‹ Textes classiques de la littérature françaiseChapitre 155 sur 232 · LES PLAISIRS DES CHAMPS · texte numérisé non relu

LES PLAISIRS DES CHAMPS

Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville, ,

Et contre eux la campagne est mon unique asile.

Du lieu qui m'y retient veux-tu voir le tableau?

C'est un petit village, ou plutôt un hameau ^,

fiâtî sur le penchant d'un long rang de collines.

D'où l'œil s'égare au loin dans les plaines voisines.

La Seine, au pied des monts que son flot vient laver,

Voit du sein de ses eaux vingt iles s'élever,

i. Arnbeim, ville du daché de Gueldre; Hildesheitn, dans l*électorat de Vèves. — 2. Le Scamandre ou Xanthe, rivière de la Troade. — 3» Ghréten-Frauçois de Lamoignon, né en 1644, président à mortier en 1690, monlit en 1709. — 4. Hantile, petite seigneurie près de la Roche-Guyon, apartenant à mon neveu, WWuj^re M. Dongoi8,gtefÉLeT àw ^w\Kmwi\%V^^^'^2^>>

17 kiL de Mantes^ sur la Seine,

Qui, partageant son conrs en diyerses maniérés'/ D'une rivière seule y forment vingt rivières. Tous les bords sont couverts de saules non plantés, Et de noyers souvent du passant insultés. Le village au-dessus forme un amphithéâtre; L'habitant ne connaît ni la chaux ni le plâtre; Et dans le roc, qui cède et se coupe aisément, Chacun sait de sa main creuser son logement. La maison du seigneur *, seule un peu plus ornée, Se présente au dehors de murs environnée. Le soleil en naissant la regarde d'abord. Et le mont la défend des outrages du nord.

C'est là, cher Lamoignon, que mon esprit tranquille Met à profit les jours que la Parque me file. Ici dans un vallon bornant tous mes désirs, J'achète & peu de frais de solides plaisirs. Tantôt, un livre en main, errant dans les prairies, ( J'occupe ma raison d'utiles rêveries * : Tantôt, cherchant la fin d'un vers que je construi, Je trouve au coin d'un bois le mot qui m'avait fui; Quelquefois, aux appâts d'un hameçon perfide. J'amorce en badinant le poisson trop avide; Ou d'un plomb qui suit l'œil, et part avec l'éclair, Je vais faire la guerre aux habitants de l'air. Une table au retour, propre et non magnifique. Nous présente un repas agréable et rustique : Là, sans s'assujettir aux dogmes de Broussain *, Tout ce qu'on boit est bon, tout ce qu'on mange est La maison le fournit, la fermière l'ordonne, Et mieux que Bergerat l'appétit l'assaisonne *. 0 fortuné séjour! ô champs aimés des cieux! Que, pour jamais foulant vos près délicieux. Ne puis-je ici fixer ma course vagabonde. Et connu de vous seuls oublier tout le monde ^\

Mais â peine, du sein de vos vallons chéris Arraché malgré moi, je rentre dans Paris, Qu'en tous lieux les chagrins m'attendent au passage.

1 . Le seigneur est ViXinuixt greffier. Voltaire, qui l'avait connu, l'api un

Bon boorgeois qai se erat un homme dlmportanee. /

(J^pUre â BoUeau.) /

2. Suivant Brossette, Boileau Usait alors les Essais deMontaigne.-->f comte de Broussain, profès dans l'ordre des Coteaux. Il avait approi théorie de la cuisine, et donnait des repas d^éntditûm. — 4. Berge teur renommé de la rue des Bons-Enfants. — 5. Vers imités d'Hoi /rirv n, iivre U^ vers 65; £pUre in, lixre l^ vers 8.; et de Virgili

figues, liyre if, vers 8B. "

• ^ , ' BOILEAÛ , 353

Vn couâin, abusant d'un fâcheux parentage, 'Veut qu'encor tout poudreux* et sans me débotter, Chez vingt juges pour lui j'aille solliciter : XI faut voir de ce pas les plus considérables; X*an demeure au Marais, et Tautre aux Incurables i. Je reçois vingt avis qui me glacent d'effroi :

— Hier, dit-on, de tous on parla chez le roî, £t d'attentat horrible on traita la satire.

