LE PAT8AN MÉDECIN
Un paysan, qui avait épousé la fille d'un chevalier, la battait régulièrement tous les matins. La demoiselle, qui goûtait assez peu ce régime, s'imagine que son mari ne la traite si durement que parce qu'il ne sait point par expérience ce que c'est que d'être battu.
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Fat onques mon mari'batu?
Nennil, il ne sait que coups sont. [monde) -
S'il le séust (s'il le savait) par tout U mont (pour tout au Il ne m*en donast pas itant (autant).
Sur ces entrefaites surviennent deux envoyés du roi qui . cherchent un médecin. La fille du prince est en danger de mort :.une arête s*est engagée dans son gosier. La femme du paysan leur indique son mari, médecin fort hahile, assure -t- elle , mais possédé d'un singulier travers : il n'exerce son talent que malgré lui , il ne guérit que quand il est battu. On va donc chercher le vilain : il refuse d'aller à la cour; on le bat suivant la formule ; il se laisse con-, duirCi Même procédé devant le roi, même résultat : le vilain avoue sous le bâton qu'il possède le talent de guérir. Ses contorsions font si bien rire la princesse malade que Tarête sort de son gosier et qu'elle est guérie en effet.
Après cette cure merveilleuse, le paysan veut retourner à ses moutons, mais tous les malades de la cour et de la ville arrivent au palais pour profiter de sa présence. Sa clientèle grandit; ses épaules s'en aperçoivent. Alors il, invente un procédé pour se délivrer à la fois de tous ses patients. Il allume un grand feu dans la cuisine où il donne ses consultations, et déclare à ses clients rassemblés qu'il De peut les guérir à moins que le plus malade d'entre eux, mis au feu et calciné, ne lui fournisse la poudre dont il a besoin. Tous s'échappent au plus vite et se déclarent radicalement guéris, à la grande satisfaction du roi et de toute la cour.
On voit que ce conte a fourni à Molière l'idée du Médecin malgré lui. ^ /- ^ * f^ >' ut .> J u,