LB SERVITEUR
Hors d'ici, mendiant ! —
n live sur Atbanël son bâton. ATHANABL, fermement et tTec câlme.
Frappe, si tu le veux, mais avertis ton maître. — Va.
DevAnt le regard et l'attitnde d'Athanaël, le serviteur recale, s'incline et disparah
dans la maison.
ATHANASL, seol, après aToir on instant contemplé la TÎllt èa bant de la terrasse.
Voilà donc la terrible cité ! — Alexandrie, oîj je suis né dans le péché ; — l'air brillant oii j'ai respiré — l'affreux parfum de la luxure ! — Voilà la mer voluptueuse — oij j'écoutais chanter la sirène aux yeux d'or ! — Oui, voilà mon berceau selon la chair, — Alexandrie ! — Mon berceau, ma patrie!... — De ton amour j'ai détourné mon cœur!... — pour ta richesse je te hais! — pour ta science et ta beauté — Je te hais î je te hais ! — St maintenant je te maudis — comme un temple hanté par les esprits impurs ! — Anges du ciel, souffles de Dieu, — venez ! parfumes du battement de vos ailes — l'ai? corrompu qui va m'environner ! —
Ob eatesd des voix et des rires. — Presque aassitôt, Nicias parait et s'arance. Ici bras appuyés snr les épaules de Crobyle et de Myrtale, deux belles esclaves riecscs. A la vue d'Atbanaël, il s'arrête, les quitte et s'approche Ica Was ouTerta.
R I C I A s ) avec viTtcité et entrain.
Athanaël, c'est toiî mon condisciple, — mon ami, mon frère ! oh ! va ! je te reconnais, — bien qu'à la vérité — tu sois bien plus semblable à la bête qu'à l'homme ! — Embrasse-moi donc ; sois le bienvenu. — Tu quittes k désert ? — tu nous reviens ?
ATHANAËL.
O Nicias ! — je ne reviens que pour un jour, que pour une heure ! —
NICIAS
Dis-moi tes vœux 1 —
ATHANAËL.
Nicias, tu connais cette comédienne, — Thaïs, la courtisane ? —
NICIAS, riant.
Certes, je la connais ! pour mieux dire, elle est mienne j— encore pour un jour ! — J'ai vendu pour elle mes vignes — et ma dernière terre et mon dernier moulin, — et composé trois livres d'élégies ; — et cela ne compte pouf rien ! — Je voudrais la fixer que je perdrais ma peine : — son amour est léger et fuyant comme un rêve ! — Athanaël, qu'attends-tu d'elle ? —
ATBANABL.
le veus la ramener à Dieu I
N I K I A S , éclatant de rire.
Moû pauvre ami! — crains d'offenser "Vénus dont elk est la prêtresse. —
ATHâNAEL, avec plus de force.
Je veux la ramener à Dieu ! Va, Nicias, — j'arracherai Thaïs à ces amours immondes — et je la donnerai pour épouse à Jésus. — Pour entrer dans un monastère — Thaïs va me suivre aujourd'hui ! —
N I C I A s , bas, i l'oreille d'Athanaël et en riant.
Crains d'offenser Vénus, la puissante déesse 1 — Elle se Tengera I
ATHANAEL.
Dieu me protégera. -— (Apre* u temps.) Où puis-je ▼oir cette femme ?
MICIAS.
Ici même! — Pour la dernière fois — elle y doit souper avec moi — en très joyeuse compagnie! — Elle joue aujourd'hui; — en sortant du théâtre, elle viendra. —
ATlÀNAEL.
Prête-moi donc, ami, quelque robe d'Asie — ?£n que dignement je Piyûsse figurer — à ce festin que tu vas lui donner. -^
mciAs.
Crobyie et Myrtale, mes chères, ^ hâtez-vous ae parer mon bon Athanaél. —
Tandis que Nicias et Athanaël se sont assis et s'entretiennent amicalement, Myrtale a frappé dans ses mains ; le serviteur a para aaq«el elle donne un ordre. Il sort et revient aussitôt avec des esclaves portant an coffret dont Crobyie et Myrtale tirent les objets qai doivent servir à la toilette d'Athanaël, ainsi qa'uo. miroir de métsk! dans lequel, en riant, elles lai font voir son visage. Puis, tandis que, assis, il continue à causer avec Nicias, elles commencent à lui verse sur la tête des parfums, à lui accommoder les cheveux et la barbe. Nicia* •onrUot, les regarde faire.
NICIAS
Je vais donc te revoir brillant comme autrefois î —
ATHANAEL.
Oui, j'emprunte à l'Enfer des armes contre lui. —
NICIA8.
Philosophe orgueilleux, l'âme humaine est fragile. —
ATHANAEL.
Je ne crains pas l'orgueil quand le Ciel me conduit. —
C R 0 B Y L E , i Myrtale, à paru
Il est jeune!
MYRTALE, i Crobyie, niêBM {eo/
Il est beau !