‹ Thalysie; ou, La nouvelle existenceChapitre 9 sur 39 · L'INDE · texte numérisé non relu

L'INDE

Nous savions peu de chose sur les Indiens avant la connaissance de leurs livres sacrés , qui date de nos jours, livres qu'ils cachaient avec beaucoup de soin, moins pour dérober la vérité au reste des hommes , que pour ne pas l'exposer à leurs insultes; car ils la dirent tout entière aux sages qui allèrent la leur demander. L'expédition d'Alexandre nous avait fait connaître leurs philosophes appelés gymnosophistes , non point qu'ils fussent nus comme leur nom semblerait l'indiquer, mais parce que de l^ers vêtemens recouvraient un corps où logeait une âme pure et transparente comme

eax« Mais quant à leur religion, elle nous était à peu près inconnue , ce qu'en rapportent Hérodote ; Strabon et Diodore de Sicile y étant fort incomplet ,

Précisément vers Fépoque de cette expédî- .

tion d'Alexandre^ cette .religion ^ dont la base

fut toujours le respect des êtres crées y avait

éprouvé des changemens i^marquables ; ce que

je dois noter ea^pressémeiit y parce qu'il y eut

alors un nouveau refoulement des idées indien^

Des vers des pays où elles s'étaient perdues ,

et vers d'auti^es ou elles n'avaient point encore

pénétré depuis Fépoque indiquée plus haut.

Un homme extraordinaire, né d'une vierge (il

parait que les anciens désignaient par ce nom

la vérité ou la sagesse), après avoir vécu long-

tanps dans les déserts , parut tout-àKX>up , à

Page de trente ans , dans la presqulle de l'Inde,

entre l'Indus et le Gange, lignes tropiques dans

l'espace desquelles se meut ce foyer de vertus , /

de justice, d'intelligence; ce soleil moral dont

les rayons 'se sont répandus de ce point sur

toute la terre : c'était Budda. Il changea les

divars rites des peuples de l'Inde , leur dévoila

toutes les vérités qui s'étaient présentées à son

esprit pendant les années de sa solitude , et

appela tous les hommes à une fraternité com*

110 THALTSIE.

Bùtune. Il émit des idées profondes sur la nature des êtres I mais d'ailleurs ses commandemeos ne différèrent en rien de ceux de Tanden culte ^ si ce n est par la raison supérieure qui en démontrait la nécessité. Dans le premier il ordonne de respecler la vie des animaux y et dans le dernier il défend à l'homme de troubler sa raison par des substances enivrantes. Le premier commandement avait poui^u à ce qu'elle ne le iût point par des passions funestes.

La religion de Budda resta renfermée longtem{^ dans les limites de l'Inde; mais à l'époque de l'ère chrétienne , où un mouvement knarqué vers le régime des herbes se fit sentir sur tout le globe y la religion de Budda fit des progrès immenses. Elle s'étendit en même temps dans la Qiine, dans la Corée, dans le Japon ^ et jusque sur le Thibet , où elle abolit les sacrifices humains, et donna naissance au culte lamaïque, qui y proscrivant, a son exemple, le meurtre des animaux, a influé efficacement sur beaucoup de nations tartares, dont il a adouci la fâxxàté native (2). Lé religion de Budda a eu cependant son terme ; die a fini dans l'Inde il y a six siècles , après avoir fourni une période de deux mille ans , c'est-à-dire trois septénaires de siècles , la jdus longue période qu'aucune

TBOMIÉIIK D1SC0UE5. 1 1 i

ràiffou ait parcourue (3). Elle fut Taiocoe par les Brames^ qoi régnent encore par l'opinion daai8 œ mênoie pays ; mais ils cèderoni à leur tour la place aux Saads , formés de nos jours, et qui y plus purs , plus simples, doués de plus de raison el de vraie sagesse que tous leurs deranciers^ doivent amener dans l'Inde une révolution iiK»ale qui sera la dernière , parce qu'il n'y aura rien à ajouter à leur ouvrage.

