AMYOT
ceptions nobles et vraies, mais encore elle devint pour 'â renaissance des idées antiques un paissant auxiliaire. < Nous autres ignorants étions perdus, dit Montaigne, si ce livre ne nous eût relevés du bourbier; sa merci (grâce à lui) nous osons à cette heure et parler et écrire ; les dames en régentent les maîtres d'école : c'est notre bréviaire. »
MORT DE PHILOPŒICEN
VAINCU PAR DIN0CBATE8, TYRAN DR MESSÂNE, PHILOPOBHEN IST TOMBÉ AU POUVOIR DR SON ENNEMI. APRÂS L*AVOIR CONDUIT A ME3SÈNR, ET ENFERMA DANS UN CACHOT^ OINOCRATES SE RÉSOUT A LE FAIRE MOURIR.
Dinocrates ne craignoit rien plus que le délay du temps, pour ce qa*il se doubtoit bien que c'estoit ce qui seul pourroit saulver la vie à Pbilopœmen. Parquoy, pour prévenir toutes les provisions que les Achaïens y pourroient donner ^ quand la nuict feut venue, et que tout le peuple Messenien se feut retiré, il feit ouvrir le caveau, et y feit desvaler Texécuteur de haulte-justice avecques un breuvage de poison pour lui présenter, luy commandant de ne partir d'auprès de luy qu'il ne Teust ben. Or estoit Pbilopœmen, lorsque Texécuteur entra, couché sur un petit manteau; non qu'il eust envie de dormir? .mais bien le coeur serré de douleur, et Tentendement troublé d'ennuy. Quand il veit de la lumière et cest homme auprès de luy, tenant en sa main un goubelet où estoit le breuvage du poison, il se leiva en son séant; mais ce feut à grande peine, tant il estoit foible, et prenant le goubelet, demanda à l'exécuteur s'il avoit rien ouy dire des chevaliers qui estoyent vonus avecques luy, principalement de Lycortas '. L'exécuteur lui feit respoQse que la pluspart s'estoit sauivée. Adoncques il feit un peu de signe de la teste seulement, et en le reguardant d'un bon visage, lui dict : il va bien 3, puis que notts n'avons pas esté malheureux en tout et partout; et sans jamais jecter austre voix ny dire aostre parole, il beut tout le poison, et puis se recoucha comme devant : si ne feit pas sa nature grande résistance an poison, tant son corps estoit débile, ains en feut tantôt estoufifé et esteinct. (Vies des Hommes illustres, Philopœmen.)
1. Toutes les mesures que les Achéens pourraient prendre, afin de sauver Philopœmen. ~ 2. Lycortas, l'ami et le disciple de Philopœmen, devint, après lai, le chef de la ligue achèenne. — 3. Gela va bien, res hetiè se habet.
APPIU8 GLAUDIU8 AU SÉNAT
APRÈS LA BATAILLE D*HÉRACL6e, PYRRHUS FIT OFFRIR AUX ROXAIKS UNS PAIX HONORABLE ET SON AKITIÉ. PLUSIEURS SÉNATEURS INCLINAIENT A TRAITER AVEC Lyi.
