‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 100 sur 347 · IPHIGÉNIE · texte numérisé non relu

IPHIGÉNIE

Mon père !

ÉRIPHQ.E.

0 ciel ! quelle nouvelle I

ACHHXE.

Quelle aveugle fureur pourroit l'armer contre elle? Ce discours sans horreur se peut-il écouter?

ARCAS

Ahl seigneur! plût au ciel que je pusse en douter 1

Par la voix de Galchas l'oracle la demande ;

De toute autre victînle il refuse Toffrande :

Et les dieux jusque-là protecteurs de Paris,

Ne nous promettent Troie et les vents qu'à ce prix.

CLTTEMNESTRB.

Les dieux ordonneroient un meurtre abominable?

IPHIGÉNIB.

Ciell pour tant de rigueur, de quoi suis-je coupable?

CLTTEMNESTRB.

Je ne m'étonne plus de cet ordre cruel Qui m*avoit interdit l'approche de Fautel.

IPHIGÉNIB, à Achille.

Et voilà donc l'hymen où j'étois destinée !

ARCAS

Le roi, pour vous tromper, feignoit cet hyménée : Tout le camp même encore est trompé comme vous.

CLTTEMNESTRB.

Seigneur, c'est donc à moi d'embrasser vos genoux.

ACHILLE, la relevant.

Ah, madame!

CLITBMNESTRE.

Oubliez une gloire importune; Ce triste abaissement convient à ma fortune : Heureuse si mes plourj vous peuvent attendrir f

l?S DIX-SEPTIÈMB JSIÈCLE.

Une mère à vos pieds peut tomber sans rougir. C'est votre épouse, hélas ! qui vous est enlevée; Dans cet heureux espoir je l'ayois élevée. C'est vous ^ue nous cherchions sur ce funeste bord; Et votre nom, seigneur, la conduit à Ift mort. Ira-t-elle, des dieux implorant la justice, Embrasser leurs autels parés pour son supplice? Elle n'a que tous seul : vous êtes en ces lieux Son père, son époux, son asile, sôs dieux. Je lis dans vos regards la douleur qui vous presse. Auprès de votre époux, ma fille, je vous laisse. Seigneur, daignez m'attendre, et ne la point quitter. Â mon perfide époux je cours me présenter : Il ne soutiendra point la furôur qui m'anime, Il faudra que Calchas cherche une autre victime : Ou, si je ne vous puis dérober à leurs coups. Ma fille , ils pourront bien m'immoler avant vous.

/ICTB IV. Scène III. — AGAHEMNON, GLTTBMNBSTRS, iBOINE.

agamemnon.

Que faites-vous, madame? et d'où vient que ces lieux N'ofi^rent poiut avec vous votre fille à mes yeux? Mes ordres par Arcas vous Tavoient .demandée: Qu'attend-elle? Est-ce vous qui l'avez retardée? A mes justes désirs ne vous rendez-vous pas? Ne peut-elle à Fautel marcher que sur vos pas T Parlez!

CLTTBMNESTRB.

Sll faut partir, ma fille est toute prête. Mais vous, n*avei*veus rien, seigneur, qui vous arrête ?

AGAHEMNON.

Moi, madame?

GLTTEltNESTBB.

Vos Soins ont-ils tout préparé?

AGAHEMNON.

Calchas est prêt, madame, et l'autel est paré. J'ai fait ce que m'ordonne un devoiir légitimée

eLtTBHNESTmi.

Vous ne me parlez point, seigneur^ de la victime?

AGAHEMNON.

Que me voulez-vous dire? et par quel leiii jaloux.. SCENE IV. — AGAMEMNON , GLITEMNESTRB^ IPHIGËNIE, i£GIN£.

CLTTBMNESTRB.

Venez, venez^ ma fiUe, on n'attend plus que vous;

RAGtNB. 179

Venez remercier un père qui réns aiifid^

Et qui veut à l'autel tous conduire lui-mêmé«

AGAMEMNON

Que Yois-je? Quel discours 1 Ma fille, vous pleurez, Et baissez devant moi vos yeux mal assurés : Quel trouble! Mais tout pleure, et la fille et la mèrei, Àhl malheureux Arcas, tu m'as trahit

Page 1