu'isUe opprime.
Quant à nos enfants déjà nés, Nous souhaitons de voir leurs jours bientôt bornés : Vos préteurs au malheur nous font joîndi-e le crime. Retirez-les : ils ne nous apprendront
Que la mollesse et que le vice ;
Les Germains comme eux deviendront
Gens de rapine et d'avarice.
C'est tout ce que j'ai vu dans Rome à mon abord.
N'à-t-on point de présent à faire, Point de pourpre à donner; c'est en vain qu'on espSfé Quelque refuge aux lois : encor leur ministère A-t-il mille longueurs. Ce discours, un peu fort,
Doit commencer à vous déplaire.
Je finis. Punissez de mort
Une plainte un peu trop sincère. »
A ces mots, il se couche ^; et chacun étonné Admire le grand cœur, le bon sens, l'éloquence
Du sauvage ainsi prosterné.
On le créa pàtricé*; et ce fût la vengeance Qu'on crut qu'un tel discours méritoit. On choisit
D'autres préteurs ; et par écrit Le sénat demanda ce qu'avoit dit cet homme^