‹ Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsmeChapitre 42 sur 273 · DIOS · texte numérisé non relu

DIOS

Historien d'époque inconnue, connu seulement par Josèphe. On l'a parfois identifié avec un Ælius Dios (?), auteur d'un ouvrage sur Alexandrie. On ne sait pas non plus exactement s'il vivait avant ou après Ménandre, l'ordre des citations des deux auteurs étant inverse dans les deux ouvrages de Josèphe. Il avait écrit une Histoire de Phénicie. Fragments chez C. Müller, Frag. hist, graec., IV, 397 suiv.

LS. — Fr. 2 Didot chez Josèphe, C. Apion, I, 17, 8 112-115 Niese (= Ant. jud., VIII, 5, 3).

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ἐμοῦ συγχείμενος ὁ περὶ τῶν map τοὶς Τυρίοις γραμμάτων; παραθήσομαι μάρτυρα Δῖον ἄνδρα περὶ τὴν Φοινιxu ἱστορίαν ἀχριόῇ γεγονέναι πεπιστευμένον. Οὗτος ταῖς περὶ Φοινίχων ἱστορίαις γράφει τὸν

kj ᾽ - ^ $ 2. « ᾿Αδιθάλου τελευτήσαντο

Q U!9S αὐτου Εἰἴρωμος EOXGLAEUGEY.

/ ' x M 2 € A A , , Διὸς τὸ ἱερὸν xal! Exuro ὃν ἐν νήσῳ

Pour montrer que ce que j'ai raconté des annales tyriennes n'est pas dà à mon invention?, j'invoquerai le témoignage de Dios, auteur d'une Histoire de Phénicie que l’on considère comme très exacte.

Cet historien s'exprime en ces termes :

« A la mort d'Abibaal, son fils Hiróm devint roi. Ce prince augmenta par des levées de terre la région orientale de la ville, agrandit la cité, rattacha à la ville, en comblant

1. Cf. aussi Théophile, Ad Autol., Ill, 22 ; Eusèbe, Chron., 1, p. 215, Schóne ; et Syncelle, p. 343, Bonn.

2. Josèphe vient de dire : 1° que les annales de Tyr, rédigées et conservées avec grand soin, rapportaient l'édification du temple de Jérusalem cent quarante-trois ans et huit mois avant la fondation de Carthage ; 2° que les Tyriens avaient conservé une grande parlie de la correspondance échangée entre Hiram et Salomon (il s'agit sans doute des lettres forgées par le juif Eupolémos ; cf. Eupolémos, fr. 18).

E x LINE EX PR ἐγχώσάς τὸν μεταξὺ τόπον συνῆψε τῇ λ

8 3. « Τὸν δὲ τυραννοῦντα "legc-

τὸν Εἰἴρωμον αἰνίγματα nat map αὐτοῦ

διαχρῖναι τῷ λύσαντι χρήματα AT τίνειν. “Ομολογήσαντα δὲ τὸν Εἴρω- Joy χαὶ yr; δυνηθέντα λῦσαι τὰ αἰνίγματα, πολλὰ τῶν χρημάτων εἰ Εἴτα δι ’A

l'intervalle qui l'en séparait, le temple de Jupiter Olympien' jusque-là isolé dans son îlot, et orna ce temple d'offrandes en or; il monta aussi dans la montagne du Liban et y fit des coupes de bois pourla réfection des temples*.

« On dit que le tyran de Jérusalem, Salomon, envoya des énigmes à Hirôm et le pria de lui en adresser en retour, en convenant que celui qui ne trouverait pas les réponses payerait de l'argent à l'autre.

Hiróm accepta la proposition et n'ayant pas pu deviner les énigmes dut payeruneforte amende. Ensuite, parle moyen d'un Tyrien nommé Abdémon,nonseulement il devinales énigmes de Salomon mais il lui en adressa d'autres que celui-ci ne sut pas résoudre; Salomon dut en conséquence payer en outre de fortes sommes à Hiróm*, »

1. Cette expression, comme l'a fait remarquer M. Renan (Mission de Phénicie, p. 559), dénote un auteur postérieur à Antiochus Épiphane. L'ilot où était situé ce temple devait ètre situé au sud-ouest de l'ile principale.

2. L'ensemble du paragraphe s'accorde avec le texte de Ménandre, mais

Dios n'a pas copié celui-ci ;

les deuxauteurs ont puisé aux mémes sources.

3. Ici encore les deux récits diffèrent : suivant Ménandre, c'est le fils d'Abdémon qui devine les énigmes; suivant Dios, c'est Abdémon lui-même. En outre, Ménandre ne parle pas des premiers succès de Salomon. On dirait presque que Dios a « contaminé » une version juive et une version tyrienne

de l'anecdote.

