‹ ThaïsChapitre 4 sur 14 · UN AUTRE · texte numérisé non relu

UN AUTRE

Et le sel.

UN AUTRB.

Et l'hysope. —

UN AUTRE UN AUTa2

Et voici Teau. —

^ALSUON, se levant, avec onctioB.

Chaque matÎL le ciel répand .a grâce — sur mon jardin, ainsi qu'une rosée. — Bénissons Dieu dans les biens qu'il nous donne — et prions-le qu'il nous garde en sa paix ! -^

LES CÉNOBITES, presque marmaré.

Que les noirs démons de l'abîme — s'écartent de notre chemin I —

Paûiblement les Céaobitcf coadaaent lear rtpas. UN CENOBITE, rompant le silence.

Sur Athanaël, notre frère, — étends, Seigneur, la force de ton bras 1 —

PLUSIEURS CÉNOBITES, avec regret.

Athanaël!...

d'autres CENOBITES, de même.

Bien longue est son absence I... —

d'autres, avec intérêt,

Quand donc reviendra-t-il?... —

PALEMON, mystériensemen

L'heure de son retour est proche... — Un songe, cette nuit, me l'a montré vraiment — bâtant vers nous sa marche I •^<

LES CÉNOBITES, avec ft)(.

Athanaël est un élu de Dieu 1... — (pieusement.) îl se •^Avèie dans les songes!... —

Athanaël parai: ; il s'avance lentement comme épuisé de fadgce et de chagiia. LES CÉNOBITES, avec respect.

Le voici I Le voici

ATHâNAELj an milien d'eux, dooloareasement.

La paix soit avec vous ! —

PALÉMON et LES CÉNOBITES.

Frère, salut I (Tous s'empressent autour de lui.) La fatigUe t'aC-

cablel — la poussière couvre ton front... — repose-toi î... reprends ta place I... — mange, bois! —

ATHANA.EL, il s'est assis avec accablement et repousse doncement Isa mets

qu'on lui présente.

Non! mon cœur est plein d'amertume... — Je reviens dans le deuil et dans l'affliction !... — La ville est livrée au péché ! . . . — une femme, Thaïs, la remplit de scandale — et par elle l'enfer y gouverne les hommes 1 —

LES CÉNOBITES, avec anecuriodté calae et simple.

Quelle est cette Thaïs ?

ATHANAËL, sortant an pen de sa torpeur, y retombant anssitôt.

Une prêtresse infâme — dv

culte de Vénus... (Humblement, avec charme et comme se souvenant d'uL

fmmc lointain.) Hélas ! enfant encore — avant qu'à mon cœuî

la grâce ait parlé, — je l'ai connue!... (pIqs sombre, pin» tgtté.) Vu jour, je l'avoue à ma honte^ — devant son seuil maudit, le me suis arrêté... — mais Dieu m'a préservé de cette courtisane — et j'ai trouvé le calme en ce désert, — maudissant le péché que j'aurais pu commettre I... — Ahl mon âme est troublée... — La honte de Thaïs et le mal qu'elle fait — me causent une peine amère; — et je voudrais gagner cette âme à Dieu ! —

PALÉMON, simplement, Nfemeiit.

Ne nous mêlons jamais, mon fils, aux gens du siècle; — craignons les pièges de l'Esprit ; — voilà ce que nous dit la sagesse éternelle. — (unnit vicot p«a k pen.) La nuit vient; prions et dormons! —

LES CENOBITES» avec one crainte mystérieuse, le front courbé et le» mûns jointes, s'éloignent et se sép&rent, tout en priant, pour st rendxe dans

leurs cabanes.

Que les noirs démons de l'abîme — s'écartent de notre chemin! — Seigneur, bénis le pain et l'eau. — Bénis les fruits de nos jardins. — Donne-nous le sommeil sans rêves — et l'inaltérable repos ! —

Athanaël s'est étendu devant sa cabane, la tète appujée sur os petit chsv*l«t de bois, les mains jointes.

ATHâNAEL, seul, dans l'ombre.

O Seigneur, je remets mon âme entre tes mains. —

n s'endort.

Nuit presque noire. Après un insunt de calme et de béatitude, au milieu des ténèbr'*8, une blancheur se fait ; dans un brouillard apparaît l'intérieur um théâtrt, à Alexandrie; foule immense sur les gradins. En avant se trouve ùl scène «or laquelle Tbâïe, à demi vêtue, mais le visage voilé, mime les amoon

^'Aphrodite. — Dans le théâtre d'Alexandrie, immenses acclamations d'entbsc âasme très prolongées. — Effet extrêmement loinuin. — On peut distingaer, mais vaguement cependant, le nom de Thaïs hurlé par la foule. — Les acclamations augmentent jusqu'à la an de la vision, la mimique s'accentuart de plus en plus. — La vision disparaît tubitement; le jour revient. — Aurore.

UTU \NAEL qni s'est éveillé peu i peti, se lève complètement ; avec épouvante

et colère.

Honte ! horreur 1 ténèbres éternelles ! — Seigneur,

assiste-moi ! — (n s'est jeté & terre et il y reste prosterné.) Toi qUl

mis la pitié dans nos âmes, — Dieu bon, louange à toi! — J'ai compris l'enseignement de l'ombre, — je me lève et je

pars! — (n s'est relevé avec enthousiasme.) Car jC VeUX délivrer

cette femme — des liens de la chair ! — Dans l'azur, je vois penchés vers elle — les anges désolés ! — N'est-elle pas, Seigneur, le souffle de ta bouche! — Ah! plus elle est coupable et plus je dois la plaindre! — Mais, je la sauverai Seigneur! Donne-la-moi — et je te la rendrai

pour la vie éternelle ! (E appelle ses frères qui reparaissent et se

pressent antoar de lui.) Frèrcs, îevez-vous tous! vcnez ! — ma mission m'est révélée! — Dans la ville maudite il faut que je retourne... — Dieu défend que Thaïs s'enfonce davantage — dans le gouffre du mal! — et c'est moi qu'il choisit pour la lui ramener ! —

Athanaël s'incline devant Palémon.

PàLEMON^ à Athanaël .avec tme douce expression de tranquillité et comme un tendre reproche.

Ne nous mêlons jamais, mon fils, aux gens du siècle. — Voilà la sagesse étemelle'.... —

las Cénobites qni on., entouré Athanaël l'accompagnent jusqu'à la route, puis^ •'agenouillant par groupes, ils répondent à Âthaa«il doat la voix se péri lUÔt les aolitndes du 4^«n de la Thébalde.

LA VOIX D*AT H AN AEL, déjà éloignée.

Esprit de lumière et de grâce, — arme mon cœur pour le combat. —

LES CENOBITES, à genoax.

Arme son cœur pour le combat. —

LA VOIX d' AT H AN A EL, encore plat éloignée

Et fais-moi fort comme l'archange — contre les charmes du démon.

LES CÉNOBITES, comme tm marmore.

Et fais-le fort comme l'archange — • contre les charmes du démon! —

Le ride«a s'abaisse lentement et silenciensemeau

DEUXIEME TABLEAU

La terrasse ât la maison de Nicias à Alexandrie. — Cette terrasse domine I2 ville et la mer ; elle est ombragée de grands arbres ; à droite, vaste tentare derrière laquelle se trouve la salle préparée poar le banquet.

Lentement^ Âthanaël parait et s'arrête au fond ; à sa vue, on MCritecr se lira. soas le portique, et marche à sa rencontre.

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