CLÉMENT MAROT
Clément Marot, né à Cahors en 1495, était fils du poète r
Jean Marot, valet de chambre de François I»»". Il fut lui- P même valet de chambre de Marguerite de Valois, sœur du ^ ^
roi, suivit François P' dans son expédition d'Italie, et fut ^
1. Voyei V Histoire de la littérature française, sur les monastères car- '1
lovingiens, pages 30 et suivantes ; sur la Renaissance carlovingienne, page fii
SS et suivantes; sur la soeiéié cléricale ati mo^wi i%ft, ip^L^es 160 et sui- %
rsn/esj et enûn, sur la jReiiaissance au xv« et au x\\* «\^t\Çi,^H^'& 'àîb^ «X ^xix- ^;
^sotes.
CLÉMENT MAROT â9
fait prisonnier avec lui à Pavie. De retour ea France, îl fat accusé d'hérésie; forcé de fuir^ il se retira à Genève, puis^ Turinw où il mourut dans Tindigence en 1544;
Harot a laissé vingt-sept Élégies, cinquante«neuf Épîtres, dix-neuf Ballades, trois cent cinq Épigrammes, quatorze opuscules, et beaucoup de pièces fugitives, Les œuvres de Marot ont paru de 1533 à 1558. Citons I mlement l'édition donnée par lui à li^on, chez le célèbre I imprimeur Etienne Dolet, 1538, in-8. Les deux principales éditions postérieures sont celles de Lenglet du Fresnoy, la Haye, 1731 (6 vol. in-12), et de Paul Lacroix, 1842, 3 vol. in-8. Les plus récentes et les plus utiles à consulter sont celles de M. Charles d'Héricault, Paris, Garnier, 1867, in-8 , de M. P. Jannet, Paris, Picard, 1868, 3 vol. in-12 (collection Jannet) ; et enfin de M. Georges Guiffrey, Paris Claye et Quantin, 1875 et suiv. (en cours de publication). Cet aimable poète absorbe et résume en lui, sous une forme plus pure, toutes les qualités de notre vieille poésie; il en possède tous les charmes, mais il en a aussi toutes les limites. Il n'élargit point le cercle qu'avaient tracé ses prédécesseurs, il est gaulois comme eux, mais il Test mieux et plus vivement; il l'est seul autant qu'eux tous à la fois. On retrouve en lui la couleur de Villon, la gentillesse de Froissart, la délicatesse de Charles d'Orléans, le bon sens d'Alain Chartier, et la verve mordante de Jean de Meung : tout cela est rapproché, concentré dans une originalité piquante, et réuni par un don précieux qui forme comme le fond de cette broderie brillante, l'esprit.
De spirituelles et gracieuses épîtres, des élégies où la sensibiUté ne sert que d'assaisonnement à l'esprit, des épigrammes enfin pleines de verve et de malice, tels sont les genres poétiques qu'afi'ectionne sa légère pen&ée. L'instrument dont il pouvait disposer suffisait à de pareilles ; œuvres; la poésie des fabliaux, polie par Tissage d'une cour élégante, n'est jamais en défaut sk)U8 sa main; le vers [ de dix syllabes, ce mètre qui semble né pour les piquants ^ et joyeux récits, lui fournît une richesse étonnante dft coupes et d'effets poétiques, dont "VoVlavte %e\3\ ^ ^xi^ \cà. féroJber Je secreti
La poésie familière, ingénieuse et sensée, l'un de i trésors les plus précieux du moyen âge, a donc troi dans la personne de Marot son expression définitive, n'est paà à dire pour cela que cette poésie ait dû suffire t Français du xvi® siècle, aux élèves de la Renaissance. qu*ils n'aient rien dû souhaiter au delà. Nourris de ^ gile, d'Horace, de Pindare, ils ne tardèrent pas à troa un peu maigres ces braves formes de s'exprimer^ qui pouvaient s'élever au-dessus des humbles sujets.