— Et le roi, que dit-il? ■— Le roi se prit à rire. Contre vos derniers vers on est fort en courroux ; Pradon a mis au jour un livre contre vous;

Et chez le chapelier du coin dé notre place,

Autour d'un caudebec >, j'en ai lu la préface.

L'autre jour sur un mot la cour vous condamna.

Le bruit court qu'avant-hier on vous assassina :

Un écrit scandaleux sous votre nom se donne;

D'un pasquin qu'on a fait, au Louvre on vous soupçonne ^

— Moi? — Vous : on nous l'a dit dans le Palais-Royal *• Douze ans sont écoulés depuis le jour fatal

Qu'un libraire, imprimant les essais de ma plume,

Donna, pour mon malheur, un trop heureux volume ^'

Toujours depuis ce temps, en proie aux sots discours,

Contre eux la vérité m'est un faible secours*

Vient- il de la province une satire fade,

D'un plaisant du pays insipide boutade?

Pour la faire courir on dit qu'elle est de moi :

Et le sot campagnard le croit de bonne foi.

J'ai beau prendre à témoi'n et la cour et la ville ;

— Non; à d'autres, dit-il; on connaît votre style. Combien de temps ces vers vous ont-ils bien coûté?

— Ils ne sont point de moi> monsieur, en vérité : Peut-on m'attribuer ces sottises étranges?

— Ah! monsieur, vos mépris vous servent de louanges. Ainsi, de cent chagrins dans Paris accablé,

Juge si, toujours triste, interrompu, troublé, Lamoignon, j'ai le temps de courtiser les muses! Le monde cependant se rit de mes excuses; Croit que, pour m'inspirer sur chaque* événement, Apollon doit venir au premier mandement.

Un bruit court que le roi va tout réduire en poudre, Et dans Valencienne est entré comme un foudre *;

i.RQe de Sèvres. — 2. Sorte de chapeaux de laine qui se font à Caudebec Q Normandie. (Boileau.) — - 3. Ua pasquin signifiait alors un écrit satirioe. Pasquin est une statae de Rome, sur le piédestal de laquelle lé peuple ffichedes placards moqueurs. — 4. Allusion aux nouvellistes qui s'assemlent dans le jardin de ce palais. (Boileau.) — 5. La çtem\fe\^ fe^\N\wi<iRs» QHres parut au mois de mars i666. — 6. \a\eûc\euuw, ^m^^iV^^ (i^'^as^ Jj'ès quelques jours de siège f au comm^hcemtïii de mw* \,^Tl.

DEMOGEOT, . *2

,, Que Cambrai, des Français Tépouvantable écueil ^ Â va tomber enfin ses murs et son orgueil; Que, devant Saint-Omer, Nassau, par sa défaite. De Philippe vainqueur rend k gloire complète K -^ Dieu sait comme les vers chez vous s*en vont couler! Dit d'abord un ami qui veut me cajoler, Et, dans ce temps guerrier et fécodd en Achilles, Croit que Ton fait les vers comme Ton prend les villes. Mais moi, dont le génie est mort en ce moment, Je ne sais que répondre à ce vain compliment; Et, justement confus de mon peu d'abondance, Je me fais un chagrin dti bonheur de la France. ; Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré,

Vit content de soi-même en un coin retiré ; Que l'amour de ce rien qu'on nomme renommée - N*a jamais enivré d'une vaine fumée t Qui de sa liberté forme tout son plaisir, Et ne rend qu'à lui seul compte de son loisir! Il n'a point k souffrir d'affronts ni d'injustices, Et du peuple inconstant il brave les caprices. Mais nous autres faiseurs de livres et d'écrits, Sur les bords du Permesse > aux louanges nourris, Nous ne saurions briser nos fers et nos entraves, Du lecteur dédaigneux honorables esclaves. Du rang où notre esprit une fois s'est fait voir. Sans un fâcheux éclat nous ne saurions déchoir. Le public^ enrichi du tribut de nos veilles, Croit qu'on doit ^jouter merveilles sur merveilles. ;