Je ne parlerai point de la mythologie dea Indiens. Ce n'est pas qu'on ne pût en dire quelque chose de neuf, même après les savans ouvrages qui ont été publiés de nos jours sur ces matières , mais parce que ce serait alonger inutilement celui-ci (4). Les mœurs de œ peuple nous intéressent davantage et se rapportent plus directement • au sujet Mon travail, a cet ^rd, sera facile; je n'aurai presque qu'à citer. Yoici ce qu'en dit Montesquieu, au livre quatrième de son Esprit des lois : « Le peuple des Indes est doux , tendre , compatissant ; aussi ses l^islateurs ont-ils eu une grande oonfiaiice en lui. Ils ont établi peu de peines, et elles sont peu sévères ; elles ne sont pas même rigoureusement exécutées. Ils ont donné les neveux aux oncles, les orphdins aux tuteurs, comme on les donne ailleurs à leurs pères;

112 TUALYSIE.

ils ont réglé la succession par le mérite reconnu du successeur. Il semble qu'ils aient pense que

' chaque citoyen devait se reposer sur le bon naturel des autres ».

Voilà certes un éloge accompli; il n'existe point, il n'a jamais existé de nation qui en méritât un pareil. Montesquieu^ plein de son système, attribue, à la vérité, toutes ces bonnes dispositions au climat ; mais comme il y a dans d'autres contrées des climats aussi doux que cdui de Tlnde, et que ces contrées sont habi-

^ tées par des hommes atroces , que dans Tlnde même le tableau qu'il présente ne convient qu'à ceux qui ne vivent point de chair^ il est évident que c'est au régime, et non au climat ^ qu'il faut attribuer tout ce qui est bonoraUe à ce .peuple; et il serait aisé d'opposer ici Montesquieu à lui-même, puisqu'il dit ailleurs : (( Approchez des pays du midi, vous croirez vous âoigner de la morale même )>; ce qui est vrai , riûdé exceptée.

J'ajouterai à ce témoignage de Montesquieu des détails plus précis sur les moeurs «t le caractère des Indiens; je les emprunterai à un Voyage à Surate du chapelain Owington, ouvrage écrit sans beaucoup de méthode et sans tm grand savoir , mais qui se distingue par beaucoup de vérité et d'exactitude.

TROISIÈME DISGOUBS. 113

H Tante d^abord leur idtelligehce dans les sciences et dans les arts : (( Un baiiiàd^ dit-il, par la seule force de son esprit supputera des soïnmes avec autant d'exactitude et aussi prompte^ ment qae le plus adroit mathématicien le pourrait faire avec la plume. Les ouvriers en soie imiteront exactement les plus .beaux modèles qu'on leur apporte dlBurope. Les charpentiers lie Sdrate feront tin vaisseau entièrement semblable a un vaiss^eau anglais, et y réussiront au$si bien que les premiers constructeurs. Us surpassent en certaines chose? toute l'habileté des Européens, etc. (5) ». H dit aîHears: « Cette abs- Unence de la chair a Tavantage de leur conserver Fesptit pur , vif et ^rbmpt à comprentfte les choses. Elle les em^he a!ùssi de s'attachéiaux plaisirs de la terre , et leur fait qtiiitet arec iboin^ de peine cétée vie, dans Tespérancé Jnne meilleure. Cest pour cela qu'on les voit sortir de ce monde avec la même traiiquiUif é que ^ils sortaient d'un royaume pour entier clans un autre ».

(Hringtûn , en leur accordant une grande probité , les acdusé de prendre trop de pdné pour augmenter leur Ibrlune, et c'esf le seul défaut qu'il leur trouve. Le noble usage qu'ils font dé cette fortune , ainsi que nous allons

114 THALrSlE.

le Toir y aurait dû le leur faire pardonner ; mais Owington ignorait y sans doute y que c^est une nécessité pour eux de ramasser des trésors et de les enfouir , dans la pensœ où ils sont qu'ils reviendront sur la ten^e après leur mort (6) ; invention de leur l^slateur, dont le but a été probablement de s'opposer par ce moyen à Tinertie que favorise le dimat.

