Le mariage devait d*abor«l être célébré au Louvre
3. Le nom de duc de Montpensier, que Lauzun devait prendre en S(î mariant.
506 DIX-SEPTIÈME SXfiGLB.
« vous Toilà bien contente ; mais que nVa^rTOus donc fini prompte* oc ment cette affaire dès lundi? Savez-Tous bien qu'un si grand reUuT' s dément donne le temps à tout le royaume de parler, et que c'est tenter « Dieu et le roi que de vouloir conduire si loin une araire si extraor- « dinaire?» Elle me dit que j'avois raison; mais elle étoit 9i pleine de confiance, que ce discours ne lui fit qu'une légôre impression. Ella retourna sur les bonnes qualités et sur la bonne mai^n de X^ucun. ie lui dis ces vers de Sévère dans Polyeuete i
Je ne la puis du moins blâmer d'un mauvais cboix|[ Polyeuete a du nom, et sort du sang des rois.
Elle m'embrassa fort. Cette conversation dura une heoM. n est im* possible de la redire toute : mais j'avois été assurément fort agréable durant ce temps, et je le puis dire sans vanité, car elle étoit aise de parler à quelqu'un ; son cœur étoit trop plein. A dix heures, elle se donna au reste de la France, qui venoit lui faire sur cela son compliment. Elle attendit tout le matin des nouvelles, et n'en eut point. L'après-dinée, elle s'amusa à faire ajuster elle-ipême rappart^p^ent de M. de Montpensier. Le soir, vous savez ce qui arriva. Le lendemain, qui étoit vendredi, j'allai chez elle; je la trouvai dans son lit; elle redoubla ses cris en me voyant; elle m'appela, m'cmbrass^ me mouilla toute de ses larmes. Elle mé dit: Hélas ( vous souvient-il de ce que vous me dites hier? Ah! quelle cruelle prudence! ahl la prudence! Elle me fit pleurer à force de pleurer. J'y suis encore retournée deux fois ; elle est fort affligée, et m'a toujours traitée comme une personne qui sentoit ses douleurs; elle ne s'est pas trompée. Tai retrouvé, dans cette occasion^ des sentiments qu'on n'a guère pour des personnes d'un tel rang. Ceci entre nous deux et madame de Coulanges ; car vous jugez bien que cette causerie seroit entièrement pidicole avec d*au{re9« Adieu,
LETTRES aua LA MORT DS VATESi 1,