Pline, XII, 115-118 (p
SOLIN
89. Interiora Iudze& occidentem quz contuentur Esseni tenent, qui memorabili disciplina recesserunt a ritu gentium universarum, maiestatis, ut reor, providentia ad hunc morem destinati. Nulla ibi femina : venere se penitus abdicaverunt.
Pecuniam nesciunt; palmis victitant.
$ 10. Nemo ibi nascitur nec lamen deficit hominum multitudo. Locus ipse addictus pudicitiæ est : ad quem plurimi licet undique gentium properent, nullus admittitur, nisi quem castitatis fides et innocentiæ meritum prosequatur :
nam qui reus est vel levis culpé, quamvis summa ope adipisci ingressum velit, divinitus submovetur.
la substance se dissout en une poussière insaisissable *.
La partie intérieure de la Judée qui regarde l'occident est habitée par les Esséniens, qui, soumis à une discipline mémorable, ont rompu avec les coutumes de l'humanité tout entiere, prédestinés, je pense, à ce genre de vie par la providence divine (?). Là point de femme; ils ont renoncé absolument à l'amour. Ils ignorent l'usage dela monnaie, et vivent du produit des palmiers.
Dans ce pays personne ne vient au monde, et pourtant la population ne tarit pas. L'endroitlui-méme est consacré à la pudeur : quoique de tous les paysles hommes y affluent, nul n'est admis s'il ne se présente sous uneréputation bien établie de chastetéet d'innocence. Quiconque a commis la faute la plus légère, quelque effort qu'il fasse pour obtenir l'entrée, est écarté au nom de la divinité”.
1. Cp. Tacite, Hist., V, 7 (supra, p. 312) et Strabon (Posidonios), XVI, 2, 44, ainsi que Josephe, B. Jud., IV, 8, 4, dont la description des « fruits de Sodome » présente de l'analogie avec notre texte. Solin (qui est seul à mentionner Gomorrhe) n'a cependant copié aucun de ces auteurs; on ignore quelle est ici sa source, Il a été copié à son tour par Saint Augustin, Civ, Dei, XXI, 5, 1.
2. Ce dernier renseignement est nouveau; le reste vient de Pline, V, 73
(supra, p. 272-3).
Ita per immensum spatium seculorum, incredibile dictu, æterna gens est cessantibus puerperiis.
$ 12. Engada oppidum infra Essenos fuit, sed excisum est.
Veruminclitis nemoribus adhuc durat decus lucisque palmarum eminentissimis nihil vel de evo vel de bello derogatum.
Iudææ terminus Massada castellum.
AUTEURS LATINS
Ainsi, à travers une suite infinie de siecles, chose incroyable, une nation vit, éternelle, où les accouchements sont chose inconnue.
La ville d'Engada se trouvait au-dessous des Esséniens, mais elle a été détruite. Quant à ses bois célèbres, ils conservent encore leur éclat : ces bosquets de palmiers superbesn'ontsouffert ni des années, ni de la guerre. La forteresse de Mas-
sada marque la fin de la Judée.
HISTOIRE AUGUSTE
On désigne sous ce nom un recueil de biographies des empereurs depuis Hadrien jusqu'à Numérien (117-284 ap. J.-C.). Les manuscrits attribuent les différentes biographies à six auteurs : Ælius Spartianus, Vulcatius Gallicanus, Trebellius Pollio, Flavius Vopiscus, Ælius Lampridius, Iulius Capitolinus. Les trois premiers ont vécu sous Dioclétien et ont surtout puisé dans l'ouvrage perdu de Marius Maximus (sous les Sévère), continuateur de Suétone. Les trois derniers sont contemporains de Constantin, Les questions relatives à l'attribution des différentes biographies, à l'authenticité des documents reproduits et à la formation du recueil actuel sont encore loin d'étre résolues, Édition H. Peter, Leipzig, 1884.
1958. a. — Hadrianus (par Spartien), c. 5.
Adeptus imperium... tenendæ per orbem terrarum paci
Parvenu à l'empire?... (Hadrien) s'oecupa de rétablir la