Au comble parvenus il veut que nous croissions : /

Il veut en vieillissant que nous rajeunissions. /

Cependant tout décroît; et moi-même à qui Tâge /

D'aucune ride encor n'a flétri le visage ^, Déjà moins plein de feu, pour animer ma voix /

J'ai besoin du silence et de l'ombre des bois : /

Ma muse, qui se plaît dans les routes perdues, Ne saurait plus marcher sur le pavé des rues. f

Ce n'est que dans ces bois, propres à m'exciter, Qu'Apollon quelquefois daigne encor m'écouter. Ne demande donc plus par quelle humeur sauvage

1. Le roi entra à Cambrai, après un siège de vingt jours, le 17 anjf — 2. La bataille de Cassel, gagnée par Monsieur, Philippe de Franr unique du roi, en 1687. (Boileau.) a Le monarque et le prince*/ ensemble... iXans tous les lieux où ils passaient, le peuple criait^ rot et Monsiew qui a gagné la batatUe. Le roi s'en souvint, e^ n'en gagna plus. » (D'Alembert, note 14, sur VÉloge de DeM 3, Petite riyière de Boèlle, qui %oit de L'Hélicon, et se perd i Copaîs, Elle était consacrée a\a U^^%. — K. W ^\.«v\ \vsv^ ^f

"oiémfi année. ^

Tout Tété, loin de toi, demeurant au village,

J'y passe obstinément, les ardeurs du Lion i,

Et montre T)our Paris si peu de passion.

C'est à toi, Lamoignon^ que le rang,, la naissance,

Le mérite éclatant, et la haute éloquence,

Appellent dans Paris aux sublimes emplois,

Qu'il sied bien d'y veiller pour le maintien des lois.

Tu dois là tous tes soins au bien de ta patrie :

Tu ne t'en peux bannir que l'orphelin ne crie;

Que l'oppresseur ne montre un front audacieux :

Et Thémis pour voir clair a besoin de tes yeux.

Mais pour moi, de Paris citoyen inhabile,

Qui ne lui puis fournir qu'un rêveur inutile.

Il me faut du repos, des prés et des forêts.

Laisse-moi donc ici, sous leurs ombrages frais,

Attendre que septembre ait ramené l'automne.

Et que Cérès contente ait fait place à Pomone.

Quand Bacchus comblera de ses nouveaux bienfaits

Le vendangeur ravi de ployer sous le faix,

Aussitôt ton ami, redoutant moins la ville,

T'ira joindre à Paris, pour s'enfuir à Bàville ••

Là, dans le seul loisir que Thémis t'a laissé,

Tu me verras souvent à te suivre empressé.

Pour monter à cheval rappelant mon audace^ '

Apprenti cavalier galoper sur la trace.

Tantôt sur l'herbe assis, au pied de ces coteaux

Où Polycrène épand ses libérales eaux 3,

Lamoignon, nous irons, libres d'inquiétude,

Discourir des vertus dont tu fais ton étude;

Chercher quels sont les biens véritables ou faux;

éi l'honnête homme en soi doit souffrir des défauts.

Quel chemin le plus droit à la gloire nous guide,

Ou la vaste science, ou la vertu solide.

C'est ainsi que chez toi tu sauras m'attacher.

Heureux si les fâcheux, prompts à nous y chercher.

N'y viennent point semer l'ennuyeuse tristesse 1

Car, dans ce grand concours d'hommes de toute espèce,

Que sans cesse à Bàville attire le devoir.

Au lieu de. quatre amis qu'on attendait le soir,

Quelquefois de fâcheux arrivent trois volées,

Qui du parc à l'instant assiègent les allées.

Alors sauve qui peut : et quatre fois heureux

Qui sait pour s'échapper quelque antre ignoré d'eux!

Le mois de juillet pendant lequel le soleil est dans le si^e du Lion. . Maison de campagne de Lamoignon, à neuf heures de Paris^ du calé impes. — 3. Fontaine à une demi-lieue àe BàiNWVfc ^yûsà. ^wssjsfiAi^ \"«s^ If. îe premier président de Lamoignon. CÛoi\ea.\i.^

386 DIX-SBPTIÈMË SIÈCLE ,

ÉPITRE Vn — A BACONS l l'utilité des ennemis

Que tu sais bien. Racine, à l'aide d*uD acteur. Emouvoir, étonner, ravir un spectateur!

