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du silence en ces matières. Si les Bouddhistes et les Taoistes s'en occupent, c'est que les Taoistes veulent toujours vivre, c'est que les Bouddhistes veulent échapper à la métempsyco-
Väines chiméres!.… Les Mutations disent. il y a ténébres et lumière, commencement et fin, vie et mort; la malière constilue l’être, que la norme fail évoluer; puis la norme se relire et se transforme. Voilà tout ce que Ja raison nous apprend quant à la survivance. S'il y avait autre chose, les Sages qui ont scruté les Mutations à fond, pous l'auraient enseigné. Non seulement ils ne l'ont pas fait, mais ils se sont esquivés, chaque fois qu'on les a pressés sur ce sujet. Confucius refusa à T:èu-lou de l'instruire sur la mort et sur l'état des défunts, pour lui apprendre à se tenir dans le positif pratique, et à ne pas chercher au delà. Tséngtzeu mourant fit constater l'intégrité de ses membres; Tzèu-tchang malade déclara qu'il ne fallait pas dire mort mais terme; afin d'apprendre à leurs disciples, que, ce dont il faut se préoccuper, c'est de vivre entier jusqu’au terme de ses jours, et rien davantage.
Les Bouddhistes et les Taoistes ne se sont pas contentés de ces sobres notions. lls ont amassé, sur l'aa delà, des fables ineptes. C’est sur ces fables qu'ils ont assis la prétendue supériorité de Jeur doctrine. Alors qu'ils ne savent pas enseigner à bien vivre, ces hommes promettent que, par eux, on survivra aprés la mort! Folies! La vie et la mort sont comme le jour et la nuit, deux états divers d'une même chose. L'homme
Chap. XIII. Doctrine des Lettrés.
n'a pas pouvoir sur son état de vie; comment aurait-il pouvoir sur son état de mort? Il ne faut même pas appliquer au Bouddhisme et au Taoisme l'assertion de Tzèu-hia, qui dit que, même dans un système inférieur, il peut se trouver quelque chose d'eslimable. Car, ce que le Bouddhisme et le Tavisme contiennent de raisonnable, ils l'ont emprunté aux Lettrés. C'est avec ces fragments d'emprunt, qu'ils en imposent aux ignorants, avant de leur infuser leurs erreurs. C’est ainsi que, comme j'ai dit plus haut, ils ont séduit même des hommes supérieurs.
Si jadis Mencius a accusé avec raison Yäng-tchou et Méi-ti de faire des hommes des bêles (page 164), à combien plus forte raison faut-il dire cela des bonzes bouddhistes et taoistes, êtres égoistes et jinutiles. Croyez-moi, ne vous laissez pas séduire, travaillez à désabuser le peuple, et les bêtes (bonzes) ne dévoreront plus :les ‘hommes.