LETTRES SUR LA MORT BE TXJRENNE A M. DE 6RI6NAN
A Paris, ce 31 juillet 1
C'est à vous que je m'adresse, mon cher comte, pour vo une des plus fâcheuses pertes qui pût arriver en France mort de M. de Turenne, dont je suis assurée que vous sei touché et aussi désolé que nous le sommes ici. Cette nouvel lundi à Versailles : le roi en a été affligé, comme on doit la mort du plus grand capitaine et du plus honnête ho monde; toute la Cour fut en larmes, et M. de Condom s*évanouir. On était près d'aller se divertir à Fontainebleai été rompu ; jamais un homme n'a été regretté si sincèreme ce quartier où il a logé 3, et tout Paris, et tout le peu; dans le trouble et l'émotion; chacun parlait et s'attroup regretter ce héros. Je vous envoie une très bonne relatic qu'il a fait quelques jours avant sa mort. C'est après tr< d'une conduite toute miraculeuse, et que les gens du m se lassent point d'admirer, qu'arrive le dernier jour de sa i de sa vie. 11 avait le plaisir de voir décamper Tarmée des < devant lui ^ et le 27, qui était samedi^ il alla sur une petite
i. Le duc d'£nghien, fils du ptmtfc ait Ç*ow^"^.-- ^«^^'s.'î^fcN.» Cet avait converti Turenne au calboV\e\^tûfe -r^.\A\&axm%
pour observer leur marche : son dessein était de donner sui' Tarrfère-garde, et il mandait au roi à midi que, dans cette pensée, il avait envoyé dire à Brissac qu'on fît les prières de quarante heures^ 11 mande la mort du jeune d'Hocquin court, et qu'il enverra un courrier pour apprendre au roi la suite de cette entreprise : il cachette sa lettre, et renvoie à deux heures. Il va sur cette petite colline avec huit ou dix personnes : on tire de lom à l'aventure un malheureux coup de canon qui le coupe par le milieu du corps, vous pouvez penser les cris et les pleurs de cette armée...»