LE LION ET LE RAT
(Â son ami Lyon Jamet, 1585)
.... Je te veux dire une beUe Fable : G^est assavoir du Lyon et du Rat.
Cestuy Lyon, plus fort qu^un vieil verrat, Veit une fois, que le Rat ne sçavoit Sortir d*un lieu, pour autant qu'il avoit Mengé le lard, et la chair tout crue : Mais ce Lyon (qui jamais ne fût grue) Trouva moyen, et manière, et matière D'ongles et dens, de rompre la ratière : Dontmaistre Rat eschappe .istement :
Puis met à terre un genouil gentement, Et en ostant son bonnet de la teste, Â mercié mille fois la grand'beste, Jurant le dieu des Souris et des Rats, Qu'il lui rendroit. Maintenant tu verras Le bon du compte. Il advint d'avanture, Que le Lyon, pour chercher sa pasture.
Saillit dehors sa caverne, et son siège : Dont, par malheur^ se trouva pris au piège, Et fut lié contre un ferme posteau^
Adonc le Rat, sans serpe, ne Cousteau, T arriva joyeux, et esbaudy, Et du Lyon, pour vrai, ne s'est gaudy.... Auquel a dit : « Tais-toi, Lyon lié; Par moy seras maintenant deslié :
Tu le vaux bien, car le cœur joly as : Bien y parut, quand tu me deslias»
Secouru m'as fort Lyonneusement.
Or secouru seras Rateusement. »
Lors le Lyon ses deux grans yeux vertit »,
'• yojrez la iFontsdne, livre II, fable ii, — 2. Toimuîl,