‹ Textes philosophiquesChapitre 24 sur 356 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

UE # la Grande Régle.

Quoique mutilée et remaniée, cette pièce des Anuales mérite une mention spéciale, et à cause de son histoire, et à cause de son importance. Descendue en droite ligne de Yéo, Choünn, U le Grand, elle prétend être, et est peut-être vraiment le résumé systématique de la sagesse des siècles qui précédérent les Tcheüu. Elle fait transition entre la première et la deuxiëme période. Son contenu peut remonter au 23e siècle (2278). Sa rédaction date du 12 siécle (1122). Elle est vénérée par les Lettrés comme un texte sacré. On l'appelle Grande Règle,-parce qu’elle est censée contenir les principes de solution de tous les cas sublunaires possibles.

RTHHAFERLEÉRBANRSEME 奖 . 治 天 下 之 大 法 也 , 故 以 洪 移 名 篇 .

Pousse par le souci de complaire au Ciel dont il est devenu ie mandataire, le fondateur de la nouvelle dynastie Tcheôu, l’empereur Où, consulte le sage vicomte de A%, oncle du défunt tyran Tcheôu-sinn. 11 voudrait bien se l'attacher, mais le vicomte refuse, le principe étant dès lors qu'on ne sert pas deux maitres, surtout quand le second a renversé le premier. Alors l'empereur s'efforce d'obtenir au moins de lui la quintessence de sa science, le résumé des traditions

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anciennes dont il est dépositaire. Le vicomte se prête à son désir, et Jui récite la Grande Règle. Voyez TH pages 91 et 98.

Les Commentateurs l'en louent. f& 5 A] 5j,

4 HI Æ jf. ll ne put pas décemment servir les Teheôu, mais il put légitimement leur léguer sa

science. À 1 À À À Z HER, A I 1 À Roi 6. LR E 10 Z Î#,

D À T #Æ 0 ff # 2. Il se dit: Cette

science que le Ciel a donnée jadis à U, elle est venue jusqu'à moi, il ne faut pas qu'elle périsse avec moi; or si je ne la lègue pas à Où-wang, qui la sauvera ?

Le Ciel, dit l'empereur, gouverne mystérieusement le peuple, habitant parmi jui. Je ne suis pas bien au courant de ses lois. Veuillez me les apprendre, afin que mon action seconde parfaitement la sienne.

Commentaire: K & #7 # À FI. Le Ciel

habite avec le peuple, dans ce sens que le peuple est l’objet de ses pensées, de sa sollicitude. AA

AMEN RREARR NS

KHIKRKEMHEZDEA REX FA ARAZAAMELRZ 2 38 6 0 du, dt M RIT LL A 8 2 ait 1. À +R 2 #5 LE D 70, À

治之 大 法 .Lemperenr gouvernant pour le Ciel, doit gouverner selon: les intentions du Ciel et bien

gérer les intérêts que le Ciel a dans Île peuple. Ce sont les règles pratiques pour ce faire, que l'em-

pereur demande au viconte. 王子 在 商 消 心 九 旺 之 学 ,如 文王 之 注 心 於 八卦 HR 2 RER EE IE A HAZHBHRFAURIS.

Chez les Yina le vicomte de Ki s'était appliqué à scruler les neuf articles, comme chez les Tcheou le duc Teh'ang s'était efforcé de pénétrer les huit diagrammes (TH p.87)... Donc deux systèmes de conjecture transcendante. Après la ruine des Yinn, l'enrpereur Où craignit que cette science ne vint à se perdre. 11 feignit de ne pas la connaître, pour décider le vicomte de Ki à l'exposer.

Le vicomte de Ki commence par Dettre ce qu'il va dire, au compte d'une autorité indiscutable. C’est le Ciel, dit-il, qui donna à U les neuf articles de la Grande Règle, par lesquels furent expliquées les lois et les relations.

IL a déjà élé question des relations, page 8. 最 ARE 6 KT M Ph 26 ha 18 4 TE 也 . Hi AR XP EE ME 1 2. #6 mi ES. C'est le Ciel qui les a fuites. Le Sage ne peut pas imposer des lois ; mais il doit veiljer à ce que chacun se tienne à sa place, et seconder les communications et l'union mystérieuses du Cicl avec le peuple.

