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Acte I^ ScèNê V. - ORGON, CLÉANTE

GLÊÀNtft.

A votre nez, mon frère, elle se rit de voUs ,

Xt sans avoir dessein de vous mettre en couffoUx»

Je vous dirai tout franc que c*est avec justice,

A-t-on jamais parlé d'un semblable capHtie?

Et se peut-il qu^un homme ait Un chai^me aujourd'hui

A vous faire oublief toutes choses pour lui,

Qu'après avoif Chez vous féparê sa misère,

Vous en veniez au point....?

ORGOlf.

Halte^là, mon beau-frère^ Vous ne connaissez pas celui dont vous parlez^

Je ne le connais pas, puisque vous le voulei!; Mais enfin, pour savoir quel homme ce peut êtrCi

!• C'est au roi liii-même que Molière doit, dit-on, ce Inôt heureux, ^iiis XIV l'aurait répété avec des intonations fort plaisantes, à mesure ^'un de ses courtisans lui énumérait des ttiets délieiits <vii« V^^ ^^^ ^'\& sur la taWe de « UoûBimt de Rodei î>, ttatôiOvùtL ^^ '^^^^'^>^^ fàmbevêque de PotiSi fifote de R. Lfttlgn«-.^

DEMOBEOTé ^

i74 DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

ORGON

Mon frère, vous seriez charmé de le connaître, Et vos ravissements ne prendraient point de fin. C'est un homme., qui., ha!, un homme., un homme Qui suit bien ses leçons goûte une paix profonde, Et comme du fumier regarde tout le monde. Oui, je deviens tout autre avec son entretien ; Il m'enseigne à n'avoir affection pour rien ; De toutes amitiés il détache mon âme; Et je verrais mourir frère, enfants, mère et femme, Que je m*en soucierais autant que de cela.

CLÉAirrE.

Les sentiments humains, mon frère, que voilà!

OROOir.

Ha! si vous aviez vu comme j'en fis rencontre, Vous auriez pris pour lui Tamitié que je montre. Chaque jour à Téglise il venait, d'un air doux^ Tout vis-à-vis de moi se mettre à deux genoux. Il attirait les yeux de l'assemblée entière Par l'ardeur dont au Ciel il poussait sa prière ; Il faisait des soupirs, de grands élancements. Et baisait humblement la terre à tous moments; Et lorsque je sortais, il me devançait vite, Pour m'aller à la porte offrir de l'eau bénite. Instruit par son garçon, qui dans tout l'imitait. Et de son indigence, et de ce qu'il était. Je lui faisais des dons; mais avec modestie Il me voulait toujours en rendre une partie. « C'est trop, me disait-il, c'est trop de la moitié; Je ne mérite pas de vous faire pitié. » Et quand je refusais de le vouloir reprendre, Aux pauvres, à mes yeux, il allait le répandre. Enfin le Ciel chez moi me le fit retirer, Et depuis ce temps-là tout semble y prospérer. Je vois qu'il reprend tout, et qu'à ma femme même Il prends pour mon honneur, un intérêt extrême; Il m'avertit des gens qui lui font les yeux doux, Et plus que moi six fois il s'en montre jaloux. Mais vous ne croiriez point jusqu'où monte son zèle . Il s'impute à péché la moindre bagatelle; Un rien presque suffit pour le scandaliser; Jusque-là qu'il se vint l'autre jour accuser D'avoir pris une puce en faisant sa prière, Et de l'avoir tuée avec trop de colère.

CLÉANTB.

Parbleu! vous êtes fou, mon frère, que je croi. Avec de tels discours vous moquez-vous de moi? Et qae prétendez-vous que louX ce b«LÔ.Vu».%fe«A

ORGON

rère, ce discours sent le libertinage ^ m êtes un peu dans votre âme entiché ; mme je vous l'ai plus de dix fois prêché, trous attirerez quelque méchante affaire.

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