Peuple de VEsthom
68 iS£IZIÈM£ SIÈCLE
Escosse, Aogleterre, et Irlande.* De là, nayigans par la mer sabxx^ leuse, et par lea Sarmates, ont vainca et dompté Prussie, Poloni^f Lilh^uanie, Russie, Valachîe, la Transsilvane, Hongrie, Bulgarie, Turquie, et sont à Constantinoble , — Allons nous, dist Picrochole,, rendre à ei^x le plus tost,car je veulx estre aussi empereur ide Trebizonde.
Ne tuerons-nous pas tous ces chiens Tnrs et Mahumetistes? — Que diable, dirent-ilz, ferons-nous, donc? Et donnerez leurs biens et terres à ceux qui vous auront servy honnestement. — La raison, dist'il, l^e veult, c^est équité. Je vous donne la Carmaigne, Surie, et toute Palestine., — Ha, dirent-ilz, Sire, c'est du bien de vous, grand mercy. Dieu vous face bien tousjours prospérer.
Là présent estoit un vieux gentil homme, esprouvé en divers bazars, et vray routier de guerre, nommé Echephron ^ ; lequel oy^ ces propos, dist : J'ay grand peur que toute ceste entreprise sera semblable à la farce du pot au laict; duquel un cordouanier se faisoit riche par resverie; puis le pot cassé, n'eut de quoy disner. Que pretendez-Yous par ces belles conquestes? Quelle sera la fin ^ de tant de travaux et traverses? — Ce sera, dist Picrochole, que nous, retournés, reposerons à nos aises. — Dont, dist Echephron, et si par cas jamais n'en retournez? Car le voyage est long et périlleux. N'est-ce mieux que des maintenant nous reposons, sans nous mettre en ces bazars >?