Au commencement de
de l'étouffer et livra différents combats dans lesquels il fut le plus souvent battu. Cestius mort de maladie ou de chagrin!, Vespasien, envoyé par Néron, servi par sa fortune, sa renommée et d'excellents lieutenants, parvint en deux étésà soumettre avecson armée victorieuse toutle plat pays et toutes les villes, excepté Jérusalem '.
L'annéesuivante”, occupée tout entière à la guerre civile, se passa sans aucune entreprise du côté des Juifs. Mais l'Italie pacifiée, les soucis extérieurs reparurent. On s'indignait surtout que les Juifs seuls n'eussent pas mis bas les armes. En outre, il semblait à propos de laisser Titus à la téte des armées, pour qu'il püt parer à tous les événements et tous les hasards d'un nouveau regne.
ll vint donc placer son camp, comme nous lavons dit, de vant les murs de Jérusalem et montrer à l'ennemi ses légions en bataille. Les Juifs rangerent leurs troupes au pied méme des murs, ayant la fa-
2, Les campagnes de Vespasien occupent principalement l'été 67 et le
printemps 68, 3. À partir de juillet 69.
in eos eques cum expeditis cohortibus ambigue certavit. Mox cessere hostes et sequentibus diebus crebra pro portis prolia serebant, donecassiduis damnis intra menia pellerentur. Romani ad oppugnandum versi; neque enim dignum videbatur famem hostium opperiri; poscebantque pericula, pars virtute, mulli ferocia et cupidine praemiorum. Ipsi Tito Roma et opes voluptatesque ante oculos; ac ni stalim Hierosolyma conciderent, morari videbantur.
Sed urbem, arduam situ, opera molesque firmaverant, quis vel planasatis munirentur. Nam duos colles in immensum editos claudebant muri per artem obliqui aut introrsus sinuati, ut latera oppugnantium ad ictus patescerent. Extrema rupis abrupta, et turres, ubi mons iuvisset, in sexagenos pedes,
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culté de s'avancer plus loin si le sort leur était favorable, et sürs d'une retraite s'ils étaient repoussés. On envoya contre eux de la cavalerie et des cohortes légères ; le combat fut indécis. Bientôt l'ennemi se replia etles jours suivants il y eut de fréquents engagements devant les portes, jusqu'à ce que les Juifs eussent été forcés par des pertes continuelles à se retirer derriere les murailles. Les Romains s'occupérent alors de préparer l'assaut. Attendre que l'ennemi füt réduit par la famine leur semblait indigne d'eux ; ils demandaient des dangers, les uns par valeur, beaucoup par amour du sang et du butin. Pour Titus, il voyait Rome, ses richesses et ses plaisirs, qui, si Jérusalem ne tombait pas immédiatement, lui semblaient trop différés.
Mais la ville, bâtie dans une assielle très forte, était encore défendue par des ouvrages et des remparts qui, méme dans la plaine, l'eussent rendue respectable. Il y avait deux collines, extrémement élevées, enlourées d'un mur artistement construit dessinant des courbes et des rentrants, qui mettaient
inter devexa in centenos vicenosque attollebantur, mira specie, ac procul intuentibus pares.
Alia intus moenia regie circumiecta, conspicuoque fastigio turris Antonia, in honorem M. Antonii ab Herode appellata.
8 12. Templum in modum arcis, propriique muri, labore et opere ante alios ; ipsæ porticus, quis templum ambibatur, egregium propugnaculum. Fons perennis aqua, cavati sub terra montes, et piscina cisternæque servandis imbribus. Præviderant conditores, ex diversilate morum, crebra bella : inde cuneta quamvis adversus longum obsidium ; et a Pompeio expugnalis melus atque usus
le flanc de l'assaillant à découvert de tous cótés. Ces murs portaient sur un rocher taillé à à pic; des tours s'élevaient, hautes de soixante pieds sur les éminences de la montagne, de cent vingt pieds sur les dépressions"; elles étaient d'un aspect admirable et, vues de loin, semblaient toutes pareilles. D'autres fortifications étaient báties en dedans, autour du palais, entre lesquelles se distinguait par sa hauteur la tour Antonia, ainsi nommée par Hérode en l'honneur de Marc Antoine *.
Le temple lui-méme était une espece de citadelle, ayant une enceinte particulière, plus forte et plus achevée que les autres ouvrages ; les portiques mêmes qui régnaient autour du temple formaient une excellente défense. Il y avait une fontaine intarissable, de vastes souterrains sous la montagne, des piscines et des cilernes pour garder leau des pluies. Les fondateurs avaient
1. Joséphe (B. Jud., V, 4, 3) évalue la hauteur des tours à 20 coudées, soil 30 pieds, auxquels il faut ajouter la hauteur du mur lui-méme évaluée au
méme chiffre (ib., 2) :
Tacite.