Mais Appius Glaudius, personnage notable^ qui en partie pour sa vieillesse, et en partie pour avoir perdu la veue, ne venoit plus au
' sénat, ny ne s'entremettoit plus des affaires publicques, quand il entendit les oftres que faisoit le roy Pyrrhus, et comment le bruict couroit par la ville, que le sénat lui accorderoit les articles de paix qu'il avoit proposés, il ne se peust contenir ; ains se feit porter par ses serviteurs dedans une lictière à bras jusqaes au sénat, à travers la grande place de Rome, là où comme il feut arrivé à la porte, ses gendres et ses enfants le prenant dessoubz les bras, et se mettants à Tentour de luy le conduisirent au dédans. Le sénat feit silence par honneur à Tarrivée d'un si notable et si vénérable personnage, et luy, si tost qu'on Teut posé en sa place, commencea à parler en ceste manière : « Par cy-devant. Seigneurs Romains, je portois fort impatiemment la perte de ma veue^ mais maintenant je vouldrois
. encores estre sourd, aussy bien comme aveugle, quand j'oy dire les lasches et deshonnestes conclusions que vous arrestez en vos conseils, qui sont pour renverser toute la gloire et la réputation de Rome. Car où sont à ceste heure les avantageux propos que vous falziez n'a guëres courir par tout le monde : Que si Alexandre le Grand feust luy mesme venu en Italie du temps que nos pères esioyent en ta fleur de leur aage, et nous en nostre première jeunesse, on ne le chanteroit pas par tout invincible, comme on faict maintenant , ains. seroit demouré par deçà * mort en la bataille^ et par sa mort ou sa fuite auroit augmenté la renommée ou la gloire de Rome? Vous monstrez bien maintenant que tous ces propos-là n'estoyent que vaine vanterie et folle arrogance, veu que vous craignez les Molossiens et Ghaoniens qui tousjours ont esté proye des Macédoniens, et redoublez un Pyrrhus, qui toute sa vie a servi et faict la cour à l'un des satellites et guardes du corps d'Alexandre le Grand 3, et qui maintenant est venu faire la guerre par deçà, non tant pour secourir les Grecs habitants en Italie, que pour fuyr les ennemis qu'il a par delà, vous ofTrant de vous conquérir tout le reste de ritalie avecques une armée, laquelle n'a pas esté suffisante pour luy conserver une petite portion de la Macédoine seulement > : pourtant ne faust-il pas que vous estimiez, qu'en faisant paix avec luy^ vous vous despestrerez de luy, ains plustost que vous en at-
i. Sur ce rivage, de ce côté de l'Adriatique. — 2. Pyrrhus passa plu* sieurs années, en qualité d'otage, à la cour de Ptolémée Soter. — 3. Pyrrhas avait conquis la Macédoine sur Démétrius Poliorcète, et n^avait pas sa la conserver»
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trairez d'antres & vous venir courir suz : car» ils vous auront en inespris, quand ils vous sentiront si faciles à dompter, si vous laissez eschapper Pyrrhus, sans luy faire payer Tamende de Tontraige qu'il vous a osé faire, emportant encores pour son salaire cest advantage sur vous, qu'il aura donné aux Samnites et Taren-/ tins de quoy cy-après se mocquer des Romains. »
Depuis que ces remonstrances d'Appius eurent esté ouyes au sénat, il n'y eut celuy en toute l'assemblée qui n'aimast mieulx la guerre que la paix, et renvoya-1'on Cinéas avecques ceste response : « Que si Pyrrhus desiroit Tamitié et alliance des Romains, il falloit qu'il sortist premièrement de l'Italie, et puis qu'alors il les envoyast rechercher de paix : mais que tant comme il seroit dedans l'Italie en armes, les Romains luy feroient la guerre de toute leur puissance, quand bien il auroit battu et de£faict dix mille tels capitaines comme Lœvinus *. » [Vies des Hommes illustres, Pyrrhus.)
François Rabelais, né en 1483 à Ghinon, fut d*abord cordélier, puis bénédictin. Fatigué du joug de la règle monastique, il quitta le froc pour l'habit de prêtre séculier, et se mit à courir le monde. En 1530, il se fit inscrire sur les registres de la Faculté de médecine de Montpellier. Au commencement de Tannée 1534, et deux ans plus tard en 1536, il accompagna à Rome, en qualité de médecin, le cardinal Jean du Bellay, ambassadeur de France. Revenu à Montpellier, il fut promu au doctorat le 22 m^i 1537. L*année suivante, il exerça la médecine dans plusieurs villes du midi, à Narbonne, à Castres, à Lyon ; il fut néanmoins autorisé à prendre possession du canonicat de Saini-Maur-les-Fossés, que lui avait octroyé le cardinal du Bellay. En 1551, il obtint du cardinal la cure de Meudon. Il mourut en 1553 à Paris. On a de lui quelques travaux sérieux, tels que des éditions de divers traités d'Hippocrate et de Galien. Mais Fouvrage qui a rendu son nom immortel, c'est l'histoire de Gargantua et de Pantagruel^ roman satirique en cinq livres, qui parurent séparément, de 1532 à 1565.
i. Le coûsaJ Lœvinus bsiHa par Pyrrhus k HètacUft.
