‹ Th. JouffroyChapitre 6 sur 8 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

En résumé : Jouffroy croyait la philosophie appelée à résoudre les grandes questions métaphysiques de l'homme, du monde et de Dieu.

La psychologie était, selon lui, le moyen d'arriver à ces solutions.

La méthode d'observation devenait ainsi la marche à suivre pour arriver à ce résultat.

Il pensait que la philosophie n'était restée si longtemps au-dessous de sa tâche que pour l'avoir mal définie, mal divisée et mal exécutée dans ses différentes parties; le tout encore parce qu'elle avait mal observé.

Observer, décrire, classer, induire, telle fut donc sa grande, sa constante préoccupation.

Mais il n'aboutit point à la solution des problèmes métaphysiques qu'il s'était posés d'abord, et qu'il appelait ultérieurs, par opposition aux problèmes psychologiques, d'une psychologie expérimentale, qu'il appelait premiers.

Je me trompe : il s'aperçut ou crut s'apercevoir à la fin, comme on peut s'en convaincre par la préface aux œuvres de Reid, qu'il n'y a pas de métaphysique positive et directe comme science. C'est à Pise qu'il composa ce morceau , qui est comme son testament philosophique. C'est de là qu'il nous écrivait qu'il avait lu avec intérêt et profit une préface inédite que nous avions préparée

pour la traduction de la Critique de la raison pure, et qui lui avait été communiquée. Il avait donc fini, après de longues et vaines tentatives, par arriver aux résultats de la philosophie critique.

Il eût pu y parvenir beaucoup plus tôt, croyonsnous, si sa théorie des idées eût été plus complète, plus précise et surtout plus profonde. S'il tenait si fort à la psychologie comme à la question préliminaire, c'est qu'il avait l'instinct que toute métaphysique, positive ou négative, a sa racine dans une bonne théorie de la nature, de l'origine et de la formation des idées. Ce n'est qu'à cette condition en effet qu'on peut en déterminer la valeur et la portée objective ou purement subjective.

Or, sur ce dernier point, il faut passer par les résultats de la Critique de la raison pure ou dire pourquoi. Joufîroy n'en eut l'idée qu'un peu tard, si même il l'eut jamais. Une chose est certaine, c'est que rien ne prouve qu'il ait examiné d'une manière bien fixe la question de la valeur objective des iodées , des idées rationnelles pures surtout. Nous avons même pu constater que le peu qu'il a dit de la philosophie critique n'est pas de la plus parfaite exactitude.

Le mérite de Jouffroy n'est donc pas d'avoir résolu quelqu'un des problèmes ultérieurs; et si la philosophie consistait essentiellement dans la solution de ces problèmes, il aurait rendu peu de services à la science. Mais si la philosophie consiste aussi dans la connaissance plus étendue, plus approfondie des faits spirituels, il en a bien mérité à cet égard. Il a servi la philosophie encore en répandant

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le goût de la psychologie, en acheminant les esprits vers le problème ontologique, quoique la solution de ce problème ne doive pas avoir, nous le croyons du moins, le caractère positif et réaliste qu'il attendait de la psychologie.

En deux mots : Joufïroy est le continuateur et le vulgarisateur de la philosophie expérimentale de Laromiguiôre et des Écossais, avec des aspirations ' qui étaient chez lui une affaire de foi ou de croyance naturelle, chez Laromiguière une sorte de conviclion philosophique plus prononcée, et chez les Écossais un instinct tout humain , mais sans grand espoir de le voir jamais confirmé par les lumières d'une raison réfléchie.

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