Jamais Iphigénie, en Aulide immolée, N'a coûté tant de pleurs à la Grèce assemblée, Que dans Theureux spectacle à nos yeux étalé En a fait, sous son nom, verser la Champmeslé 2. Ne crois pas toutefois, par tes savants ouvrages, Entraînant tous les cœurs, gagner tous les suffrages. Sitôt que d'Apollon un génie inspiré Trouve loin du vulgaire un chemin ignoré. En cent lieux contre lui les cabales s'amassent; Ses rivaux obscurcis autour de lui croassent; Et son trop de lumière, importunant les yeux, De ses propres amis lui fait des envieux. La mort seule ici-bas, en terminant sa vie. Peut calmer sur son nom l'injustice et Tenvie; Paire au poids du bon sens peser tous ses écrits Et donner à ses vers leur légitime prix.

Avant qu'un peu de terre, obtenu par prière ^, Pour jamais sous la tombe eût enfermé Molière, Mille de ces beaux traits, aujourd'hui si vantés. Furent des sots esprits à nos yeux rebutés. L'Ignorance et l'Erreur à ses naissantes pièces, En habits de marquis, en robes de comtesses, Venaient pour diffamer son chef-d'œuvre nouveau. Et secouaient la tête à l'endroit le plus beau. Le commandeur voulait la scène plus exacte ^, Le vicomte indigné sortait au second acte ^ : L'un, défenseur zélé des bigots mis en jeu, Pour prix de ses bons mots le condamnait au feu ;

1. Une cabale, à la tète de laquelle étaient le duc de Nevers et la chesse de Bouillon, faisait une guerre déloyale à la Pkèdrt de Racin( lui opposait le ridicule Hippolyte de Pradon. — 2. Célèbre comédienne naée par les leçons de Racine. — 3. Molière étant mort en état d'exo munication, le curé de Saint-Ëustache) sa paroisse, lui refusa la sépal ecclésiastique. Sa veuve alla se jeter aux pieds du roi, qui invita l'an vêque de Paris, Harlay de Charapvallon, à éviter le scandale. — 4. Le 0 mandeur de Souvré. — 5. Le comte de Broussain, de V ordre des Colei sortit au second acte de l'École des Femmes, ne pouvant supporter le sj

tacle d'ane pièce où toutes les T^\es ^Vo\^\yX %i\fe^i». ^^liète écrivit j

sa défense la. CrUique de rÉcolc des Femmes.

BOILEfAU ' ' 387'

X^^autre, fongueux marcniis, Mdéclarant la guerre,

'Voulait venger la cour immolée au parterre ^.

iMais, sitôt que d'un trait de ses fatales mains,

X^a Parque Peut rayé du nombre des humains,

On reconnut le prix de sa muse éclipsée :

Xw'aimable comédie, avec lui terrassée,

£!n vain d'un coup si rude espéra revenir,

£t sur ses brodequins ne put plus se tenir 9.

7el fut chez nous le sort du théâtre comique. Toi donc qui, t'élevant sur la scène tragique.

Suis les pas de Sophocle, et, seul de tant d'esprits,

X>e Corneille vieilli sais consoler Paris,

Cesse de Vétonner si Tenvie animée,

attachant à ton nom sa rouille envenimée,

lia calomnie en main, quelquefois te poursuit.

£q cela, comme en tout, le ciel qui nous conduit»

Xlacine, fait briller sa profonde sagesse. lie mérite en repos s'endort dans la paresse; Jdais par les envieux un génie excité Au comble de son art est mille fois monté : Plus on veut l'affaiblir, plus il croit et s'élance. Au Gid persécuté Cinna doit sa naissance 3 : £t peut-être ta plume aux censeurs de Pyrrhus Doit les plus nobles traits dont tu peignis Burrhus.

