Acte IV. ScBwB U. — POLYEUCTE
Source délicieuse, en misères féconde.
Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptés? Honteux attachements de la chair et du monde, Que ne me quittez-vous, quand je vous ai quîltést Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre :
Toute votre félicité,
Sujette à llnstabilitë,
En moinà de tien tombe par terre,
Et comme elle a l'éclat dû verre,
Elle en a la fragilité.
Ainsi n'espérez pas qu'après vous je soupire, Vous étalez en vain vos charmes impuissants^ Vous me montrez en vain par tout ce vààte empire, Les ennemis de Dieu pompeux et .florissants. U étale à son tour des revers équitables.
Par qui les grands sont confondus;
Et les glaives quil tient pendus
Sur les plus fortunés coupables
Sont d'autant plus inévitables,
Que leurs coups sont moins attendus.
Tigre altéré de sang, Décie impitoyable. Ce Dieu t'a trop longtemps abandonné les siens t De ton heureux destin vois la suite efiroyable. Le Scythe va venger la Perse et les chrétiens. Encore un peu plus outre, et ton heure est venue.
Rien ne t'en sauroit garantir,
Et la foudre qui va partir,
Toute prête à crever la nue,
Ne peut plus ôtre retenue
Par l'attente du repentir.
Oue cependant Félix m*immoIe à ta colère; Ou*un rival plus puissant éblouisse ses yeux, Qu'aux dépens de ma vie il s'en fasse beau-père^ Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux. Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine.
Monde, pour moi tu n'as plus rien :
Je porte en un cœur tout chrétien
Une flamme toute divine,
Et je ne regarde Pauline
Que comme un obstacle à mon bien.
Saintes douceurs du ciel, adorables idées.
Vous remplissez un cœur qui vous peut recevoir:
De vos sacrés attraits les âmes possédées
Ne conçoivent plus rien qui les puisse émouvoir.
Vous promettez beaucoup, et donnez davantage :
Vos biens ne sont point inconstants,
Et l'heureux trépas que j'attends.
Ne vous sert que d'un doux passage
Pour nous introduire au partage,
Qui nous rend à jamais contents.
Cest vous, ô feu divin que rien ne peut éteindre. Qui m'allez faire voir Pauline sans la craindre.
Je la vois : mais mon cœur, d'un saint zèle enflamnià» N'en goûte plus l'appas dont il étoit charmé, Et mes yeux éclairés des célestes lumières Ne trouvent plus aux siens leurs grâces coutumières.