LE JAPON
Noos allons passer a une antre contrée qui , avec le même régime que les Indiens.^ présente qodques différences dans les moeurs et le caractère. Les Japonais ont en force ce que les Indiens ont en douceur; le fond de leurs vertus au demeurant est le même.
Lorsqu'un Européen approche des cotes du Japon ^ il voit avec étonnement la mer couverte ^oiseaux qui ne fuient point a l'approche de llicxnme^ parce qu'ils n'ont point ' éprouvé sa perfidie. En effet, qucnque tous les Japonais ne s'abstiennent point de la chair des animaux, depuis que les étrangers se sont introduits parmi eux y vers le seixième siècle , aucun , même des plus coupables à cet égard, n'oserait tuer un «mnal sur mer. On a trouvé à cela une certaine inconséquence ; mais c'est faute d'y avoii: réfléchi : j'en ai déjà donné la raison. Les Japonais ont devant eux une mer presque toujonrs soulevée par les tempêtes; ceux qui à terre sont meurtriers, c'est-à-dire les chasseurs, car ils auraient horreur de tuer leurs animaux domestiques "^y cessent de l'être sur cette mer;
* LoChinds^ an contraire, peii]^eyil, quoique lettre nese oMiiiûscnt que des animaux qvflJs oot âeyés dans leurs mai-
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ils deviennent miséricordieux parce qu'ils éproule besoin de la miséricorde.
Les Japonais sont de tous lés peuples le plus intrépide ; ils n'ont jamais été soumis. Ils ont taillé en pièces toutes les armées de Tartares qui ont osé descendre sur leurs botds.
Ils portent même plus loin que les Indiens l'exactitude du r^ime. Ceux de la secte de SintOj la plus ancienne de ce pays^ qu'elle gouvernait autrefois exclusivement, poussent si loin l'abstinence de ce qui a pris vie, qulls ne goûtent pas même du lait, qu'ils appellent du sang blanc, et cette rigoureuse abstinence est ici pour eux sans aucun intérêt personnel , puisqu'ils ne croient pas à la transmigration des âmes, doctrine qui était tout-a-fait incomiue
sons; aussi soDt^Is dans l'usage affreux d'exposer leurs enûns.
Les yariatiODs de dimat , au Japon , sont au moins égales à celles qui ont lien dans la Tartarie ; la chaleur s'élève jusqu'à 98 degrés, et le froid descend jusqu'à 35 degrés. Les ouragans et les tremblemens de terre semblent se dispiuter ce ^yjs ; mais la doctrine de Sinto a établi le calme dans les coeurs qvi la sul<^ vent; ce sont les seuls qui ne soient point agités ; les autres participent du climat.
On voit au Japon les cerfs errer dans les rues comme les chiens, et saluer, pour ainsi dire, les hommes de leurs doux regards; les chiens ont, dans les divers quartiers, des logemeus qui leur sont destinés, et ils sont nourris aux dépens du public Leur vie est prot%ée par la même loi qui protège celle de l'homme.
TROISIÈME DISCOUBS. 127
dans ce pays avant 1 arrivée des sectaires de Bttdda ; ce que je dois remarquer d autant plus qae l'on a feint de considérer la métempsycose comme Tunique fondement du régime des Indoux. Cette abstinence du lait me rappelle toutefois qu'il est une secte parmi ces derniers qui a les oignons ronges en horrenr , par la raison qu'ils présentent, au moyen de leurs filamens^ Fimage de la chair et du sang. Cette manière de sentir date, sans doute, de l'époque de* la domination anglaise dans l'Inde ; il doit être naturel aux Indiens d'éviter avec beaucoup de soin tout ce qui aurait l'air de les rapprocher de ces barbares.
Les Japonais ont Tesprît et les sens des Indiens; ils jouissent ^alemept d'une vie longue et exempte d'infirmités. Je ne parle ici que de cenx qui sont soumis au régime des herbes. Je viens de dire qu'ils étaient plus audadeux que les Indoux ; ce caractère^ qui tient au climat, a du être, comme de juste , exagéré et perverti dans les hommes qui suivent un régime opposé ; Femportement de ceux-ci va jusqu'à la fureur ; ils sont , ainsi que les Anglais , toujours prêts à s'arracher la vie ; c'est ce que l'on voit jusque dans les enfans.
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