‹ Textes persans relatifs à la secte des HouroûfîsChapitre 37 sur 56 · CHAPITRE I. [Sij> *L' d · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. [Sij> *L' d

Fadhl est le nom du fondateur de cette religion secrète. Il est persan et éranien d'origine. Il est d'Esterâbâd , ainsi que le fameux vi->y> ^J^.y^ ^-j^-^» 1^ savant commentateur d'Al-Idji. Il fut contemporain de Seyyid Chérîf et du célèbre dogmatique j.î^Uàj qjJ^I vAjlu, qui est le commentateur du

^J:à^ (A-jLac, le catéchisme des musulmans orthodoxes. Tous vécurent sous Tîmour-i-Leng. aUI J^-a^-s qui était un de ces types si bien étudiés par le prof. Lombroso, proclama sa divinité en l'an 800 de l'hégire. J'ai recueilli une anecdote qui se rapporte à cette date et l'explique même un peu. Le prophète Mohammed avait dit: Je suis le premier homme qui a prononcé le dhad {jo; et il a voulu dire par là que c'est lui qui en a précisé la prononciation exacte et Koraïchite, lui qui l'avait différencié de la lettre ^ etc. Mais Fadhl, qui était singulièrement visionnaire, y crut voir une prophétie justifiant sa mission divine, car il croyait lire son nom dans le Kor'ân chaque fois qu'il rencontrait des mots et des locutions comme celles-ci: liUô *iît J^.j>2à. Il eut une idée: le ijo d'après le i-X-s^J v jL*>-> équivaut à 800, et c'était justement en l'an 800 de l'hégire qu'il eut cette merveilleuse conception. Alors il se proclama Dieu et fonda une religion cabalistique que nous étudierons dans tous ses détails.

Les prétentions de Fadhl ayant fait beaucoup de bruit.

le terrible Tamerian le fit saisir, le jugea, puis le fit décapiter et l'on jeta son corps aux chiens, sa tête à l'égout. Tout ceci s'est passé dans la ville de xJL^t. C'est tout ce que les biographes et les critiques nous disent à propos de Fadhl. N'ayant pas assez de place, je me dispense de les citer textuellement ici. [Voyez surtout le ^cJO:p! ^^ j^A^Î .y de «ot^ i c^^'»/ ^^c., page 19 et suivantes]. J'ai pu — grâce à des manuscrits inconnus du public — trouver quelques renseignements utiles sur la vie de cet homme et les circonstances de son exécution. J'ai appris qu'il a passé quelques années à Bakou. Son plus célèbre apôtre (le vrai saint Paul du houroûfisme !), le scheïkh excellent (Jvc'bJ! J^ nous l'apprend par ces vers: (')

C'est encore lui qui nous apprend que le bourreau de son Maître était l'Emir de oîj^ et se nommait x-i.U qu'il qualifie de j^yt-Lo, et maudit Hérât. Il nous dit que cet Emir était ivre pendant qu'il a tué J>jaxs'; il avoue avec un serrement de cœur que lui-même était dans le même état, et ce fut son bavardage imprudent qui accéléra la catastrophe de la religion et causa le martyre de son Maître. Il nous dit aussi que J-^isj avait enseigné en Perse également, et que, ridiculisé à Tabrîz, il fut obligé de quitter cette ville, etc.

C'est bien assez de Fadhl! Commençons par exposer ses principes; tâchons de nous initier aux secrets de sa religion.

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(1) Je possède trois œuvres originales de ce scheïkh qui a propagé en Turquie la religion nouvelle. C'est lui qui a substitué le houroûfisme au Belctâchisme, qui par sa nature corrompue était déjà depuis bien longtemps prédisposé à la fermentation spirituelle!

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