‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 289 sur 347 · Ayant fait retour sur lui-même · texte numérisé non relu

Ayant fait retour sur lui-même

4. C est-à-dire : que l'homme juge combien is'est peu de chose que lui-même, en songeant que cet univers, dans lequel la terre qu'il habite n'est qu'un point, disparaît lui-même « dans l'ample sein de là nature. » De ce cachot, signifie d'après ce cacfwt, d'après ce qu'est ce cachot. Par univers, il faut entendre, non pas l'universalité de» choses, Tampît sein ae la nature, mais lé « canton» visible à Thommo, le monde solaire.

ver soit maintenant celui de notre discours; il pensera psut-ét^e que c'est là l'extrême petitesse de la nature. Je veux lui faire voir là dedans un abîme nouveau. Je lui veux peindre non-seulement l'univers visible» mais l'immensité qu'on peut concevoir de la nature, dans l'enceinte de ce raccourci d'atome. Qu'il y voie une infinité d'univers, dont chacun a son firmament^ ses planètes, sa terre, en la même proportion que le monde visible ; dans cette terre, des animaux, et enfin des cirons, dans lesquels il retrouvera ce que les premiers ont donné; et trouvant encore dans les autres la même chose, sans fin et sans repos, qu'il se perde dans ces merveilles, aussi étonnantes dans leur petitesse que les autres par leur étendue ; car qui n'admirera que notre corps, qui tantôt n'étoit pas perceptible dans l'univers^ imperceptible lui-même dans le sein du tout, soit à présent un colosse, un monde, ou plutôt un tout, à l'égard du néant où l'on ne peut arriver?

Qui se considérera de la sorte s'effraiera de soi-même, et se considérant soutenu dans la masse que la nature lui a donnée^ entre ces deux abîmes de l'infini et du néant, il tremblera dans la vue de ces merveilles ; et je crois que, sa curiosité se changeant en admiration, il sera plus disposé à les contempler en silence qu'à les rechercher avec présomption.

Car enfin qu'est-ce que l'homme dans la nature? Un néant àPégaid de l'infini, un tout à l'égard du néant : un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes , la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable; également incapable de voir le néant d'où il est tiré^ et l'infini où il est englouti.

Que fera-t-il donc, sinon d'apercevoir quelque apparence du milieu des clioses, dans un désespoir éternel de connoître ni leur principe ni leur fin? Toutes choses sont sorties du néant et portées jusqu'à Tinfini. Qui suivra ces étonnantes démarches? L'auteur de ces merveilles les comprend; tout autre ne le peut faire.

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