Il peint ainsi leur attachement pour les animaux . « Les jeunes facteurs de Surate se divertissent quelquefois de la tendresse des banians pour les animaux y et trouvent le moyen d'en profiter. Ils entrent avec un fusil dans un champ^^ ou dans un endroit voisin de la demeure des banians y et là font semblant de tirer des moineaux, des tQurterelles, ou quelques autres petits oiseaux semblables qui sont sur les arbres. Le banian ne Fa pas plutôt remarqué ( car on fait en sorte qu'il le voie), qu'il vient en toute hâte^ comme s'il s'agissait de sa vie , pour engager le chasseur ^ non-seulement par de douces paroles,, mais encore par le moyen de l'argent, à se désister de son entreprise^ et glisse dans sa main une roupie ou deux pour le faire retirer , et pour l'empêcher de souiller la terre par l'efifusion du sang (7 \

)* 11 y a, à un mille de Surate, un grand hôpi-

TBOISlÈBfË DISCOURS. 115

isiy entretenu par les baniftns, pour les vaches y pour les chenaux y les cjhkéTres , les chiens , et autres semblables animaux qui sont malades^, estropiés y ou trop vieux pour travailler. Un honnne qui a un boeuf qui ne peut plus lui rendre service à cause de sa vieillesse , est porté à lui ôter la vie pour s'épargner la dépense de le nouriir ^ et pour se nourrir lui-même de sa chair ; un banian qui le sait ne manque pas de dâivrer cet animal du danger qui le menace; il le demande au mattre , l'achète de lui y et le place dans cet hôpital^ où il est servi et nourri jusqu'à ce que la nature vienne terml^ ner le cours de sa vie » (8).

Le banian aime beaucoup les odeurs : toutes les nuits^ il environne sa tête d'une couronne de fleurs de mougri ( le jasmin d'Arabie ), qui précisément alora exhale ses plus dotix parfoms. n est extrêmement sensible à Famour y et l'on en conçoit aisément la raison , puisqu'il porte toute la nature dans son sein. Dans sa tendresse expansive il pare sa vache nourricière d'un des omemens de sa femme > et rend les mêmes honneurs à l'arbre le plus précieux de son jardin.

Il est si Ixm, qu'il ne fait point de mal, même aux animaux les plus féroces, dans la persuasion

116 TBALTSIE.

OÙ il est que les âmes des méchans soDt enfermées dans leur sein^ et que oe serait ajouter à leur malheur (9).

Je Ttepis de parler du sentiment de Tamour chez les Indiens ; ) ai Ueu de penser qu'il ne peut être parfaitement connu que d'eux seuls : <lanandez-le à VEuropëen y que Tesprit de tyrannie n'a pas entièremœit dépravé. Combien n'est-il pas ému^ malgré lui, à l'aspect de la feouBe indienne ! La singulière hannoDÎe de se& formes > la beauté et l'agrément de sa physicmomie le ravissent; mais quand il a entendn le son de sa voix , de cette voix dont rien de pareil n'a encore frappé soxi oreille > de celte voix qui lui révèle des choses d'un autre monde , il ne sait plus luv^méme oà il est ; il croit voir un ange déguisé sous les traits d'une simple fen^ne^ quelquefois d'une pauvre esclave

On a supposé les Indiens énexvés , soit par lew régime, auquel il faut joindre l'abstinence desJii^eurs enivrantes, soit par la chaleur du ditaat ; mais c'est leur régime, au contraire, qui les soutienti contre cette ardente du^ur sous

laquelle succombent les Tartares. Je dMnii à ce sujet des observations tiréîes d'utt autre vQjageurl

