POMPONIUS MÉLA
Contemporain de l'empereur Claude. Auteur du premier manuel latin de géographie que l'on ait conservé, De situ orbis, en trois livres,
AAA. — De situ orbis, I, 11.
Syria late litora tenet, terras-
que etiam latius introrsus, aliis
aliisque nuncupala nominibus (nam et Cole dicitur, et Mesopotamia, Adiabene, et Babylonia, et Tudaa, et Commagene). Hic Palæstina est, qua tangit Arabas; tum Phoenice; et ubi se Ciliciae committit, Antiochia..... Ceterum in Palestina est ingens et munita admodum Gaza... Est non minor Ascalon; est Lope, ante diluvium, ut ferunt, condita.
et Damascene, et
La Syrie s'étend sur une longue étendue de cótes et plus
loin encore à l'intérieur des terres, où elle est appelée de beaucoup de noms différents :
Coelé-Syrie, Mésopotamie, Damascene, Adiabène, Babylonie, Judée, Commagene. Là' se trouvent aussi la Palestine qui touche à l'Arabie, puis la Phénicie, et à l’endroit où la Syrie confine à la Cilicie, Antioche...
En Palestine?, on trouve Gaza, ville grande et tres fortifiée...
Ascalon, qui n'est pas moins grande, et Joppé, fondée, diton, avant le déluge.
1. Sans doute, le long de la cóte par opposition aux districts intérieurs qui
viennent d'étre énumérés.
2. On voit que pour Pomponius Méla, qui copie des auteurs plus anciens, le nom de Palestine conserve sa signification primitive de pays des Philistins et ne se confond pas avec la Judée, Cf. Auteurs grecs, n» 1 (Hérodote).
AUTEURS LATINS
SÉNEQUE
L. Annaeus Seneca, philosophe et homme d'État, né à Cordoue, vers le commencement de l'ére chrétienne, mort en 65 après J.-C.
8 A». — Fragment du Traité de la superstition (Fragments 41-43, Haase), cité par saint Augustin, De civitate Dei, VI, 10.
Hic inter alias civilis theologiæ superstitiones reprehendit eliam sacramenta Iudeorum et maxime sabbata, inutiliter id eos facere adfirmans, quod per illos singulos septem inlerposilos dies septimam fere partem ætalis suæ perdant vacando et multa in tempore urgenlia non agendo lædantur.
Christianos tamen, iam tunc Iudeis inimicissimos, in neutram partem commemorare ausus est, ne vel laudaret contra su: patrie velerem consuetudinem, vel reprehenderet contra propriam forsitan voluntatem. De illis sane Iudzis cum loqueretur ait : « Cum interim
Celui-ci (Sénèque), entre autres superstilions de la théologie politique ‘, condamne les cérémonies des Juifs et surtout le sabbat, qui est, à ses yeux, une pratiquenuisible, parce que demeurer chaque septième jour sans rien faire, c'est perdre la septième partie de la vie et que bien des intéréls pressants souffrent par cette oisivelé.
Quantaux chrétiens, quiétaient déjà tres hostiles aux Juifs, il n'osa en parler ni en bien ni en mal, ne voulant ni les louer contre la vieille coutume de sa patrie, ni les blàmer peut-étre contre son propre sentiment.
Parlant de ces Juifs il dit : « Ce-
1. Sénèque, comme Varron, distinguait les croyances religieuses en mythi-
ques, physiques et politiques.
2. De bonne heure on a essayé de faire passer Sénèque pour chrétien et il existe méme toute une prétendue correspondance entre le philosophe et
saint Paul.
SÉNÈQUE
usque eo sceleratissimæ gentis consuetudo valuit, ut per omnes iam terras recepta sit; vicli victoribus leges dederunt. »
Mirabatur hzc dicens, et quid divinitus ageretur ignorans, subiecit plane sententiam, qua significaret quid de illorum sacramentorum ralione sentiret.
Ait enim : « Illi tamen causas ritus sui noverunt; maior pars populi facit quod cur faciat ignoral. »
pendant les pratiques de cette nation scélérate ont'si bien prévalu qu'elles sont recues dans tout l'univers : les vaincus ont donné des lois aux vainqueurs *.» Il s'étonneà ce sujet, et, ignorant les secrets de la Providence, ilajoute une phrase destinée à marquer son sentiment sur le principe des cérémonies juives : « Ceux-là du moins connaissent les raisons de leurs rites; mais la plus grande parlie du peuple ne saurail dire pourquoi elle fait ce qu'elle fait?. »
3146. — Épitre 95 (xv, 3), 8 47, Haase.
Quomodo sint di colendi, solet præcipi : accendere aliquem lucernas sabbatis prohibeamus, quoniam nec lumine
On enseigne communément comment il faut adorer les dieux. Défendons d'allumer les lampes le iour du sabbat, parce
1, Cf. plus bas le texte de Rutilius Numatianus où la méme idée est reproduite presque dans les mémes termes. Tout en faisant la part de l'hyper- -bole, notre fragment atteste l'activité et le succès de la propagande juive dans l'empire romain au temps de Sénèque. Il atteste aussi l'hostilité de Sénèque envers le judaïsme, hostilité conforme à la tradition du stoicisme, qui voyait, peut-étre, dans la morale juive,une concurrence à son ambition de diriger les àmes. Cf, Hild, Loc. cit., ΧΙ, 53; 55 suiv.
2. Cette phrase, détachée de son contexte, est obscure. On a cru que lli désigne les prétres juifs, maior pars populi la foule des croyants. Nous croyons plutôt que Sénèque oppose les Juifs en bloc, qui savent pourquoi ils pratiquent cerlains rites, à la masse des superstitieux ignorants qui se contentent de suivre une routine,
264 AUTEURS LATINS
diegentet ne homines quidem les dieux n'ont pas besoin
delectantur fuligine. d'étre éclairés et que les hommes n'aiment pas à senlir la fumée :.