Première édition des cinq parties réunies : Lyon, Jearr*^ Martin, 1567, in-16 ; les éditions principales depuis 156*/" sont les suivantes : Amsterdam, Elzevier, 1663, 2 vol. petit; in-12; de Le Duchat, 1741, 5 vol. petit in-8; Paris, Louis Janet, 1823, 2 vol. in-8; Paris, Dalibon, 1823-1826, 9 vol. în-8 ; Paris, Charpentier, 1840, gr. in-18 ; Paris, Didot, 1857-1858, 2 vol. gr. in-18, et Paris, P. Janet, 1858, in-16.
L'édition de MM. Burgaud des Marets et Rathery (1870* 1873, 2* édit. 2 vol. in-18) donne un texte rajeuni. L'édition P. Janet, 1867, contient 7 vol. in-12. C'est actuellement , la plus commode à consulter avec les deux suivantes : édition de M. A. de Montaiglon et L. Lacour, 1868, 3 vol. in-8; édition de M. Marty-Laveaux, 1870-1872, 3 vol. petit in-8. On a réimprimé dernièrement les commentaires intéressants de Le Duchat et Le Motteux (édit. Fabre, Niort, 1875 et suiv. in-8).
€ La Vie de Gargantua et de Pantagruel^ dit M. Sainte- Beuve, est une œuvre inouïe, mêlée de science, d'obscurité, de comique, d'éloquence et de haute fantaisie, qui rappelle tout, sans être comparable à rien, qui vous saisit et vous déconcerte, vous enivre, et vous dégoûte, et dont on peut, après s'y être beaucoup plu et l'avoir beaucoup admirée, se demander sérieusement si on l'a comprise. » Sous une gaieté qui va parfois jusqu'à la bouffonnerie et jusqu'à la licence la plus choquante, Rabelais cache une haute raison, un sens profond et hardi. Lui-même nous en avertit : « Vîtes-vous oncques chien rencontrant quelque ' os médullaire? Le chien est, comme dit Platon, la bête du monde la plus philosophique. Si vous l'avez vu, vous avez pu noter de quelle dévotion il le guette, de quel soin il le garde, de quelle ferveur il le tient, de quelle prudence il l'entame, de quelle affection il le brise, et de quelle diligence il le suce. Qui l'induit à ce faire? Quel est l'espoir de son étude? Quel bien prétend-il? Rien plus qu'un peu de moelle... A Fexemple d'icelui vous convient être sages pour fleurer, sentir et estimer ces beaux livres de haute graisse, légers au prochas (à la poursuite) et hardis à la rencontre, puis par curieuse leçon et méditation fréquente, rompre l'os et sucer la scientifique moëWe. »
IIVRE I, GHAPITBE TLXm]
U TEIfBUR PES LETTRES QUE GRAKOGOUSIER E9CRIV0IT ^ GAH'GANTUA ^
la ferveur de tes esUides requeroit que de long temps ne te re- Tocasse de cestuy philosophique repos, si la confiance de nos amis et anciens confédérés n'eust de présent frustré la seureté de ma vieillesse. Mais, puisque telle est ceste fatale destinée que par iceux sois inquiété esquelz plus je me reposois, force m'est te ra{)peUer au subside ^ des gens et biens qui te sont par droit naturel affiés '. Car, ainsi comme débiles sont les armes au dehors si le conseil n'est en la maison, aussi vaine est l'estude, et le conseil inutile, qui, en temps oportun, par vertus n'est exécuté, et A son elTect reduict.
Ma délibération n'est de provoquer, ains d'apaiser; d'assaillir, mais de défendre; de conquester, mais de garder mes féaux sub- .jects et terres héréditaires. Esquelles est hostilement entré Picrochole sans cause ny occasion, et de jour eu jour poursuit sa furieuse entreprise, avec excès non tolerables A personnes libères.
Je me suis en devoir mis pour modérer sa cholere tyrannique, luy offrant tout ce que je pensois luy pouvoir estre en contentement : et par plusieurs fois ay envoyé amiablement devers luy, pour entendre en quoy, par qui et comment il se sentoit oultragé : mais de luy n'ay eu response que de volontaire def fiance ^, et qu'en mes terres pretendoit seulement droit de bien séance. Dont j'ay cogneu 'que Dieu éternel l'a laissé au gouvernail de son franc arbitre et propre sens, qui ne peut estre que meschant, si par grâce divine n'est continuellement guidé : et, pour le contenir en office . et réduire à cognoissance, me l'a icy envoyé à molestes ^ enfreignes. Pourtant >, mon filz bien aimé, le plus tost que faire pourras, ces lettres veues, retourne A diligence secourir, non tant moy (ce, que toutesfois par* pitié naturellement tu doibs) que les tiens, lesquelz par raison tu peux sauver et garder. L'exploit sera fait A moindre effusion de sang qu'il sera possible. Et, si possible est, par engins ? plus expediens 8, cauteles ^, et ruses de guerre, nous sauverons tontes les âmes, et les envoyerons joyeux à leurs domiciles.