(c Qa n'a aupp^ne rs^isoq de supposer ,. dît

BoCt) , dans son Etat civil du Bengale y que llode Ait jamais manqué de peuplée courageux- Il n'y a peal^lre aueun peuple^ du moude qni ait montré dam les souffrances autant de ooarage et d'intrépidité que les Indiens. Les atttérités bt les macérations des pénitences religieuses qu'ils s'imposent volontairement sont presque inctx>yables : souvent ils aiment n^ieuX expirer dans les tortures , ou être mutilés , que (Je découvrir leurs trésors cachés , et contribuer ainsi à la ruine de leurs familles. Les femmes elles-mêmes, qui vivent séparées du monde, et qui, par conséquent^ ont éprouvé peu des di£Bcultés et des malheurs qui servent k fortifier l'esprit et le cœur, donnent àe& preuves dlntrépidité qui étonnent les Em^péens »/Cette dernière observation est remaix}uable. Le courage dés femmes iudiemies vient de ce qu'elles ont trouvé la vraie philosophie dans leur rdigion.

En considérant fumage de la viande comme la source du courage ^ on avait prétendu qu'on la permettait aux naiiires , ou guerriers ; perrniae on non , c'est comme si elle leur était défendue * Voici ce qrfon lit à ce sujet dans

* Dans le code des Iddonx , traduit par Itô soins du gouverneor-génëral Hastîogs , on voit que certaines viandes

un aulre voyageur, Famiral hollandais Yerhoe-* Ten , Recueil des f^ojmges, tome 4 y page 57 et 58 : c Les. naïres ne mangent que des fruits , oomme des bananes j des ananas y des patates, des noix de coco, et diverses autres choses semblables qu'ils apprêtent de différentes ma* nièfcs y et font cuire avec du riz ou de la farine de froment Ils ne boivent que de l'eau. Elndurds à tout, ils supportent avec une ^le indifférence le froid et le cbaud >). Ces naïres sont bien loin d'étrp lâches ; l'ordre et la discipline leur manquent plus que le courage , car le feu 4u canon et des mousquets ne le^ effraie /lullement ^

Cest donc par une grande erreur qttV>n a attribué y chez les Indiens y â un manque de de courage y ce qui n'est qu'un résultat de leur humanité. Us aiment mieu]^ supporter l'oppression , que de ipettre leurs oppresseurs à

sont permises aux naïres ; mais ils se sont conformés à l'esprit plutôt qu'à 11 lettre 4e leur l^islateur.

* Anqiietil y dans son discours préliminaire du Zendjii'esta , fait aussi le plus grand éloge des naïres. 11 ob- MTve que , lorsque vous les prenez pour guides , Us vous 4^endent , si vous êtes attaqués , an péril de leur ptopre vie , et quils vont même jusqu'à se rarracher de leurs mains lorsqulb jugent la partie trop inégale > afin d'appeler siir la tête des agresseurs la vengeance de leur caste ; ce qui ne manque jamais d'arriver.

TROUliai£ DiSCOUKS. 119

mort. Il y aurait oependant à cda an terme moyen dont ib ont parmi eux des exemples : lorsque les hafaîtans de Sarimjiatan ^ sur la oôte de Malabar ^ sont en guerre avec leurs voisins , <f an antre culte , ils ne- les tuent point , ils se contentent de leur couper le nez ; exercice tlans lequel ils sont extrêmement habiles ; et cette manière de se défendre inspire un tel effix>i, qu'il est rare que Ton se hasarde à troubler leur repos ; tant il est vrai qu'il est des dioses qu'on redoute plus que la mort (1 0).

Si les pratiques des Indiens n'étaient pas fondées sur un sentiment religieux , sentiment qm ^ en retenant l'homme sous sa dépendance , loi ôte son énergie naturelle , comme il lui 6te à beaucoup d'égards le mérite de ses actbns , ils seraient le peuple le plus indomptable de la terre , puisque le peuple le plus indomptaUe doit être celui qui a le ^us de raisons de mépriser la mort Les Tartares et les Anglais s'évanouiraient devant eux comme la poussière s'évanouit devant les typhons de ces mêmes contrées (11).

On a reproché aux Indiens leurs superstitions, et leur haine pour certaines castes. Quant aux superstitions y rien ne peut les justifier , et d'autant plus que leur régime « devait les

li^ TUALlStr.

