‹ Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsmeChapitre 207 sur 273 · Avril · texte numérisé non relu

Avril

nus, vi lovis pulsus, cesserit regnis. Argumentum e nomine petitur : inclutum in Creta Idam montem, accolas Idaos, aucto in barbarum cognomento, Iudeos vocitari. Quidam, regnante Iside, exundantem per JEgyptum multitudinem, ducibus Hierosolymo ac Iuda, proximas in tlerras exoneratam ; plerique Æthiopum | prolem:

quos, rege Cepheo, metus atque odium mutare sedes perpulerit.

Sunt qui tradant Assyrios convenas, indigum agrorum populum, parte Ægypti politos, mox proprias urbes Hebræasque terras et propiora Suriæ coluisse.

Clara ali Iudeorum initia

Solymos, carminibus Homer!

AUTEURS LATINS

poque où Saturne, chassé par Jupiter, abdiqua ses États. On tire une preuve de leur nom :

le mont Ida est célèbre dans la Créte ; les peuples du voisinage auraientétéappelés/déens, nom qui, augmenté par une corruplion barbare, est devenu Judéens '. Suivant quelques auteurs, sous le regne d'Isis, la multitude qui pullulait en Égypte se déversa sur les terres voisines, ayant pour chefs Hiérosolymus et Juda*. Plusieurs voient dans les Juifs une race d'Éthiopiens que la crainte et la haine forcerent, sousle régne de Céphée, à changer de demeures *. Quelques-uns en font une peuplade d'émigrants assy-

celebratam gentem, condilæ riens, qui, manquant de terres,

1. Cette étymologie ne se rencontre pas ailleurs (c'est à tort qu'on en a rapproché le fr. de Cléodéme Malchus, F. H. G., IIT, 214, et Josephe, Ant. jud., I, 15 init. qui rattachent les Africains à Abraham, par Ophren fils de Madian, ou Aphran fils d'Abraham). En revanche, elle a peut-étre un lien avec la prétendue origine crétoise des Philistins : les Kreti qui font partie de la garde du corps de David (II Sam., xx, 23) sont une tribu de Philistins (I Sam., xxx, 14; Sophonie, 11, 5; Ézéchiel, xxv, 16). Étienne de Byzance (s. v. Γάζα) dit que Gaza s'appelait aussi Μίνῳα et qu'on y adorait le Zeus crétois sous le nom de Μαρνὰς, interprété par Kontayevnc.

2. On a déjà vu que certains auteurs critiqués par Plutarque (De Isid. et Osir., 31) faisaient de Juda et de Hiérosolymos deux fils de Typhon (Auteurs grecs, n? 68).

3. J'ignore l'origine de cette opinion. Les Juifs avaient été rapprochés des Éthiopiens à cause de la pratique de la circoncision qui leur était commune (supra, Auteurs grecs, n*s 1 et 33).

urbi Hierosolyma nomen e suo fecisse.

δ 3. Piurimi auctores consentiunt, orta per /Egyptum tabe, quæ corpora fcedaret, regem Bocchorim, adito Hammonis oraculo, remedium petentem, 'purgare re gnum et id genus hominum, ut invisum diis, alias in terras avehere iussum.

Sic conquisitum collectumque vulgus, postquam vastis locis relictum sit, ceteris per laerimas torpentibus, Moysen, unum exsulum, monuisse ne quam deorum hominumve opem

s'emparérent d'une partie de l'Égypte et bientôt coloniserent en leur propre nom les villes, les terres hébraïques et les régions voisines de la Syrie”.

Selon d’autres enfin, les Juifs ont d'ilustres origines : les Solymes, peuple célebre dans les chants d'Homère, auraient báti une ville qui prit d'eux le nom de Hiérosolyma *.

La majorité des auteurs s'accorde à dire que l'Égypte ayant été infectée d'une lèpre qui souillait les corps, le roi Bocchoris alla consulter l'oracle d'Hammon pour lui demander un remède, et recut l'ordre de purifier son royaume et de transporter en d'autres contrées celte race de malades qui semblait haie des dieux. ,

On rechercha done et l'on rassembla cette cohue et on l'abandonna en des lieux déseris, Là, tandis que tous s'engourdissaient dans les pleurs, Moise, un des exilés, les exhorta

1. Il semble qu'il y ait ici un vague souvenir de l'histoire des Hyesos (Auteurs grecs, n? 10, Manéthon), bien plutót que du récit de Trogue Pompée

(supra, n° 138 δ).

