‹ Textes classiques de la littérature françaiseChapitre 58 sur 232 · Acte I, Scène III. — PAULINE · texte numérisé non relu

Acte I, Scène III. — PAULINE

Je rai vu cette nuit, ce malheureux Sévère, La vengeance à la main, Poeil ardent de colère : Il n'était point couvert de ces tristes lambeaux Qu'une ombre désolée emporte des tombeaux; ' Il n'était point percé de ces coups pleins de gloire Qui, retranchant sa vie, assurent sa mémoire; Il semblait triomphant, et tel que sur son char Victorieux dans Rome entre notre César.

Après un peu d'effroi que m'a donné sa vue : « Porte à qui tu voudras la faveur qui m'est due. Ingrate, m'a-t-il dit, et, ce jour expiré, Pleure à loisir Tépoux que tu m*as préféré. » A ces mots j'ai frémi, mon âme s'est troublée; Ensuite des chrétiens une impie assemblée, Pour avancer l'effet de ce discours fatal, A jeté Polyeucte aux pieds de son rival. Soudain à son secours j'ai réclamé mon père; Hélas ! c'est de tout point ce qui me désespère, J'ai vu mon père même, un poignard à la main, Entrer le bras levé pour lui percer le sein : Là, ma douleur trop forte a brouillé ces images; Le sang de Polyeucte a satisfait leurs rages. Je ne sais ni comment ni quand ils l'ont tué. Mais je sais qu'à sa mort .tous ont contribué.

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