«R g^rwMr i WS eg\^u eUes dépp^qt encore ^ ^ifeur dç Iç^r i^lurel :, puisqu'elles n'ont pii parvenir à l'altérer. Q^^t à leur . ^^e pQi;^* œrtaiii^ei^ c^teft, rien 4ç plus. ^[Je; ils aUiqrrent )es pari a^ , no^ point comme buchçl^p* ou pprte-fcix , wms cowupe çiaj^u^ c^ çUwr , d; c« «e pçut trop Tem^rq^er ici If^ méprise qu'a faitç 4 c^t ^ard un de nos ^p^yains les plus irecoauna9dab)^>4^Ds Vofivr9gç.p\çin d'intérêt intitulé : la Chaumière indfffinf. ( Un poète célèbre ^ nos fo^rs a £ût \fk^ marne £^ute ds^ssf tn^gédie du Paria. ) ^ ^W^iena ont ici ^n gra^d tort ^ qui e^t de (fçm^^^ les malhi^reux pa^ifts d^ofs Içux qrÎD^, 4? 9^ I^ 9S^W^^ W^ porte g leur rçpe^^Uc; xnaja^ ^le est la fataUté ^es rfligiops en géoaral , elles mettent rh9p2,mi^ à liçur n^sij^e, et cçtte mesure est ijg^Y^riabk: ii^s^ pn^igcèsi de^ bjjqod^rçs peuvent bjien leur %^rç. épn^i^ver quelques, ipjodi^tipçs ^ tnai? Iç fond irçste Ip même,; et ce qui, ^e pip^ve ici ^ c'esf, qjw/ç, ^s. Indiens ne rç^wt^t point la mêipe i^pfjç^, pour les Européens qui vont au^ Indes ; i^. ont souvent exposé lem* pix^pre yip pour s^ifer 1^ levif ^ et cependant ils. aimieraient VM^if^ périr de faim eÇ de soif , que, lift i9fi9ger dff pain ou de boire de l'eau enfermés dansî les

TEOISiÉMK DISCOURS. 121

fsam^ ou les vases de ces Européens ^ d'heurs oOB profanés , fnais que lear religion leur fait; misidérer comice impurs. On en a vu beaucoup d'exemplea (12).

Je levieus aux parias, tieur haleine empesta ne peut approcher de celle de l'Indou qu'à uv^ distauçe déterminée par les lois ; ils onl des {bnbwe^ destinées pour eui^ seuls > et qui $0H marquées par deux (weijoens en croix : On Toit que tout cela se rapporte à la oauae qui les a lail proscrire' Nous pouvons en juger psir nous-mêmes* L'expédition de Timurlan y 4a«i l'Inde , au ea^miencement du quiujiième 9ijde > fit refluer dan» d'autres contrées une fSmiàfi quantité de ce$ malfai^uretn , et l'Eur mpe vit ^lem, so^a le npni d'^ptiena» oe^ wmm puriaSk de l'Inde ^ disputant aux corbe^m, avec lesquels ils ont beaucoup de traitsc de nesspinMftnce -y les cadavres des animaux <p^W. n'q^rge peint, , ou de ceux que la mort «tfoi^dle SI ^évqhé^ w^ supplicç. Je demanderai ^i m hopwes i^'imspirent point aux autres , «w h v9ffQTt ph(f siqoe , le paême éloignemnb, la/ mêine horreur que leur inspirent k$ im& som le raj^port moral ?; S'ils étaient vitlmqx^ipbage^ comme leurs a^cétresdea tem ps

* Voyet YHistoirr des Bohémiens , par Grcllemann.

