D'UN CHAMP
t t'attends qu'à toi seul '; c'est un commun proverbe.
Voici comme Ésope le mit « En crédit :
Les alouettes font leur nid
t>ans les blés quand ils sont en herbe*
C'est-à-dire environ le temps le tout aime et que tout pullule dans le monde,
Monstres marins au fond de l'onde, gres dans les forêts, alouettes aux champs.
Une pourtant de ces dernières rait laissé passer la moitié d'un printemps ns goûter le plaisir des amours printanières» toute force enfin elle se résolut
branche de la ramure da cerf. — Si. Vft Tû^VVt^,^\ ^^'^ ^Rî^» qne s'il avait cent yeux, — 3. Ne compU «ïoô îAtt NûvnAsûft.-
398 ' DIX-3EPTIËMH SIÈCLE
D'imiter la nature, «t, d'être m^e encore. Elle bfttit un nid, pond, couve, et fait éclore A la hâte : le tout alla du mieux qu'il put. Le^ blés d'alentour mûrs avant que la nitée
Se trouvât assez forte encor
Pour voler et prendre l'essor, De mille soins divers l'alouette agitée S'en va chercher pâture, avertit ses enfants D'être toujours au guet et faire sentinelle.
« Si le possesseur de ces champs Vient avecque son fils, comme il viendra, dit-elle, Écoutez bien : selon ce qu'il dira.
Chacun de nous décampera. »
Sitôt que l'alouette eut quitté sa famille, Le possesseur du champ vient avecque son fils. « Ces blés sont mûrs, dit-il ; allez chez nos amis Les prier que chacun, apportant sa faucille, Nous vienne aider demain dés la pointe du jour, n
Notre alouette de retour
Trouve en alarme sa couvée.
L'un commence ; « Il a dit que, l'aurore levée, L'on fit venir demain ses amis pour l'aider. — S'il n'a dit que cela, repartit l'alouette. Rien ne nous presse encor de changer de retraite; . Mais c'est demain qu'il faut tout de bon écouter. Cependant soyez gais, voilà de quoi manger. » Eux repus, tout s'endort, les petits et la mère. L'aube du jour arrive, et d'amis point du tout. L'alouette à l'essor, le maître s'en vient faire
Sa ronde ainsi qu*à l'ordinaire.
« Ces blés ne devraient pas, dit-il, être debout. Nos amis ont grand tort, et tort qui se repose Sur de tels paresseux, à servir ainsi lents.
Mon fils, allez chez nos parents
Les prier de la même chose. »
L'épouvante est au nid plus forte que jamais. « Il a dit ses parents, mère ! c'est à cette heure...
— Non. mes enfants ; dormez en paix :
Ne bougeons de notre demeure. »
L'alouette eut raison ; car personne ne vint. Pour la troisième fois, le maître se souvint De visiter ses blés. « Notre erreur est extrême. Dit-il, de nous attendre à d'autres gens que nous. Il n'est meilleur ami ni parent que soi-même. Retenez bien cela, mon fils. Et savez-vous Ce qu'il faut faire? Il faut qu'avec notre famille ^
i. Dans le seos du latin familia : V)w\a l^ mai&oa^ maître, feo^ ^ ' fants et serviteurs.
)us prenions dès demain chaeun une faucille : est là notre plus court; et nous achèverons
Notre moisson quand nous pourrons. »
is lors que ce dessein fut su de Talouette : C'est ce coup qu'il est bon de partir, mes enfants! »
Et les petits en même temps,
Voletants, se culebutants,
Délogèrent tous sans trompette.