Le Ciel fit celle faveur à L', en 2238, pour le récompenser d'avoir remis l'ordre dans la nature, en mettant fin à la grande inondation (TH p. #0 ). Sur ce point, le texte est formel, et les commentateurs n'admettent aucun doute: Les nenf articles de la Grande Règle JR #4 à sont primitivement venus du Ciel. Mais sous quelle forme et de quelle manière le Ciel Ini fl-il ce don? Sur ce point le texte est muet. En 1079, le chapitre Mt 命 des Annales cite, parmi les bibelots impériaux les plus précieux, 河 图 ie dessin du Fleuve. — Au cinquième siècle avant J.C., l'appendice MR Æ des Mutations, attri-

bué à Confacius, dit. 河 出 面 , 洛 出 5, 变

A HI 2 Da Fleuve Jaune sorlit un diagramme, de la rivière Ldo il en sortit un autre ; de ces deux diagrammes, les Sages tirèrent des règles. Le chapitre w® jf des Rits (Ip. 536 ) fait dire au Philosophe : 321 #4 6 SI du Fleuve sortit le dessin du cheval… Les S& #% lui font dire : Hélas! maintenant 河 不 出 Hi le Fleuve ne donne plus de dessin. 一 Le 性 砍 组 £f déposé dans une tombe en 299 avant 3 C. dit que : fi M #4 AŸ 1e dessin du dragon sortit da Fleuve. — Le HE k dit que: 35] 4 EÙ IN.

ti GP du Fleuve sortit le dessin du dragon, de la Ldo sortit l'écrit de la tortue. — Au troisième siècle après J.C., le faux A'oùung-nankouo raconte ce «qui suit: FU & Bi A. ME RER LX TE io, AI XX DRE À O RAR A MO. A 2 0 1 À 7 列 於 背 有 数 之 九 , 为 递 因而 第 之 , LA H% ZU M Au temps où Fdu-hi régnait sur l'empire, un dragon-cheval étant sorti du Fleuve, Féu-hi tira ses huit diagrammes des dessins que cet animal portait sur san dos. Le Ciel ayant accordé à Lane lorine

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ransceadante, qui sortit de la Ldo portant sur suu dos les nombres jusqu'à neuf, Len déduisit les neuf catégories. — De là des Com comme celui-ci : @ 所 HAGNXAEA DAKAR HR A 6 ji À 1, 1 À 2 Li 5 2 M, 8p 2° 74 a LR: #1 La tortue portait sur son dus les nombres de un à neuf. L’ le Grand, un sage qui commaniquait avec le Ciel, ayant vu ces nombres, en pénétra le sens. Il en tira Deuf catégories, qu'on appelle maintenant les neuf articles... La chose fut memmisenvns:KGMFERMOARLX M] Quand le Ciel voulut manifester sa pensée, une tortne iranscendantie surtit parlant un diagramme. El. — Vous trouverez peut-être, que le Ciel s'élant coutenté de donner à L/ le Grand les numéros seals des veuf articles, la difficulté n'était pas tant d'écrire quelque chose sous ces numéros, que de faire croire que ce quelque chose découlait des numéros. Je suis du wème avis. Là est le faible de la Grande Hègle. Des critiques chinois l'ont bien relevé. XE @ 2, & EE A 91 #6 2 8, À À 14 Bt 10 EE.

RIMAËELE, EEK:

EEK X 6 K 2 XX 8 Hg La Grande Règle est un développement explicatif des lois et relations fondamentales, soit. Mais ce développement ne découle pas des vombres. Dire que le Ciel accorda à L'les neuf articles de la Grande Règle, cela veut dire qu'il le fit intelligent et eutreprenant. I ne faut pas scruler cetle chose trop à fond. — Tchüu-hi

s'iusurge contre celle interprétation, à cause du texte

de Confucius cité plus haot: R 8} € 70 1 M 6 HOW HA 2 ff MK Les Mutations

disent clairement, que du Fleuve sortit un diagramm', que de la ZLdo iea sortit un autre. Il n'esl pas permis de ne pas croire cela... Tchôüu-hi consacra à ces diagrammes un lemps et un soin considérables. Il est à noter qu'ils ne furent peut-être jamais des 一 sinés, avan! l'époque des Süng. Mais alors ils devinrent le jeu d'esprit à la mode. Les plauches et les textes relalifs à cette question, que nous ont legués les philosophes de ce temps-là, remplissent des volumes. Ils crurent au dragon et à la torlue, à un diagramme célesle rond et à un diagramme terrestre carré, etc. Les deux v'en faisaient d’ailleurs qu'un, comme le riel et la terre ne font qu'un dans leur système. ls étaient l'un à l'autre K S UE ft,