reculés , ce dont on les a faussement accusés en Europe , l'horreur qu'ils inspireraient serait complète. Celle des Indoux à leur ^ard est donc fondée sur la plus exacte justice , et les distinctions parmi les hommes ne devraient pas avoir d autre source. Pour moi , qui , n'étant point né dans l'Inde y ne peux être soumis a ses préjugés , j'avoue que je conclus de la même manière^ et que je ne reconnais po^ nobles que ceux qui ne vivent point de chair; ceux qui en vivent doivent être roturiers , c'està-dire vilains ou puons (1 3) chez les hommes, comme ils seraient nobles chez les tigres; et lorsque je passe le long de ces palais et de ces hôtels^ marqua aussi par des ossemens , comme les fontaines où les parias vont s^abrenver y je me dis : Ici demeure un paria ! et je suis étonné que cette maison subsiste y que le del ne lui retire pas tous ses rayons ! mais s'il l'éclairé , ce n'est point ^ à coup sûr , pour ceux qui l^abitent^ puisque l'enfer, avec toutes ses ténâ>res ou tous ses tourmens, est fixé dans son intérieur. Nos missionnaires dans Tlnde y piqués de n'avoir que des parias pour prosélytes y et dépasser eux-mêmes pour tels aux yeux des Indoux , se sont récriés sur la cruauté avec laquelle ces derniers laissaient brûler vivantes les femmes

TBOlSiéME BISCOCfiS. 123

des brames qui survivaient à leurs maris. Je ne sais œ qu'il faudrait le plus accuser de leur mauvaise foi on de leur ignorance. Outre que le dévouement de ces femmes est volontaire ( le même fait a lieu chez les sauvages de l'Âmeriqne, où il ny a de différence que dans le genre de mort * ) ^ comment n'a-t-on point vu qa'il tenait à l'ancien culte du soleil^ et à ce qoe j'oserai appeler ici l'instinct de la race indienne? U est bien peu de gymnosophistes qui , rassasiés de jours, n'aient allumé de leMv pro^ prés mains leur bûcher , où ils montaient vivans pour s'élancer de là vers de plus heureux destins ; ce qui a donné naissance à la £ible du phénix qui renaît de ses cendres. On sait que Câanns, quoique infidèle aux mœuris de son , en conserva cepend:int ce trait caracté-

* La même contnmc existait daos la Thrace j au rapport d'Hérodote. Les femmes , à la mort da mari , car la polygamie 7 était comme anjourd'hai en usage , se dbpntaient Thonneur aocoidéà la plus aimée de mourir sur son tombeau. Elles se 11vrakntà plus de brigues , dit le même hlstorieD $ pour obtenir cette faveur^ qn*on ne pourrait le faire pour obtenir une couronne.

Cette coutume de Hnde était commun^ aussi à presque tous lo peuples de Taucienne Germanie ; eUeétait surtout en bonnear chez les Gètes et les Hérules. Il est remarquable que tous CCS peuples suivaient aussi le régime de llnde , comme on le Terra plus bas.

124^ THAtTSlE.

ri&tiquey dont le apeclade étonna Alexandre el sa oonrageose année; spectacle qut fut renouvelé plus tard^ par un autre gjmnosDphiste , devant l'armée d'Auguste

«Tobserveraî à ce sujet que ie bûcher des Grecs et des Romains^ et de quelques autres nations , a été emprunté au culte indien y que les gymnosophisteS; il en faut convenir^ avaient trop exagéré. Il vint de ce pays avec ses aromaies et ses bois de senteur , riche ornement des funérailles chez ces différens peuples ^ et qu'ils prodiguaient à tel point que l'Inde s'épuisait pour le leur fournir.

Ce n'est donc point de cruabté qu'il fant accuser ici les Indiens , non pkts quç dans d'autres actes de dévouement religieux , mais seul^nent d'un héroïame mal entendu (1^). Toutefois l'humahité en est offensée , et elle aurait pardonné à la conquête la violence qu'elle aurait mise en usage pour s'opposer à de (els saoifices. £Ue s'en est occupée^ mais moUeaMnt(15); espérons qu'ils finiront d'une manière plus convenable , c'est-à-dire par la seule force des choses, à la suite de la révolution que )'ai annoncée.

TROISIÈME DISCOUBS. 1 2S

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