M^RON
Ahl que demandez-vous?
BORRHOS.
Non, 11 ne vous hait pas.
Seigneur; on le trahit : je sais son innocence; Je vous réponds pour lui de son obéissance. J'y cours. Je vais presser un entretien si doux.
HÉRON
Dans men appartement qu'il m'attende avec vousi SGftHB IV. — NÉaON, NAUGISSfi.
RAIICISSB.
Seigneur, J*lfti tout prévu pour une mort si histe 3 Le poison etft tout prêt La fimeuee Loemte
A redoublé p«ur moi ses soins officient:
Elle a fait expirer un esclave à mes yeux;
Et le fer est moins prompt, pour trancher une viOi
Que le nouveau poison que sa main me eonfie.
NéRON.
Narcisse, c'est assez, Je reconnois ce soin , Et ne souhaite pas que vous alliez plu^ -loin.
NARCISSE
Quoi ! pour Britannicus votre haine afibiblie Me défend....
NâRON.
Oui, Narcisse : on nous réconcilia.
NARCISSE
Je me garderai bien de vous en détourner, Seigneur. Mais il s*est vu tantôt emprisonner : Cette offense en son cœur sera longtemps nouvelle; Il n'est point de secrets que le temps ne révèfè : Il saura que ma main lui devoit présenter Un poison que votre ordre avoit fait apprêter. Les dieux de ce dessein puissent-ils le distraire I Mais peut-être il fera ce que vous n'osez faire.
NiRON.
On répond de son cœur; et je vaincrai le mien.
NARCISSE
Et l'hymen de Junie en est-il le lien? Seigneur, lui faites-vous encor ce sacrifice?
NÉRON
C'est prendre trop de soin. Quoiqu'il en soit, Narcisse, Je ne le compte plus parmi mes ennemis.
NARCISSE
Agrippine, seigneur, se Tétoit bien promis : Elle a repris sur vous un souverain empire.
NÉRON
Quoi donc? Qu'a-t-elle dit? et que voulez-vous dire?
NARCISSE
Elle s'en est vantée assez publiquement.
NÉRON
De quoi?
NARCISSE
Qu'elle n'avoit qu'à vous voir un moment; Qu'à tout ce grand éclat, à ce courroux funeste, On verroit succéder un silence modeste; Que vous-même à la paix souscririez le premier ; Heureux que sa bonté daignât tout oublier I
NÉRON
Mais, Narcisse, éie-moi, que x|Bux-tu que je fasse?
chef des Grecs, cédant aux instances d'Ulysse, a mandé à Glytemneslre de lui envoyer sa fille ; il veut, a-t-il dît, Tunir à Achille avant de partir pour Troie. Mais la tendresse paternelle, un moment vaincue par l'ambition, a bientôt repris son empire : Âgamemnon charge un serviteur fidèle, Ârcas, de se porter à la rencontre de la reine et de l'engager à retourner à Ârgos. Achille a changé de pensée, écrit-il à Glytemnestre, et le mariage projeté, ne se fera pas. A peine vient-il de donner ses ordres à Arcas, qu'on lui apprend l'arrivée au camp de Glytemnastre etd'Iphigénie. Elles y amènent avec eues une jeune princesse, Ériphile, tombée au pouvoir d'Achille à Lesbos, et gardée dans Argos près de la fille d' Agamemnon. Ériphile vient consulter Galchas sur sa naissance mystérieuse, sur ses parents, qu'elle n'a jamais connus. Elle vient surtout revoir Achille qu'elle aime.
Arcas remet à Glytemnestre les lettres d' Agamemnon. La reine, indignée du prétendu refroidissement d'Achille et de la rupture d'un mariage glorieux, va quitter le camp. Achille, qui ne sait rien du danger que court Iphigénie, Vj retient par ses serments. Agamemnon renonce à dérober à Diane sa victime, et ne s'inquiète plus que d'écarter au moins Glytemnestre de l'autel. Mais Arcas révèle à la reine le terrible secret dont il a reçu la confidence. Iphigénie est prête à mourir, puisque les dieux l'exigent, puisque la gloire promise à son père est à ce prix. Sa douleur résignée et l'emportement maternel de Glytemnestre ébranlent le cœur d' Agamemnon. Il se décide à faire une nouvelle tentative pour sauver sa fille. Qu'elle fuie! le camp ignore encore la réponse de l'oracle, et ne sait pas par quel cruel sacrifice la conquête de Troie doit être achetée. Ériphile, dans un transport de jalousie, découvre à Gai*» chas ce qui se trame à son insu. Les Grecs avertis se soulèvent, et s'opposent au départ dlphigénie. En vain Achille et Glytemnestre jurent de la défendre contre toute l'armée, il semble que rien ne puisse plus la sauver. G'est au pied de l'autel, au moment de frapper le coup mortel.
que Galchas éclairé tout à coup par la déesse explique et corrige son premier oracle. Le sang que demandent les dieux, c'est celui d'une autre Iphigénie, d'une fille de Thésée et d'Hélène, née d'un mariage secret, le sang de cette même Êriphile, qui est venue assister à la mort de sa rivale. Ériphile furieuse, saisit le couteau sacré et se frappe. Aussitôt le vent s'élève, les. flots s'agitent, la flamme du bûcher s'allume d'elle-même, et d'autres signes merveilleux annoncent qu la déesse est satisfaite.