MNASÉAS DE PATRAS 19

MNASÉAS DE PATRAS

Ou de Patara, disciple d'Ératosthène (276-195 av. J.-C.), vécut probablement au ue siècle avant J.-C, Polygraphe sans critique, il avait écrit une Périégèse (Europe, Asie, Libye) où il sacrifiait beaucoup au goüt du merveilleux et à l' « evhémérisme », Fragments chez C. Müller, Frag. hist. graec., Ill. 142-158.

3 9. — Chez Josèphe, C. Apion, M, 9 (éd. Niese).

Rursumque tamquam piissimus deridet (Apron, templum Iudaeorum) adjiciens fabulae suae Mnaseam '. Aitenim illum retulisse, dum bellum Iudaei contra Idumaeos * haberent lon-

Apion continue, en jouant le dévot, à railler (le temple des Juifs) et ajoute à ses fables le témoignage de Mnaséas. Cet auteur raconte, à l'en croire, qu'il y a très longtemps,

go quodam tempore, in aliqua civitate Idumaeorum, qui Dorii nominantur, quemdam eorum qui in ea Apollinem colebat venisse ad Iudaeos, cujus hominis nomen dicit Zabidon, deinde qui eis promisisset tra-

les Juifs et les Iduméens étant en guerre, dans une certaine ville des Iduméens appelée Dora?, un homme attaché au culte d'Apollon vint trouver les Juifs : il s'appelait Zabid.

Cet homme leur promit de leur

1. Les mss. ont MNAFEAM, que les premiers éditeurs ont corrigé en inania facta. La lecon Mnaseam est due à Niese, Cette conjecture parait être aulorisée par le texte de C. Apion, I, 23, 8 216, qui énumère Mvzoé»s parmi les historiens grecs qui ont parlé des Juifs. Cf, aussi Ant. jud., I, 3, 6, où Mnaséas est eité parmi les témoins du déluge.

2, Les mss. ont ludaeos, Iudaeorum. La correction est due à Hudson.

3. Josèphe fait observer avec raison que Dora (à 8 milles au nord de Césarée) n'a jamais été située en Idumée : c’est une ville phénicienne. Le culte d'Apollon n'apparait pas sur les monnaies de cette ville, mais peut y avoir été introduit par les Séleucides (Schürer, Geschichte, V, p. 15).

diturum se eis Apollinem deum Doriensium venturumque illum ad nostrum templum, si omnes abscederent; et credidisse omnem multitudinem Iudaeorum. Zabidon vero fecisse quoddam machinamentum li.

gneum et circumposuisse sibi, etin eo tres ordines infixisse lucernarum, et ita ambulasse ut procul stantibusappareret, quasi stellae per terram τὴν πορείαν ποιουμένων * τοὺς μὲν ᾿Ιουδαίους ὑπὸ

ES

ς τὸν ναὸν παρελθεῖν xot τὴν χρυσὴν

livrer Apollon, le dieu de Dora, qui se rendrait lui-méme à leur temple, à condition qu'ils s'éloigneraient tous de la ville. Toute la multitude des Juifs le crut sur parole. Cependant Zabid fabriqua une machine de bois dont il s'enveloppa et où il fixa trois rangs de lumieres; ainsi équipé, il se mit en marche, ayant de loin l'apparence d'une constellation qui voyageraitàtravers la terre.

Les Juifs, frappés de stupeur par ce spectacle étrange, restèrent à distance et se tinrent cois; Zabid arriva tranquillement jusqu'à leur temple, enleva la téte d'or du baudet (c'est ainsi qu'il s'exprime en faisant le plaisant) et retourna promptement à Dora.

1. Nous retrouverons plus loin la fable du culte d'une tête d’âne par les Juifs; répétée par Apollonios Molon ou Posidonios, Damocrite, Apion, Tacite, elle fut plus tard appliquée aux chrétiens (Tertullien, Apol., 16; Ad. nation., I, 11; Min. Felix, Octav., 9). Cf. Roesch, Caput asininum, dans Studien und Kritiken, 1882, p. 523 sq. Le récit de Mnaséas, si c'est bien de lui qu'il s'agit, est le plus ancien témoignage de cette fable, et la mention de la ville de Dora semble indiquer qu'elle a pris naissance en Phénicie ou chez les Philistins; peut-étre y a-t-il dans ce récit un vague souvenir de la capture de l'arche par les Philistins (I Samuel, v-vr). Voir un autre mythe philistin chez Mnaséas, fr. 32. Pour la pratique d'évoquer ou de voler les dieux d'une ville ennemie, cf. Hérodote, VI, 83; Macrobe, III, 9, et autres textes commentés par Fustel de Coulanges, Cité antique, 6° éd., p. 179.

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