Moi-même, dont la gloire ici moins répandue Des pâles envieux ne blesse point la vue, Mais qu'une humeur trop libre, un esprit peu soumis, De bonne heure a pourvu d'utiles ennemis. Je dois plus à leur haine, il faut que je l'avoue, Qu'au faible et vain talent dont la France me loue. Leur venin, qui sur moi brûle de s'épancher. Tous les jours en marchant m'empêche de broncher. Je songe, à chaque trait que ma plume hasarde, Que d'un œil dangereux leur troupe me regarde. Je sais sur leur avis corriger mes erreurs,

' Et je mets à profit leurs malignes fureurs. Sitôt que sur un vice ils pensent me confondre. C'est en me guérissant que je sais leur répondre; Et plus en criminel ils pensent m'ériger. Plus croissant en vertu je songe à me venger.

Imite mon exemple; et lorsqu'une cabale. Un flot de vains auteurs follement te ravale, Profite de leur haine et de leur mauvais sens,

l. Voir la Critique de VÉcole des Femmes^ scène vi. — 2. Chaussure de rteors comiques sur les théâtres de la Grèce et de ^o\ïvfe. \a^ X^fei^'^ ^'tk agédie porlaieat le cothame, plus haut et p\ua maie^VvifexviL ^^ X^Xst^^'^ w, — 3, PJufôt Horace, ^ui suivit le C\A de if\u* ^\^^ <\>^^^ C\»w.a%

Ris du bruit passager de leurs cris Impuissans»

Que peut contre tes vers une ignorance vaine?

Le Parnasse français, ennobli par ta veine,

Contre tous ces complots saura te maintenir,

Et soulever pour toi l'équitable avenir.

£h! qui, voyant un jour la douleur vertueuse

De Phèdre malgré soi perfide, incestueuse,

D'un si noble travail justement étonné,

Ne bénira d'abord le siècle fortuné

Qui, rendu plus fameux par tes illustres veilles.

Vit naitre sous ta main ces pompeuses merveilles?

Cependant laisse ici gronder quelques censeurs Qu'aigrissent de tes vers les charmantes douceurs. Et qu'importe à nos vers que Perrin les admire; Que l'auteur du Jonas ^ s'empresse pour les lire ; Qu'ils charment de Senlis le poète idiot *, Ou le sec traducteur du français d'Amyot *, Pourvu qu'avec éclat leurs rimes débitées Soient du peuple, des grands, des provinces goûtées; Pourvu qu'ils puissent plaire au plus puissant des roi: Qu'à Chantilly Condé les souffre quelquefois; Qu'Enghien en soit touché; que Colbert et Vivonne, Que la Rochefoucauld, Marsillac * et Pompone, Et mille autres qu'ici je ne puis faire entrer, A leurs trails délicats se laissent pénétrer! Et plAt au ciel encor, pour couronner l'ouvrage Que Montausier voulût leur donner son suffrage <>!

C'est à de tels lecteurs que j'offre mes écrits : Mais pour un tas grossier de frivoles esprits. Admirateurs- zélés de toute œuvre insipide, Que, non loin de la place où Brioché préside <^, Sans chercher dans les vers ni cadence ni son, Il s'en aille admirer le savoir de Pradon ?!

1. Coras.— 2. Linière. (Boileau.) — 3. L'abbé François Tairemand.qniJ dans sa traduction des Vies de Plutarqae, ne fit que remanier et g&ter lij traduction d'Amyot. — 4. Le duc de La Rochefoucauld, Tauteor Maximes; le prince de Marsillac, son fils; le marquis de Pompone, fil>{ d'Arnauld d'Andilly, et ^u^ des correspondants de Mme de Sévigné. "i 5. L'homme, qui traitait la satire d'attentat horrible et qui voulait envo^fer Pengeance des médisants rimer dans la rivière, ne sut pas résister à cette louange délicate. 11 rendit ses bonnes grâces k Boileau. — 6. Brio* cbé, fameux joueur de marionnettes, logé près du théâtre de la rue Goénégand, où étaient représentées les pièces de Pradon. — 7. L'ignorance de pji;adon était proverbiale.

HOiLEAU 389

Page 1