‹ Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsmeChapitre 209 sur 273 · Souvenir d'Apion, ne 63 B, ou de Trogae Pompée, p · texte numérisé non relu

Souvenir d'Apion, ne 63 B, ou de Trogae Pompée, p

vi datum. Alii honorem eum Saturno haberi, seu principia religionis tradentibus Idæis, quos cum Saturno pulsos et conditores gentis accepimus, seu quod de septem sideribus, quis tres] mortales reguntur, altissimo orbe et præcipua potentia stella. Saturni feratur, ae pleraque cælestium vim suam et cursus seplenos per numeros compleant.

$5. Hiritus, quoquo modo indueti, antiquitate defenduntur; cetera instituta sinistra, fæda, pravitate valuere. Nam pessimus quisque, spretis religionibus patriis, tributa et stipes illuc congerebant : unde auctæ Iudeorum res, et quia apud eosfidesobstinata, misericordia in promptu. Sed adversusomnes alios hostile odium. Separati epulis, discreti cubilibus, pro-

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la paresse, ils donnèrent aussi à l'oisiveté la septième année'.

D'autres disent que c'est un honneur rendu à Saturne, soit parce que les principes de leur religion leur ont été transmis par les Idéens qui, dit-on, protégèrent l'exil de Saturne et furent la lige de cette nation; soit parce que des sept planètes qui régissent la destinée des mortels, Saturne est celle dont la sphère est la plus élevée et la puissance la plus grande, et parce que la plupart des corps célestes achèvent leur révolution dans des périodes septénaires.

Ces rites, quelle que soit leur origine, s'excusent par leur antiquité; leurs autres institutions, sinistres, honteuses, n'ont prévalu que par leur perversité mème. La lie des peuples voisins, méprisant la religion de leurs pères, vinrent apporter chez eux leurs tributs et leurs offrandes. Ainsi s'aecrutla prospérité des Juifs, outre qu'ils ont entre eux un altachement

|. C'est la première et unique mention, dans la littérature paienne subsislante, de l'année sabbatique; mais cette institution avait déjà été décrite, et méme décrite de travers, par l'auteur (Posidonios ?) que transcrit Josèphe, Ant., XIII, 8, 1 (= B. Jul., Y, 2, 4). Cf. Schürer, I, 30.

iectissima ad libidinem gens, alienarum concubitu abstinent ; inter se nihil illicitum. Circumcidere genitalia instituerunt, ut diversitate noscantur. Transgressi in morem eorum idem usurpant; nec quidqam prius imbuuntur quam contemnere deos, exuere palriam, parentes, liberos, fratres, vilia habere.

Augendæ tamen multitudini consulitur; nam et necare quemquam ex agnatis? nefas animosque prelio aut suppliciis peremptorum ælernos putant :

hine generandi amor et morien-

obstiné, une commisération active, qui contraste avec la haine implacable qu'ils portent au reste des hommes. Jamais ils ne mangent, jamais ils ne couchent avec des étrangers, et cette race, quoique très portée à la débauche, s’abstient de tout commerce avec les femmes étrangères". Entre eux, en revanche, rien d'illieite. [ls insütuérent la circoncision pour se reconnaitre par ce signe distinclif?. Ceux qui adoptent leur religion observent les mêmes usages. La première instruction qu'on leur donne, c'est de mépriser les dieux, d'abjurer la patrie, d'oublier parents,frères, enfants.

Pourtant ils ont grand soin de l'aceroissement dela populalion. Ils regardent comme un crime de tuer un seul des enfants qui naissent; ils croient immortelles lesàmes de ceux qui meu-

1. Ce tableau de la misozénie des Juifs et de leur étroite solidarité reproduit des traits que nous avons signalés chez tous les polémistes alexandrins et rhodiens depuis Manéthon et Posidonios. Seule l'aecusation de libertinage parait nouvelle, M. Hild rapproche avec raison les accusations semblables portées contre les chrétiens, p. ex. Justin Martyr, Dial. e. Tryph., 16.

2. ll est assez remarquable que Tacite n'attribue pas à la circoncision une

origine égyptienne;

3. On a déjà signalé cette observation chez Hécatée, ὃ 9, et Josèphe, C. Apion, 11, 8 203 Niese. Au lieu de agnatis du manuscrit, Juste Lipse écrit

natis.

di contemptus. Corpora condere quam cremare e more /Egyptio, eademque cura et de infernis persuasio, cælestium contra :

Ægyptii animalia effigiesque composilas venerantur, Iludæi mentesolaunum-

pleraque

que numen intelligunt; profanos, qui deum imagines mortalibus materiis in species hominum effingant; summum illud et aeternum neque imitabile, neque interiturum. Igitur nulla simulacra urbibus suis, nedum templis, sistunt; non regibus hec adulatio, non Cæsaribus honor. Sed quia sacerdotes eorum tibia tympanisque concinebant, hedera vinciebanlur, vitisque aurea in templo reperta, Liberum patrem coli, domitorem Orientis, quidam arbitrati sunt, nequaquam congruentibus institutis; quippe Liber festos lætosque ritus posuit, [udæo-

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rent danslescombats ou les supplices; delàleuramour d’engendrer et leur mépris de la mort.

Ils ont emprunté aux Égyptiens l'usage d'ensevelir les corps au lieu de les brüler; ils prennent aussi des morts le méme souci que ce peuple et partagent ses croyances au sujet des enfers; celles sur la divinité sont toutes différentes. Les Égyptiens adorent la plupart des animaux et des images fabriquées; les Juifs concoivent par l'esprit seul le Dieu unique qu'ils réverent. Ils regardent comme des impies ceux qui avec des matières périssables faconnent des figures de divinités à l'image des hommes. Leur Dieu est un être suprème et élernel qui ne peut ni s’imiter ni périr?. C'est pourquoi ils ne tolèrent aucune statue dans leurs villes et, à plus forteraison, dans leurs temples ; ils n'admettent point cette adu-

1. Ce témoignage en faveur de la croyance à l'immortalité (des âmes privilégiées) mérite d'étre remarqué. Il est certain que cette croyance était répandue chez certaines sectes juives (p. ex. les Esséniens, B. Jud., Il, 8, 11) et

se trouve dans différents écrits de Juifs hellénisés :

Sagesse de Salomon,

IVe livre des Macchabées, Philon ; mais il est fort douteux qu'à l'époque de ? ?

Tacite elle eût pénétré dans la généralité de la nation. Remarquer aussi la

prétendue identité des croyances juives et égyptiennes au sujet des en-

fers.

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