Très cher filz, la paix de Christ nostre rédempteur soit avec toy. Salue Ponocratesy Gymnaste et Ëudemon, de par moy. Du vingtiesme de septembre.
Ton père, Grandgousier.
1. Grandgousier, liDjustement attaqué par Picrochole, rappelle son fils Gargantua, qu'il avait envoyé s'instruire à Paris, en compagnie de Ponocrates, son précepteur, de Gymnaste, son écuyer, et d'Eudémon, son page. — 2. Au secours. — 3. Mis sous ta foi, dont tu réponds. — 4. Deffance^ provocation, défi. — 5. Fâcheuses. — 6. Pour cela, Ofc'aX ^wk^<2J\, — 7. Stratagèmes. -^8. Plus avanfilgeax, plus proiila\)\ôa(s!\>x^\^'à ^m^^. - D. Finesses,
VEMOGEOT^ ^
I4XVIIE I. CHAPITRE 3^XXm
COMMENT CERTAmS GOWEimEURS DE PICROCHOLE, PAR CONSEIL PRÉCIPITÉ, Li; MIRENT AU DERNIER PERIL
Gomparure&t devAnt Picrochole les ducs de Menuai^ et comte Spadassin, et luy dirent i Sire, aiijourd'huy nous tous rendons le plus heureux, plus che valeureux prince qui onques fust depuis la mort d'Alexandre Macedo. — GouvreE, couvrez-Tous, dist Picrochole. — Grand mercy, dirent-îlE, Sire; nous sommes à nostre devoir. Le moyen est tel. Vous laisserez icy quelque capitaine en garnison, avec petite bande de gens, pour garder la place >, laquelle nous semble assez forte, tant par nature que par les rem pars faits à rostre invention. Vostre armée partirez ^ en deux, comme trop mieulx Tentendez. L'une partie ira ruer sus ce Grandgousier et ses gens. Par Scelle sera de prime abordée facilement desconiit. Là Recouvrerez argent à tas, car le vilain en a du content. Vilain, disons nous, parce qu'un noble prince n'a jamais un sou. Thesaurizer est tkii dé vilain. '
L^autre partie ce pendant tirera vers Onys, Sanctonge, Angomois, et Gascoigne : ensemble Perigot >, Medoc, et Elanes ^. Sans rcsis- • tence prendront villes, chasteaux, et forteresses. A Bayonne, à Saint* Jean de Luc, et Fontarabie, saisirez toutes les naufz <(, et, costoyant Vers Galice et Portugal, pillerez tous les lieux maritimes, jusques à t}listK>ne «, oà aurez renfort de tout équipage requis h un conqnerent. Par le corbieu Espagne se rendra, car ce ne seront que madourrés ^. Vous passerez par l'estroict de Sibyle, et là érigerez deux cok>mnes plus magnifiques que celles d'Hercules, à perpetnelie me- ; moire de vostre nom. Et sera nommé cestuy destroit la mer Picrocholine.
Passée la mer Picrocholiae, ToicyBarfoerousse qui se rend vostre esclave. — Je, dist Picrochole, le prendray à mercy. — Voire, dirent-ilz, pourven qu'il se face baptiser. Et oppugiterez les royaumes , de Tunts, d'Hippes, Argiere, Bonci €orone, hardiment toute Barbarie. Passant oultre, retiendrez en vostre main Maiorque, Minorque, Sardaine, Gorsicqne, et autres isles de la mer Ligusticque et Baleare. Oostoyant à gauche, dominerez toute la Gaule Narbonrque, Provence, et Atlobroges, Gènes, Florence, Lucques, et à Dieu seas Âonre K Le pauvre monsieur du Pape meurt desjà de peur. — Par ma foy, dist Picrochole, je ne luy baiseray ja sa pantoufle.
