CHAPITRE X
Les dissidents.
#3 朱 Yâäng-tchou, 5e-4e siècle.
Tout ce qu'on sait de Yäng-tchou, c'est qu'il prècha l’égoïsme systématique. « Yäng-tchou ne connut que soi. Il ne se serait pas arraché un poil, pour le bien de l'empire. C'est là rejeter toule au-
torité. »
C'est rejeter toute charité, cela est évident. C'est aussi rejeler toute autorité, car c'est refuser tout service, le service élant pour le bien de celui qu'on sert. C'est dans ce sens que Mencius l'entend.
Æ À Méi-ti, 5e-6e siècle.
Méi-ti précha la charité universelle. « Il se serait volontiers laissé racler tout le corps, pour le bien de l'empire. » 11 s'enflamma si bien pour son sujet, qu'il en vint à effacer tous les degrés dans la charité, et exigea que l'on fit pour tous les hommes, sans cexcep-
tion, autant que pour ses parents. «C’est là renier ses parents. v
Puisqu'on réduit ces parents au rang d'étrangers, en ne les traitant pas mieux que les étrangers, en traitant les étrangers aussi bien qu'eux. C'est Mencius qui raisonue ainsi. 一 Nous avons vu que Confucius prescrit aussi d'aimer tous les hommes (page 141), mais dans l’ordre des degrés naturels. Da plus la charité confucianiste plutôt thévrique, est froide au point Je vitupérer et de proscrire la pratique de la bien‘aisance généralisée, du dévouement actif, comme l'entenmdent les chrétiens. Invenlée, il y a de cela une quinzaine d'années, par quelques lettrés, la théorie qui fait du christianisme une renaissance de la doctrine de Méi-ti, est maintenant généralement admise par la caste. Jésus fut le Méi-ti de l'Occident, disent les journanx, les tracts, toute la littérature moderne.
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