‹ Textes classiques de la littérature françaiseChapitre 115 sur 232 · LE MISANTHROPE · texte numérisé non relu

LE MISANTHROPE

Alceste est le plus loyal et le plus droit des hommes* Une seule vertu lui manque, l'indulgence. Sa sagesse bourrue ne pardonne rien à la faiblesse humaine. Un compliment banal^ une concession aux usages du monde, en voilà assez pow qu'il crie au mensonge, à la trahison. A la mauvaise humeur d' Alceste, Molière oppose l'esprit accommodant de Philinte.On a critiqué ce personnage optimiste. Il porte peut-être trop loin la complaisance, il est trop constamment satisfait y mais Molière ne le donne pas comme ïn exemple à suivre : c'est un caractère, ce n'est pas un modèle. Alceste est épris d'une coquette. La sincère Eliante mériterait bien mieux son amour : c'est Célimène qu'il ^e, en dépit de lui-même. L'indignation d'Alceste est souvent justifiée par les vices de la société au milieu de laquelle il vit : l'hypocrisie, la méchanceté doucereuse de la prude Arsinoé, la fatuité des marquis, la vanité du poète de cour, et surtout la coquetterie perfide de Célimène soat Wen faites pour blesser profondément uiiYiomxxi^ ÔL<fe 's^^^ûs» «^ûfe cœur. Aussi Alceste n'est-il ridicule cpie ^^x vûsXax^^-

et quand la violence de ses emportements contraste trop fortement avec la futilité des causes qui les provoquent. Que Philinte ait loué de mauvais vers, ou que des juges corrompus aient rendu un arrêt inique, le misanthrope ne fait pas de distinction ; il éclate, il s'indigne, il se déclare résolu à fuir la société, à se tirer de ce coupe-gorge, oubliant qu'il y aurait peu de mérite à aimer les hommes,s'ils étaient parfaits, et que la plus rare et la plus difficile des vertus, la charité, coasiste justement à les chérir malgré leurs défauts.

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