#3 À Æ comme la chaine et la trame d'un

tissu, comme l'étofe et la doublure d'un habit. Maintenant la croyance au dragon et à la tortue est morte, l'engouement pour les diagrammes est éleint. Les critiques modernes constatent simplement, que les agciens inventèrent deux systèmes de classification et de conjecture, basés sur les nombres; celui de la Grande Règle, basé sur les chiffres de 1 à 9 ; et un autre, beaucoup plus rérent, basé sur les chiffres du ciel et de la terre, 1 À 10, probablement tiré de l'appeudice de Confucius au Livre des Mutations.

Remarquons que le principe fondamental du respect des droits de ja nature, fait son apparition dans ce texte. #% FX EE 7K Kounn ayant entravé le cours naturel des eaux par sa digue, 74 % 4 le Sublime Souverain se fâcha. Ü ayant rétabli le cours naturel des eaux par ses canaux, 天 7% 饮 À dE pi) 九 LS le Ciel réjoui lui donna les neuf articles de la Grande Règle. Voyez TH pages 40 et 62... Voyez aussi TH p. 2162 nature, jusqu'à quel degré de ridicule, les âges futurs développérent cette thèse.

Voici d'abord l'énumération des neuf articles... 1. Les éléments naturels, au nombre de cinq. Le gouvernement doit se conformer à leur évolution. — 2. Les facultés humaines, au nombre de cinq. Le gouvernement doit en régler l'exercice. — 3. Les huit thèmes administratifs, auxquels le gouvernement doit donner tous ses soins. — 4. La science des temps, et celle des nombres qui en dérive; astrologie officielle. — 5. La personne de l'empereur, pivot de l'empire, pôle du monde. — 6. Les trois qualités du bon gouvernement. — 5, La solution des doutes, par la divination officielle. 一 8. La

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répercussion celeste des vertus et des vices du gouvernement; météorologie officielle. — 9. Les cinq biens et les six maux.

Ces sujets vont être traités successivement en autant de paragraphes. On voit qu'ils n'ont aucun

Les JL fr cinq éléments naturels.

Is sont nommés en premier lieu, parce que 以 RÉ E LR À HS HE dans les voies du Ciel, ils sont la chose principale, qui influe sur tous les êtres.

2k À À & E. L'ordre d'énumération des cinq éléments, est, dans la Grande Règle, eau feu hois mélal terre. Cet ordre, dit le Com. est Æ ff celui de la production primordiale des éléments, de leur genèse par le ciel st la terre. Furent d'abord produits les éléments plus subtils, l'eau par le ciel ( pluie}, le feu par la terre ( sécheresse }. Puis l'eau produisit le bois (tous les végétaux ayaat besoin d'eau pour croître ), et le feu produisit le métal (en le faisant découler des minerais fondus). Enfin la paassière étant le terme de toutes choses, l’humus vient en dernier lieu. D'autres le considèrent corame le laitier qui resta après la production des métaux. Ainsi, disent-ils, WX Y# le léger ct le limpide donnèrent naissance 2 汐 au lourd et au trouble.

À RE & 7k: Plus tard les philosophes inventeront d'autres systèmes. D'abord 行 序 celui de la Æ production des éléments l'un par l'autre. L'ordre est alors, hois feu terre mêtal eau. Le bois (allumé ) produit le feu, le feu produit la terre (cendres ), la terre engendre le mélal (les minéraux se trouvant dans le sol ), le métal engendre l'eau ( exposé à l'air, durant la nuit, il se couvre de rosée ).

& À 7k À Æ. Enfn le système moderne est basé, non sur la production rériproque, mais sur la ÿŸ destruction réciproque des éléments, l'un vainquant l’autre. L'ordre est alors, mélal bois eau feu terre. Le métal ( hache ) triumphe du hois, le bois ( qui surnage ) triomphe de l'eau, l'ean triomphe du

lien logique avec le numéro qui les introduit.

feu (en l'éteignant}), le feu triomphe de la terre (en la fondant ).