2. Cette opinion est celle de l'interpolateur de Chærilos (Auteurs grecs, n° 3). I n'y a là qu'un véritable calembour qu'on retrouve dans l'emploi fréquent de Σόλυμα, Solyma pour 'IsgosóXvux chez les auteurs grecs et latins de l'époque impériale ; Josèphe lui-même sacrifie à cette étymologie de fantaisie

(Ant, jud., I, 10, 2; VII, 3, 2).

exspectarent, utrisque deserti, sed.sibi, [ut] duci celesti, crederent , primo culus auxilio praesentes miserias pepulissent.

Adsensereatqueomniumignari fortuitum iter incipiunt. Sed nihil eque quam inopiat aquae fatigabat ; iamque, haud procul exilio, totis campis procubuerant, cum grex asinorum agrestium e pastu in rupem nemore opacam concessit. Secutus Moyses, coniectura herbidi soli, largas aquarum venas aperit.

Id levamen, et continuum sex dierum iter emensi, septimo, pulsis cultoribus, obtinuere terras in quibus urbs et templum dicata.

3 4. Moses, quo sibi id poste-

AUTEURS LATINS

à ne plus attendre nul secours des dieux ni des hommes, qui les trahissaient également, mais de se fier à lui comme à un guide envoyé par le ciel et le premier qui eüt soulagé leurs misères présentes. Ils l'écoutent et, ignorants de tout, prennent leur route au hasard.

Mais rien ne les fit souffrir comme le manque d'eau. Déjà, près de périr, ils s'étaient couchés de toutes parts dans la campagne lorsqu'on apercut un troupeau d'ànes sauvages qui, revenant de paitre, fuyaient vers des rochers couverts d'un bois touffu. Moise les suivit, et à l'épaisseur de l'herbe devinant des sources, il découvrit d'abondants filets d'eau, Ce fut leur soulagement; pendant six jours entiers on marcha, le septieme jour ils occupèrent des terres dont ils chassèrent les habitants et y fonderent une ville et un temple '.

Moise, pour mieux s'attacher

1. Dans fout ce paragraphe, Tacite n'a fait qu'abréger le récit de Lysimaque (supra, Auteurs grecs, n° 59; chez Josèphe, C. Apion, 1, 34) quil lisait probablement chez Apion ou Antonius Julianius. L'épisode des ânes sauvages ne se trouve pas dans nos extraits de Lysimaque et d'Apion, mais dérive certainement d'un auteur alexandrin; nous y avons vu, en effet, une allusion chez Plutarque (Auteurs grecs, n° €9, 8 2), Quæst. conviv., IV, 5 : ὡς

wd SU ΄ \ , CES - TOM Ὅνον GE «va ovv TY αὐτοῖς VOXTOZ TIJWGIV,

rum gentem firmaret, novos ritus contrariosque ceteris mortalibus indidit. Profanaillicomnia qua apud nos sacra; rursum concessa apud illos quæ nobis incesta.

Effigiem animalis, quo monstrante errorem sitimque depulerant, penetrali sacravere, cæso ariete, velut in contumeliam Hammonis. Bos quoque immolatur, quoniam /Egyplii Apin colunt. Sue abstinent, memoria cladis qua ipsos scabies quondam turpaverat, cui id animal obnoxium. Longam enim famem crebris adhuc ieiuniis fatentur. Et raptarum frugum argumentum panis iudaicus, nullo fermento, detineiur.

Septimo die otium placuisse ferunt, quia is finem laborum tulerit ; dein, blandienteinertia, septimum quoque annum igna-

à l'avenir la nation, institua de nouveaux rites, opposés à ceux de tous les autres mortels. Là tout ce que nous révérons esl en horreur; en revanche tout ce qui est impur chez nous est permis ᾿.

L'image de l'animal, dont la piste leur indiqua l'eau et le chemin, est consacrée dans leur sanctuaire?. Ils sacrifient le bélier, comme pour insulter Hammon, et le bœuf parce queles ÉgyptiensadorentA pis?.

Iis s'abstiennent du porc en souvenir de la lèpre qui les souilla jadis et à laquelle cet animal est sujet*. Leurs jeünes fréquents sont un aveu de la longue famine qu'ils éprouverent autrefois. Et le pain juif, sans levain, garde le souvenir des grains qu'ils volerent*.

On dit qu'ils adoptèrent le repos du septième jour, parce que c'est ce jour qui mit fin à leurs miseres^; ensuile, flatlés par

Page 1