Prise ItaKe, voyia Naples, Calabre, ApouUe et Sicile toutes à sac, et Mal^hes avec. Je voudrois bien que les plaisans chevaliers jadis Rhodiens tous résistassent. — J'irois, dist Picrochole, voluntiers à Lorette >. — Aien, rien, dir^it-ik; ce ser« au retour. De là pteur
1. Le château de la fiodie-^iaennaalt, à 5 kilomètres de GhisoD. —
2. Partagerez. •- 8. Le Périgord. — 4^ Les Landes. — 5. Les Mvires. —
â, Ltsbanoe. -^ 7, So% barbares, inal polis {jmk d^lah*). ~ 8. C'en est
fait de Rome. — P. Péieriiiage fameux, Si ai kWomHm îlw i>w^-«X«h5«fcûft.
18 Candie, Gypre, Rhodes, et les isles Oyclades, et donnerons la Morée. Nous la tenons. Saint 1*reignan, Dieu gard Hierusa» , car le Soudan n^est pas comparable à vostre puissance. — Je, 1, feray donc bastir le temple de Salohion? — Non, dirent-ilz, ■es : attendez un peu. Ne soyez jamais tant soudain à vos prises.
ez-vons que disoit Octavian Auguste? Festina (ente, 11 vous ent premièrement avoir l'Asie minor, Carie» Lyeie, Pamphilie, j, Lydie, Phrygie, Mysie, Betune *, Charazie *, Satalie *, Sarie, Castamena, Luga, Savasta, jusques à Euphrates. — > Verlous, dist Picrochole, Babylone et le mont Sinay? — Il n'est, ;-iIz, ja besoing pour ceste heure N'est-ce pas assez tracassé 3ir transfreté * la mer Uircane, chevauché les deux Armenies, trois Arabies?
^ar ma foy, dist-il, nous sommes affoUés. Ha, pauvres gens! oy? dirent-ilz. — Que boirons-nous par ces déserts? Car Julian ^e et tout son ost y moururent de soif, comme Ton dist. — dirent-ilz, avons ja donné ordre à tout. Par la mer Siriace, ivez neuf mille quatorze grandes naufz, chargées des meilleurs lu monde; elles arrivèrent à Japhes *. Là se sont trouvés et deux cens mille chameaux, et seize cens elephans, lesquelz ris à une chasse environ Sigeilmes, lorsque entrastes en Libye, boudant ^ eustes toute la caravanne de Lamecha ? Ne vous rent ilz de vin à suffisance? — Yoire s, mais, dist-il, nous ne tes point frais. — Par la vertu, dirent-ilz, non pas d'un petit n» un preux, un conquerent, un prétendant et aspirant à re univers ^ ne peut tousjours avoir ses aises. Dieu soit loué 3S venu vous et vos gens, saufz et entiers, jusques au fleuve ;re.
iais, dist-il, que fait ce pendant la part de nostre armée qui ifit ce vilain bumeux ^^ Grandgousier? — Ilz ne chomment iirent-ilz; nous les rencontrerons tantost. Hz vous ont pris ;ne, Normandie, Flandres, Haynault, Brabant, Artoys, Hol- Selande : ilz ont passé le Rhein par sus le ventre des Suisses squenets, et part d'entre eux ont dompté Luxembourg, Lorla Ghampaigne, Savoye, jusques à Lyon : auquel lieu ont vos garnisons retournans des conquestes navales de la mer ;rranée. Et se sont reassemblés en Bohême, après avoir mis Soueve, Wuitemberg, Bavieres, Austriche, Moravie, et Stirie. nt donné fièrement ensemble sus Lubek, Norwerge, Sweden, )ace, Gotthie, Engroneland ^^,les Estrelins^*, jusques à la mer e. Ce fait, conquesterent les isles Orchades, et subjuguèrent
thynie. — 2, Le Charax, promontoire de la Chersonèse Taurique. >alalieh, ville de l'Anatolie (Attatia), — 4. Passer une mer ou un [Irons fretum). — 5. Jaffa. — 6. De pWî. — "l. \a ^WJjf^^. —
— 9. Universel. — iO. Buveur, ivro^jne, 4e Kwwt -* VV, '^^^«ûr