Scène m. —AUGUSTE
En est-ce assez, 6 ciel! et le sort pour me nuire,
A-t-il quelqu'un des miens qu'il veuille encor séduire?
Qu'il joigne à ses efforts le secours des enfers,
Je suis maître de moi comme de l'univers :
Je le suis, je veux l'être. 0 siècles! 6 mémoire 1
Conservez à jamais ma dernière victoire.
Je triomphe aujourd'hui du plus juste courroux
De qui le souvenir puisse aller jusqu'à vous.
Soyons ami, Cinna, c'est moi qui t'en convie : Comme à mon ennemi je t'ai donné la vie. Et malgré la fureur de ton lâche dessein, Je te la donne encor comme à mon assassin. Commençons un combat qui montre par l'issue Qui l'aura mieux de nous ou donnée ou reçue. Tu trahis mes bienfaits , je les yeux redoubler, Je t'en avois comblé, je t'en veux accabler. Avec cette beauté que je t'avois donnée Reçois le consulat pour la prochaine année.
Aime Ginna, ma fille, en cet illustre rang, Préfères-en la pourpre à celle de mon sang ; Apprends sur mon exemple à vaincre ta colère : Te rendant un époux, je te rends plus qu'un père. ^
POX.TEUGTE.
Félix, gouvernenr d'Arménie, adonné sa fille Pauline en triage à Polyeucte, seigneur arménien, dont le crédit peut
. Auguste vient d'apprendre quelle part Emilie a prise au complot
consolider sa fortune. Pauline uîmait Sévère, général romain, et elle n'a cédé qu'à regret aux ordres de son père.
Des édits cruels prescrivent au gouverneur de mettre à mort les chrétiens. Polyeucte, converti par son ami Néarque, se fait chrétien et brise publiquement les images des faux dieux. Cependant Sévère, qu'on croyait mort, arrive en Arménie ; il jouit de la faveur de l'empereur Décie. Félix effrayé fait arrêter Polyeucte. Pauline veut sauver l'époux qu'elle n*aime pas; Sévère unit ses efforts à celix de Pauline pour apaiser Félix. Ce vil ambitieux ne voit dans cette générosité qu'un piège, et se hâte de perdre son gendre pour conserver sa place. Polyeucte persiste à confesser sa foi; il meurt martyr; sa mort achète la conversion de Pauline et de Félix, et arrache Tadmiration de Sévère.