TRADUCTION ET ANALYSE
(Nous ne traduisons que ce qui offre un sens à peu prés certain).
Col. I. (Paul est interrogé au sujet du « roi des Juifs » qu'on a lrainé devant le magistrat). Puis Théon donna lecture d'un édit rendu à ce sujet par Lupus, qui leur ordonnait, avec force railleries, de trainer devant lui le roi de théátre et de mascarade. Alors notre empereur improvisa en ces termes, s'adressant à Paul et aux nôtres : « Voilà donc ce qui se passe au milieu de pareilles batailles. Pendant que moi, dans la guerre dacique... »
lées ensemble. C'est ce qu'a bien reconnu Wilcken qui ne reproduit méme pas la col. X. La col. IX est aujourd'hui complétée par le verso de la bande mentionnée à propos de la col. I.
226 APPENDICE
(venait ensuite la fin de l'improvisation de l'empereur et une réponse des Juifs).
Col. II. César aux Juifs : « J'ai appris .... l'origine de la sédition et de la guerre a commencé... et au sujet d'Anthimos... Il a été établi, devant le prince sous lequel s'éleva cette guerre, que ces faits se sont produits aprés son (?) départ, et qu'on a arraché de la prison et blessé (des Juifs). Pour l'ensemble de ces fails, j'ai pardonné aux Alexandrins, mais les auteurs des violences doivent être recherchés... »
Col. III. (Il semble que les Alexandrins prétendent que les Juifs ont eux-mêmes blessé leurs coreligionnaires, pour faire retomber une accusation calomnieuse sur les Alexandrins). Les Juifs : « Seigneur, ils mentent en parlant ainsi et... » (Réponse de l'empereur qui parait se ranger du côté des Grecs).
Col. IV-V. (Rien de certain.)
Col. VI. Paul: « J'ai, à Alexandrie, un tombeau qui est l'unique objet de mon souci et que je pense occuper bientót. Moi qui m'achemine vers ma tombe, je ne craindrai pas de te dire la vérité. Écoute-moi done, César, comme un homme qui n’a plus qu'un jour à vivre. » — Antonin : « Mon seigneur César, par ta for- Lune, il dit vrai, comme un homme qui n'a plus qu'un jour à vivre. Car, si apres que tant de lettres t'ont été envoyées par (0118: s. qui établissaient comment on avait ordonné aux Juifs implies d'aller s'établir dans un endroit d’où ils ne pourraient plus, à l'improviste, tomber sur notre tres renommée cité et la combattre, si, dis-je, de tant de lettres tu n'en as pas reçu une seule dans tes mains bienfaisantes, comme il appert de tes tres gracieux discours, il est clair que cela a été machiné pour que nous n'ayons aucune preuve des écrits qu'on nous ἃ adressés. » — César : « Qu'on relâche (?) Paul ; quant à Antonin... » (Le reste est fragmentaire) '.
1. Pour le commentaire détaillé de ce texte, je renvoie à mon article de la Revue des Études juives, 1893, XXVII, 70 s. Les Juifs et les Grecs d'Alexaudrie sont en présence devant un empereur romain; les premiers jouent le róle d'accusateurs; Paul, Antonin, Théon sont les principaux Grecs. Les Juils se
PSEUDO-HÉCATÉE 227
Il. — PSEUDO-HÉCATÉE
Sous le nom d'Hécatée d'Abdére (supra, no 9), contemporain de Ptolémée Soter, il circulait deux ouvrages intitulés l'un Περὶ ᾿[ουδαίων (Josèphe, C. Apion, 1, 22 ; Origene, C. Celse, 1, 15), l'autre Περὶ 'A6gapov (Joséphe, An., Il, 7, 2) ou Kx? "A62apov (Clément d'Alexandrie, Strom., V, 14). L'inauthenticité de ce dernier ne fait pas de doute ; celle du premier, déjà soupconnée par Hérennius Philon de Byblos (supra, no 81), est également trés probable: Loutefois il est possible que le Περὶ Ἰουδαίων ait conservé quelques extrails authentiques d'Hécatée ; c'est à ce titre que nous reproduisons ici les fragments de cet ouvrage, La première citation de Pseudo-Hécatée se trouve dans - la Lettre d'Aristée, ouvrage apocryphe qui date de l'an 200 avant J.-C. environ, Cf. en général Schürer, Geschichte, 11, 816 suiv.
A. — Fr. 14 Müller (Josèphe, C. Apion, 1, 22, ὃ 183-205 Niese.
$1. Exazatcs δὲ ὁ ᾿Αὐδηρίτης, ἀνὴρ Hécatée d'Abdere, qui fut à φιλόσοφος ἅμα at περὶ τὰς πράξεις La fois un philosophe et un ἰχανώτατος, ᾿Αλεξάνδρῳ τῷ Basin homme politique très capable,
plaignent : 1» qu'on les ait trausportés de force dans un ghetto (col. VI); 2» qu'on ait maltraité leur « roi » (col. I); 39 qu'on ait extrait de prison el blessé plusieurs Juifs (col. Il). Aux deux premiers chefs les Alexandrins répondent qu'ils n'ont fait qu'exécuter les ordres du gouverneur Lupus (1, VI); quant au troisième, c'est, d’après eux, une calomnie et ce sont les Juifs eux-mêmes qui ont blessé leurs coreligionnaires. Le sens de la décision de l'empereur est incertain. — Wilcken, qui a interverti les rôles du procès et pris Paul, etc, pour des Juifs, identifie Lupus avec le préfet d'Égypte M. Rutilius Lupus (C. 1. G., WI, 4948; Eusèbe, H. E., IV, 2) sous lequel éclata l’insurrection des Juifs de Cyréne et d'Égypte en 116; l'empereur serait Trajan; le « roi de carnaval », le roi des Juifs de Cyréne, Andréas ou Loucouas; ia date de la scène, le printemps 117. Mais il est impossible de concilier les données du papyrus avec les circonstances connues de l'insurrection de 116-7 et le nom ᾿Αντωνεῖνος, qui ne s’est répandu dans le monde grec que sous les derniers Antonins, semble indiquer une date plus récente. Entre plusieurs possibilités, j'incline à placer l'affaire au début du règne de Commode (181). Cet empereur eut à combattre en Dacie dès son avènement (cp. 1, 13), et son prédécesseur Marc-Auréle avail séjourné à Alexandrie en 176 (ep. Il, 5-7). Le « roi des Juifs » n'est sans doute qu'un ethnarque illégalement institué.
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