A 60 stades au sud de Jérusalem
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e fonte Paniade, qui cognomen dedit Cæsareæ de qua dicemus. Amnis amœænus el, quatenus locorum situs patitur, ambitiosus adcolisque se præbens, velut invitus Asphaltiten lacum dirum natura petit, a quo postremo ebibitur aquasque laudatas perdit pestilentibus mixtas. Ergo ubi prima convallium fuit occasio, in lacum se fundit quem plures Genesaram vocant, XVI M passuum longitudinis, VI M latitudinis, amwænis circumsæptum oppidis, ab oriente Iuliade et Hippo, a meridie Tarichea, quo nomine aliqui et lacum appellant, ab occidente Tiberiade, aquis calidis salubri.
$ 72. Asphaltites nihil præter bitumen gignit, unde et nomen. Nullum corpus animalium recipit, tauri camelique fluitant; inde fama nihil in eo mergi. Longitudine ex-
naissance dans la source de Panias, qui a donné son surnom à la ville de Césarée dont nous reparlerons'. Le fleuve est agréable et, tant que la nalure du terrain le permet, il forme de nombreux détours et va chercher les riverains comme s'il s'acheminait à contre-cœur vers le lac Asphaltite, d'une nature sinistre, où il finit par s'absorber, perdantseseaux vantées dans le mélange des flots pestilents du lac. Aussi, plus haut, à la premiere occasion que lui offre une vallée fermée, il se jette dans le lac appelé d'ordinaire Génésara, long de 16 milles sur 6 de large, et tout bordé de villes charmantes : à l'est, Julias et Hippos, au midi Tarichéa, qui donne quelquefois son nom au lac lui-méme, à l'ouest Tibériade, aux eaux thermales salubres.
Le lac Asphallite ne produit que du bitume, d'où son nom.
Aucun corps d'animal n'y enfonce, les taureaux et les chameaux méme flottent à la surface : de là la légende qui veut
1. Césarée Panias, capitale de la tétrarchie de Philippe, dont il est reparlé
au $ 74.
cedit C M passuum, latitudine maxuma LXXV implet, minuma VI. Prospicit eum ab oriente Arabia nomadum, a meridie Machærus, secunda quondam arx Iudææ ab Hierosolymis. Eodem latere est calidus fons medicæ salubritatis Callirrhoe, aquarum gloriam ipso nomine præferens.
ἃ 73. Ab occidente litora Esseni fugiunt usque qua nocent : gens sola et in toto orbe preter ceteras mira, sine ulla femina, omni venere abdicata, sine pecunia, socia palmarum.
In diem ex æquo convenarum turba renascitur, largefrequenlantibus quos vita fessos ad mores eorum forlunæ fluctibus agit. Ita per seculorum milia — incredibile dietu — gens ælerna est, in qua nemo nascitur : tam fecunda illis aliorum
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qu'aucun corps ne puisse tomber au fond. N ἀτ. dépasse 100 milles, sa largeur est de 15 au maximum, de 6 au plus étroit. A l'est il est dominé par le pays des Arabes nomades, au sud par Machérous', jadis le second boulevard de la Judée apres Jérusalem. Du méme cóté est une source thermale, utile en médecine, dont le nom Callirrhoé dit assez le mérite *.
A l'ouest du lac demeurent les Esséniens, qui s'écartent assez du rivage pour échapper à ses influences pernicieuses.
Nation unique dans le monde et entre toutes admirable, qui ne renferme point de femmes, qui a renoncé à l'amour, ignore l'usage de la monnaie et vit dans la société des palmiers.
Elle se renouvelle de jour en jour par la foule des nouveaux immigrants, toujours nombreux, que la fatigue de la vie
1. Rapprocher cette description de celles d’Aristote (ne 4), Diodore (n° 35), Strabon (p. 107). On se demande si les « taureaux flottants » de Pline ne résultent pas d'un contre-sens : on a vu que les noms de taureau et de veau étaient donnés par les riverains de la mer Morte aux masses flottantes de
bitume (supra, p. 72).
2. Cette forteresse était siluée non au sud, mais à l'est de la mer Morte. Probablement il faut intervertir, dans le texte de Pline, les mots ab oriente
et a meridie.
3. Sur cette localité, cp. Josèphe, Ant., XVII, 6, 5; B. Ju., 1, 33, 5,
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vitae pænitentia est ! Infra hos Engada oppidum fuit, secundum ab Hierosolymis fertilitate palmetorumque nemoribus, nunc alterum bustum. Inde Masada castellum in rupe, etipsum haud procul Asphaltite.Et hactenus Iudza est.
et les bourrasques de la fortune leur amenent, désireux d'adopter leurs coutumes. Ainsi pendant des milliers de siècles — chose incroyable — une nation vit, éternelle, où il ne naît personne ; tant le dégoût de la vie chez autrui leur tient lieu de
fécondité ‘! Au-dessous des Esséniens fut la ville d'Engada (Engaddi), seconde après Jérusalem? par la fertilité et les bosquets de palmiers, aujourd'hui un second bücher; puis la forteresse de Masada sur un rocher, également voisine du lac Asphaltite *. Ici finit la Judée.