Aux cinq éléments correspomient cinq propriétés physiques et cinq saveurs. — L'eau descend, le feu monle, le bois est élastique, le métal est plastique, la terre est féconde, — L'eau est salée ( eau de mer }, le feu amer (goût des produils empyreumatiques ), le bois est acide ( guüt de la sève }, le métal est acre (goût des oxydes qui le couvrent }, la terre est doure ( goût alcalin fade ). ,

Plus tard, en ÿ mellant quelque peu je pouce, on ajusta à ce sys'ème quinaire les cinq couleurs et les cinq régions. — L'eau est noire (couleur des nuages vrageux ). Le feu esl rouge ( couleur de la flamme). Le buis est vert-bleu (couleur des feuilles ). Le métal est blanc (couleur de l'argent, de l'étaian ) . La terre est jaune ( couleur du loess et des alluvions chinois ). 一 Le nord pluvieux sombre réponi à l'eau noire. Le sul chaur et lumineux répond au feu rouge. Lorient vert-bleu quand Île soleil se lève, répond au bois vert. L'uccident blanc quand le soleil se couche, répon:l au métal blanc. Le centre labouré par les hommes, répond à la terre jaune.

Enfin le système quinaire ful appliqué à l’homme, de la manière suivante: On dislingua dans chaque élément 持 une partie lourde et jf une partie subtile. Dans l'homme, les cinq viscères sont autant de parcelles de la partie lourde des éléments, et les cinq vertus autant de parcelles de leur partie suhtile

LTLKHÉRAS EE, SK 0 BEI ZLMFRADE RTC LS DCE

Les 五 事 cinq activités humaines, sont: les mouvements, les paroles, la

vue, l'ouïe, la pensée.

L'ordre, ditle Com, cest celui du développement naturel de l’homme. Quand il est né, l’homme commence par se mouvoir, puis il vagit, plus tard il regarde, encore plus tard il écoute, enfin il pense. La gradalion est ascendante. Il ÿ en a une aussi dans la pensée, à mesure quo l’homme avance en âge. Ft M

Ju 1 7F, A #1 M 2 A OU 4 HS NH

%. À ER, 20 #5 4 24, À Ë It en est du enser humain comme du forage d'un puits. Le puils ne donne d'ahord que de la boue liquik, puis de l'eau de plus en plus claire. Ainsi la pensée commence par être trouble, puis se clarifle peu à peu avec le temps.

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Chap. II. La Grande Règle. 29

Aux cinq aclivités répondent cinq qualités et cinq résultats de leur exercice. Les mouvements doivent être modesles, les paroles mesurées, le regard observateur, l'ouïe attentive, la pensée pénétrante. Les résultats sont, la possession d2 soi, la clarté du discours, le discernement, la prudence, la sagesse.

Les 及 EX huit sections administratives, sont: L'agriculture qui donne au peuple le nécessaire. Le commerce qui lui procure le superflu. Les sacrifices par lesquels l'homme remontant à l'origine et à la source, remercie des hiens reçus. Le cadastre et la propriété. L’instruction publique. La répression des crimes. Le soin des hôtes et des étrangers. L'armée.

La gucrre, dit le Com, à loujours été considérée par les Sages, comme lo dernier et le pire des expédients, voila pourquui l'armée est nommée en

wut dernier lieu 兵 非 军人 之 得 已 , 故 导 来 也 .

Les 五 刀 cing temps, c'est-à-dire la science et le calcul des époques. L'année, le mois, le jour, le mouvement des planètes el des constellations zodiacales, les nombres.

Par les nombres À 而 合 天 也 l'homme se conforme au Ciel.

Le À Æk pôle impérial.

L'empereur est le pivot autour duquel tout tourne sur la terre, #f 38

北林 之 橘 comme an ciel tout gravite autour du pole 2 ff #7 IK

siège du Sublime Souverain.

L'empereur est père et mère du peuple.

Car 4 À KR A M il lui procure sa nourriture avec affection. Les enseignements de l’emporeur sont les enseignements du Ciel même.

Car, et les prinripes, el les termes, lui sont suxgérés par le Ciel. JE À 2 4 &, KZ di EMA MIX 5 NT XI K ZM À.

L'empereur doit payer ses officiers, pour que ceux-ci puissent être honnêtes, et ne soient pas réduits à gruger le peuple ou à voler le trésor.

Com. Æ #2 À Ai ik 0j 10, À 6 OU À À 5 À ER À 6 2 À 7 tar NU Æ À Nf 164 DS JR DE 2 Quand les

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