‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 66 sur 347 · énophon, Cyroffédiey Vil · texte numérisé non relu

énophon, Cyroffédiey Vil

ie voudroit eschanger à un royaume : « Non certes^ sire; mais bien lo c lairrois ie volontiers pour en acquérir un amy, si ie trouvois homme « digne de telle alliance. » Il ne disoit pas mai, « si ie trouvois; » car on trouve facilement des hommes propres à une superficielle accointance : mais en cette cy, en laquelle on négocie du fin fond de son cou rage, qui ne faict rien de reste, certes il est besoing que tous les ressorts soyent nets et seurs parfaictement

L'ancien Menander disoit celuy là heureux qui avoit peu rencontrer seulement l'ombre d*un amy * : il avoit certes raison de le dire, mesme s'il en avoit tasté. Car, à la vérité, si ie compare tout le reste de ma Tie, quoy qu'avecques la grâce de Dieu ie l'aye passée douice, aysée, et, sauf la perte d'un tel amy, exempte d'affliction poisante, pleine de tranquillité d'esprit, ayant prins en payement mes commoditez naturelles et originelles, sans en rechercher d^ultres; si ie la compare, dis ie, toute, aux quatre années qu'il m'a esté donné de iouyr de la doulce compaignie et société de ce personnage, ce n'est que fumée, ce n'est qu'une nuict obscure et ennuyeuse. Depuis le jour que ie le perdis,

Quem semper acerbum, Semper honoratum (sic dt yoluistis 1) habebo *,

le ne foys que traisner languissant; et les plaisirs mesmes qui s'offirent à moy, au lieu de me consoler, me redoublent le regret de ta perte : nous estions à moitié de tout; il me semble que ie luy desrobe sa part.

Nec fas esse uUa me voluptate hic frui

Decrévi, taotisper dum ille abest meus particeps^

l'estois desia si faict et accoustumé à estre deuxiesme parUmti q[a*U me semble n'estre plus qu'à demy.

Illam mese si partem animae tulit Maturior vis, quid moror altérât Neccarus œque, nec superstes Integer. Ille dies utramque Duxit ruinam *,

n n'est action ou imagination où ie ne le trouve à dire; oonime si eust il bien faict à moy : car de mesme qu'il me surpassoit d'une distance infinie en toute aultre suffisance et vertu ^ aussi faisoitril aa debvoir de l'amitié.

USssais, liy. I, chap, zzvn.)

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