Scène IV. ^ AGAMEMNON, ULTSSB, EURTBATE
BURTBATB.
Seigneur .>..
AQAumucm.
Ah I que vieiil-<m me diret
EURTBATE.
la reine, dont ma course a devancé les pas,
Va remettre bientôt aa fille entre vos \hu ; Elle approche. Elle s'est quelque temps égarée Dans ces bois qui du camp semblent cacher Tentréç î A peine nous avons, dans leur obscurité, Retrouvé le chemin que nous avions quitté.
AGAMEMNON
Ciel !
SURTBÀTE.
Elle amène aussi cette jeune £riphile, Que Lesbos a livrée entre les mains d'Achille, Et qui, de son destin qu'elle ne connott pas, Vient, dit-elle, en Aulide interroger Galchas. Déjà de leur abord la nouvelle est semée; Et déjà de soldats une foule charmée, Surtout d'Iphigénie admirant la beauté, Pousse au ciel mille vœuz pour sa félicité. Les uns avec respect environnoient la reine ; D'autres me demandoient le sujet qui l*amène. ^
Mais tous ils confessoient que si jamais les dieux Ne mirent sur le trône un roi plus glorieux, Également comblé de leurs faveurs secrètes, Jamais père ne fut plus heureux que vous Tôt^s.
AGAMEMNON
Eurybate, il suffit; vous pouvez nous laisser: Le reste nous regarde, et je vais y panser.
SctoE V. — AGAMEMNON, ULYSSE.
AGAMEMNON
Juste ciel I c'est ainsi qu'assurant ta vengtance Tu romps tous les ressorts de ma vaine prudence f Encore si je pouvois, libre dans mon malheur. Par des larmes au moins soulager ma douleur I Triste destin des rois I Esclaves que nous sommes Et des rigueurs du sort et des discours des hommes, Nous nous voyons sans cesse assiégés de témoins , Et les plus malheureux osent pleurer le moins I
ULYSSE
Je suis père, seigneur; et (bible comme un autre, Mon cœur se met sans peine en la place du vôtre, Et frémissant du coup qui vous fait soupirer. Loin de blâmer vos pleurs, je suis près de pleurer. Mais votre amour n'a plus d'excuse légitime ; Les dieux ont à Calchas amené leur victime : 11 le sait, il l'attend I et, s'il la voit taider , Lui-même à haute voix viendra la demander.
Nous sommes seuls encor : hâtez-vous de répandre Des pleurs que vous arrache un intérêt si tendre; Pleurez ce sang, pleurez ; ou plutôt, sans pftlir^ Considérez Thonneur qui doit en rejaillir : Voyez tout l'Hellespont blanchissant sous nos rame^ Et la perfide Troie abandonnée aux flammes, Ses peuples dans yos fers^ Priam à vos genoux, Hélène par vos mains rendue à son époux; Voyez de vos vaisseaux les poupes couronnées Dans cette même Âulide avec vous retournées^ Et ce triomphe heureux qui s'en va devenir L'éternel entretien des siècles à venir.
AOAMEMNON.
Seigneur, de mes efforts je connois l'impuissance : Je cède, et laisse aux dieux opprimer l'innocence. La victime bientôt marchera sur vos pas. Allez. Mais cependant faites taire Galchas; « Et m'aidant à cacher ce funeste mystère, Laissez-moi de l'autel écarter une mère.
Acte III. Seins V. — ACHILLE, CLYTEMNESTRE, IPHIGÊNIE, ÉRIPHILE, ARCAS, iEGINE, DORIS.
ARCAS
Madame, tout est prêt pour la cérémonie. Le roi près de l'autel attend Iphigénie ; Je viens la demander : ou plutôt contre lui^ Seigneur, je viens pour elle implorer votre appui.
AGHILLB.
Arcas, que dites-vous?
CLTTEMNESTRE.
Dieux I que vient-il m'appreudre?
ARCAS, à Achille, Je ne vois plus que vous qui la puisse défendre.
ACHILLE
Contre qui? •
ARCAS
Je le nomme et l'accuse à re^t :
Autant que je l'ai pu j'ai gardé son secret. Mais le fer, le bandeau, la flamme est toute prête; Dût tout cet appareil retomber sur ma tête, Il faut parler.
CLTTEMNESTRE.
Je tremble. Expliquez-vous, Arcai.
AfïWfT.T.ie.
Qui que ce soit, parlez, et ne le craignez pas.
ÀBCÀS«
Vous êtes son amaut, et vous êtes sa mère : Gardez-Yous d'envoyer la princesse à son père«
CLTTEMNESTRB.
Pourquoi le craindrons-nous?
ACHILLE
Pourquoi m'en défier?
' ARCAS
11 l'attend à Tautel pour la sacrifier,
ACHILLE
Lui!
CLTTEMNESTRB.
Sa fille!