RONSARD
lion gréco-latine, qne le nom de Ronsard dévint l'objet d'une idolâtrie dont rien aujourd'huî ne péat nous donner ridée. La gloire seule de Voltaire, cette longue et merveilleuse royauté du génie, renouvela de pareils hommages. La réaction ne se fit pas attendre, comme on sait. L'arrêt de Boileau, qui consacre la déchéance de Ronsard, garda pendant près de deux siècles ^autorité de là chose jugée. Il fut de bon goût de mépriiser Ronsard sans le connaître. On lui rend aujourd'hui plus de justice, et l'on convient qu'il a été trop loué et trop dénigré. Dans le genre grave et héroïque, les OdeSf la Franciade^^ h& Discours swr les misères du ternp^, présentent de loin en loin des traits d'une beauté durable. Mais c'est surtout dans la poésie légère que Ronsard possède un incontestable mérite. Ici, content d'être luimême, il n'emprunte à l'antiquité que l'analogie de ses images. C'est comme un parfum lointam et d*autant plus doux, qui s'exhale au milieu des idées personnelles du poète. Il a toute la grftce de Marot, avec plus d'éclat et de gravité.
Mignonne, allons voir si la rose.
Qui ce matin avoit desclose ; :.'*
Sa robe de pourpre au soIeU,
A point perdU) laesié resprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.
Lasl voyez comme en peu d'espace, Mignonne, elle a dessus la place, Las! lasl ses beautés laissé cheoirl 0 vrayment marastre Nature, Puisqu'une telle fleur ne dure, Que du matin jusques au soir 1
Donc, si TOUS me croyez, Mignonne, Tandis que vostre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté,
1. La Franciadêf qui a pour héi'os le febuleux Francus, fils de Priam et fondateur supposé de Tempire français, est restée inachevée. Ronsard avait le projet de l'étendre en vijDgt-qus^tre chants ; il s'est arrêté au quatrième; - > :
0HeiUeB4 Cttdlleis Tostre jeunesM Comme à ceste fleur, k vieillesse k^râ ternir tostre beauté*
0dés; idm 1^ If.)
Quaad vetii serës bien tieiite^ au solr^ àla diindelle Assise auprès du ^u, deYisant et filàn^ Direz chantant mes vers, en vous esmerveillanti Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle»
Lors vous n'aurez servante oyant telle noUvellé, Desjà soUs le labeur à demy sommeillant, Qui au bruit dé moa nom lie s'aille révelUant^ Bénissant vostre nom de louange immortelle»
Je seray wmts la terre^ et {àntosme sans ce
Par * les ombres myrteux Je prendray mon repof :
Tous serez au fouyer une vieille accroupie^
Regrettant mon amour et vostre fier desdaih. TItêz, si iâ'eii Croyez, n'attendez à demain : QHftiUel lifts a^jourd'huy lés roses de la vie.
(lomie(» iKmr iSTi^téne. ^ M. U. Ml. U4
Vàmovtk HOCTOiÊ.
(Aa sieur Robertet)
l)u malheur de recevoir Un estranger, sans avoir De luy quelque eognoissaaeef Tu as fait experianc8| Ménélas, ayant receu Paris, dont tu fus deceu :
Et moy je la viens de iaire, Qui ore' ay voulu retrairOi Sottement un estranger Dans ma chambre et le logera
Il estoit minùict> et l'Ourse De son char to|imoit la course Entre les mains du Bouvier \ Quand le somme vint lier D'une chaîne sommeillera Mes yeux dos sous la paupière.